Alimentation et diabète : privilégier la qualité plutôt que les interdits
- Posted on 25/08/2026 13:59
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: « Je suis diabétique, est-ce que je peux encore manger normalement ? » C’est autour de cette question que s’est articulée une communication consacrée à l’alimentation de la personne diabétique et à l’impact des aliments ultratransformés sur l’équilib
«
Je suis diabétique, est-ce que je peux encore manger normalement ? » C’est
autour de cette question que s’est articulée une communication consacrée à
l’alimentation de la personne diabétique et à l’impact des aliments
ultratransformés sur l’équilibre glycémique. Présentée le lundi 24 août en
visioconférence sur la plateforme Zoom par Jacques Aimé Yibor, Master en
Sciences de la Nutrition et Nutrigénomique, cette communication s’inscrit dans
le cadre du mois d’enseignement consacré à l’éducation thérapeutique des
patients diabétiques, une initiative organisée par l’Association Jeunes
Intellect pour la Sécurité Alimentaire au Togo (JISA-Togo), avec l’appui de ses
partenaires.
La
prise en charge du diabète repose sur trois piliers : le traitement
médicamenteux, l’alimentation et l’activité physique. Selon Jacques Aimé Yibor,
l’objectif n’est toutefois pas d’imposer une longue liste d’aliments interdits,
mais d’apprendre à faire les bons choix et à maîtriser les quantités.
Des
aliments à consommer avec équilibre
La
présentation rappelle notamment que les féculents, notamment le riz, le maïs,
le mil, le sorgho, le blé, le manioc, l’igname ou la patate douce, constituent
des sources importantes de glucides et d’énergie. Ils peuvent augmenter la
glycémie, mais leur consommation n’est pas interdite chez la personne
diabétique. Pour le spécialiste, la quantité consommée constitue un élément
déterminant dans l’équilibre alimentaire.
Les
fruits et légumes occupent également une place importante dans l’alimentation.
Riches en fibres, vitamines, minéraux et composés bioactifs, ils participent à
une alimentation de qualité. Contrairement à certaines idées reçues, le fruit
n’est pas interdit aux personnes diabétiques. M. Yibor insiste plutôt sur la
maîtrise des portions, la préférence pour le fruit entier et la prise en compte
de la quantité totale de glucides.
Concernant les aliments d’origine animale, la viande, le poisson et les œufs constituent principalement des sources de protéines et de micronutriments et ont généralement peu d’impact direct sur la glycémie. La présentation recommande notamment de privilégier les viandes maigres et de limiter les viandes transformées. Les poissons gras sont également présentés comme des sources d’oméga-3 EPA et DHA.
Jacques Aimé Yibor
Le
même principe s’applique aux matières grasses. Le diabète ne signifie pas qu’il
faut supprimer toutes les graisses. « Il convient plutôt de privilégier les
sources d’acides gras insaturés », rappelle le spécialiste, citant
notamment certaines huiles végétales, les arachides, les noix, l’avocat et les
poissons gras, tout en limitant les graisses saturées et en évitant autant que
possible les acides gras trans.
Une
attention particulière est accordée aux boissons et aux produits sucrés. L’eau
est présentée comme la principale boisson à privilégier, tandis que les
boissons alcoolisées et sucrées doivent faire l’objet d’une vigilance
particulière.
Attention
aux aliments ultratransformés
L’un
des principaux messages de la présentation concerne la progression des aliments
ultratransformés dans l’alimentation moderne. Ces produits sont décrits comme
issus de transformations industrielles importantes, avec notamment
l’utilisation d’additifs et d’arômes, et sont souvent conçus pour être
pratiques, savoureux et se conserver longtemps.
Le spécialiste
relève que ces produits présentent fréquemment une faible teneur en fibres, une
densité énergétique élevée et des quantités importantes de sucres ou de
certaines graisses. Leur consommation excessive est ainsi présentée comme
susceptible de contribuer à un environnement alimentaire défavorable à la santé
métabolique.
Dans
le contexte du diabète de type 2, la présentation met en avant plusieurs
mécanismes potentiels : charge glycémique élevée, appauvrissement nutritionnel,
digestion et absorption rapides, hyperglycémie postprandiale,
insulinorésistance, inflammation chronique de bas grade et dysbiose
intestinale. Elle évoque également le rôle potentiel de certains additifs et
contaminants néoformés.
Pour
Jacques Yibor, cette évolution des habitudes alimentaires appelle donc une plus
grande vigilance, notamment chez les personnes vivant avec le diabète, pour
lesquelles la qualité globale de l’alimentation demeure un élément important de
la prise en charge.
Privilégier
la qualité plutôt que les interdits
La
présentation défend finalement une approche fondée davantage sur l’équilibre
alimentaire que sur l’interdiction. Une personne diabétique peut conserver une
alimentation variée, à condition de savoir équilibrer ses choix, contrôler les
portions et privilégier des aliments de bonne qualité nutritionnelle.
«
Il ne s’agit pas seulement de supprimer certains aliments, mais surtout de
construire une alimentation équilibrée et diversifiée », souligne-t-il,
en mettant l’accent sur la qualité des aliments et la maîtrise des quantités.
Les
recommandations finales sont simples : privilégier une alimentation variée et
peu transformée, favoriser les aliments riches en fibres et les produits
locaux, limiter les sucres ajoutés et les boissons sucrées, réduire les
aliments ultratransformés et associer l’alimentation à une activité physique
régulière.
En
définitive, le message de la présentation est clair : chez la personne
diabétique, il ne s’agit pas seulement de supprimer certains aliments, mais
surtout de construire une alimentation équilibrée, diversifiée et
majoritairement composée d’aliments peu transformés. Une approche qui, selon M.
Yibor, permet de privilégier la qualité plutôt que les interdits et de faire de
l’alimentation un véritable outil dans la prise en charge du diabète.
William
O.