Interview du Directeur du CHR Sokodé, M. Carlos Pascal Foly-Yssouh
- Posted on 02/12/2021 00:00
- Film
- By stephaneogou@gmail.com
Extrait de l'article: « Les effets induits de l’approche contractuelle, c’est la confiance entre les différents acteurs. Par cette confiance, on arrive à mener des actions pour améliorer la prise en charge de nos...
« Les effets induits de
l’approche contractuelle, c’est la confiance entre les différents acteurs. Par
cette confiance, on arrive à mener des actions pour améliorer la prise en
charge de nos patients »
L’approche contractuelle est le modèle de gestion des formations sanitaires publiques mis en place par le ministère en charge de la santé depuis 2018. Cette approche est aujourd’hui la stratégie adoptée par le gouvernement pour assurer une gestion adéquate des affaires au sein des établissements de soins d’envergure. L’objectif visé est d’améliorer les pratiques en vue de mieux satisfaire les patients. Santé-Education fait le point de la mise en œuvre de cette approche au Centre Hospitalier Régional (CHR) de Sokodé, avec le Directeur de cette structure M. Carlos Pascal Foly-Yssouh.
Santé-Education :
Comment est mis en œuvre l’approche contractuelle au CHR Sokodé ?
Carlos Pascal Foly-Yssouh : Depuis
juin 2018, l’approche contractuelle est mise en place au Centre Hospitalier
Régional (CHR) de Sokodé. Ce que nous retenons essentiellement de l’approche,
c’est cette confiance entre les différents acteurs : les acteurs de
l’administration et les prestataires de soins en l’occurrence, les médecins,
les assistants, les infirmiers, les gardes- malades. Aujourd’hui, on travaille
et on prend les décisions de façon collégiale. Toute cette représentation de
prestataires se retrouve dans le comité de trésorerie, ce qui donne une certaine
confiance aux acteurs. Pour nous, les effets induits de l’approche
contractuelle, c’est la confiance entre les différents acteurs. C’est par cette
confiance qu’on arrive à mener des actions pour améliorer la prise en charge de
nos patients.
Comment s’est
fait l’alliage entre l’ancien système et le système de l’approche
contractuelle ?
Tout changement est difficile à
accepter. Au départ, il y a certaines personnes que ce soit de l’administration
ou des prestataires, qui hésitaient à adhérer à cette approche puisqu’il faut
changer les pratiques. Mais très tôt, nous avons vu que l’approche contractuelle
était une meilleure solution pour nous rapprocher entre acteurs et
bénéficiaires parce qu’ensemble on va loin.
La société contractante qui évolue au niveau du CHR Sokodé c’est l’Organisation Internationale de Gestion Hospitalière (OIGH) qui est en contrat avec le gouvernement. Pour moi, le principal partenaire pour soutenir cette approche c’est l’Etat. Car, au plus haut sommet de l’Etat, instruction a été donnée pour que cette approche puisse accompagner les formations sanitaires. En dehors de l’Etat, nous avons aussi des partenaires techniques et financiers qui hier étaient en crise de confiance avec le CHR Sokodé mais dès la mise en œuvre de l’approche, ils sont revenus. Je peux citer l’ONG Solidarité, Santé et Développement (SSD) basée en Belgique qui nous a permis de faire la réhabilitation complète de notre service de pédiatrie en termes de génie-civil, d’équipements et d’électricité. Ce service a fait peau neuve depuis mars 2020 et est devenue un joyau pour l’hôpital. Nous avons également, le partenaire URBIS Fondation qui est basée en Allemagne avec une branche Togo installée à Sokodé. Ce partenaire nous a accompagné au niveau des équipements pour la gynécologie et a continué de nous accompagner au cours de cette année au niveau de la maternité, notamment la salle d’accouchement et ses services connexes.
Carlos Pascal Foly-Yssouh, Directeur du CHR Sokodé
Je vous rassure nos structures ne sont pas privatisées. Comme Monsieur le ministre de la santé l’avait dit, l’Etat garde le devoir régalien de donner les soins et le pouvoir de nommer les différents acteurs de nos structures. La direction de l’hôpital reste toujours dans ses prérogatives. La différence est que, avant la direction était seule dans la prise des décisions. Aujourd’hui, on s’entend sur tout ce que nous engageons pour le compte de la formation sanitaire. Dès qu’un besoin naît, on arrive toujours à le transformer en action de façon collégiale. C’est pratiquement impossible qu’on puisse ne pas s’accorder sur une action à mener pour le bien de l’hôpital. Il n’y a pas une hiérarchie entre la société contractuelle et la direction, c’est une relation transversale. On ne peut pas dire que la direction est au-dessus de la société contractuelle, ni le contraire. Pour ma part, la collaboration se passe bien. On dira plutôt que les structures sous approche contractuelle sont en co-gestion avec la société contractante.
Comment
arrivez-vous à être à l’écoute de vos collaborateurs et à répondre aux besoins exprimés
par les prestataires ?
Dès notre prise de fonction, nous
avons fait une tournée dans tous les services de l’hôpital. Nous avons parlé de
façon sincère avec les agents qui ont relevé les problèmes qu’ils ont. On n’a
pas un bâton magique pour les régler tout de suite mais au fil du temps et par
rapport au budget que nous élaborons, nous essayons de répondre aux
sollicitations. Nous communiquons beaucoup avec les prestataires face aux
besoins. C’est vrai qu’il y a encore des besoins dans les services, mais nous
faisons l’effort, le budget étant annuel, d’arrêter avec les prestataires ce
que nous devons réaliser. Nous ne sommes pas très satisfaits de nos résultats parce
qu’on sait qu’il y a encore du chemin à faire et nous cherchons à nous
améliorer de mieux en mieux. J’ai autour de moi une équipe très dynamique que
ce soit au niveau de l’administration, des médecins-chefs services, de tous les
prestataires, qui avec les moyens que nous avons, font toujours de grands
efforts pour répondre aux attentes de nos patients. Nous ne manquons pas l’occasion de solliciter
notre tutelle qui ne cesse de nous accompagner en termes de ressources humaines
et en matériels et équipements.
Votre mot de la fin
C’est le lieu de dire merci au
gouvernement à travers le ministère de la santé, de l’hygiène publique et de
l’accès universel aux soins pour l’accompagnement. Nous remercions également nos
partenaires qui nous font confiance et qui nous accompagnent. Aux partenaires
qui hésitent encore à apporter leur appui à l’hôpital, nous les rassurons car
ceux qui nous accompagnent déjà ne sont pas déçus. Je témoigne spécialement
toutes mes reconnaissances à l’ensemble du personnel du CHR Sokodé qui se bat
nuit et jour pour qu’on puisse améliorer la qualité des soins et pour
l’atteinte des objectifs du centre malgré les difficultés.
Aujourd’hui, il y a de grands
efforts qui sont faits dans le sens de l’amélioration de nos services. Nous
avons beaucoup de spécialistes qui travaillent dans cet hôpital. J’invite la
population de la région centrale en général et celle de la préfecture de Tchaoudjo
en particulier à visiter le CHR Sokodé. Je demande aux populations de ne pas
attendre que leur état de santé soit déplorable avant de consulter.
Hubert Logan