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Comprendre, dépister et éviter le cancer

Comprendre, dépister et éviter le cancer
Extrait de l'article: En 2018, plus d’un million de nouveaux cas de cancer ont été déclarés en Afrique. Ce nombre est probablement sous-estimé, car de nombreux cas ne sont pas détectés ou rapportés. La transformation d'une cellule normale en une cellule cancéreuse peut

En 2018, plus d’un million de nouveaux cas de cancer ont été déclarés en Afrique. Ce nombre est probablement sous-estimé, car de nombreux cas ne sont pas détectés ou rapportés. La transformation d'une cellule normale en une cellule cancéreuse peut être induite par de nombreux facteurs liés aux modes de vie, à l’environnement ou encore au patrimoine génétique. Les cancers du col de l’utérus, du sein et de la prostate sont les trois cancers qui touchent aujourd’hui le plus le continent africain avec des conséquences très graves.  Les inégalités d’accès au dépistage et au traitement du cancer sont manifestes en Afrique en général et au Togo en particulier.

Environ 70% des décès par cancer surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. L'OMS a recensé 18,1 millions de nouveaux cas en 2018 et 9,6 millions de décès imputables à la maladie. Si aucune mesure n’est prise rapidement, le taux de mortalité dû au cancer devrait doubler d’ici à 2030. Le cancer est une réalité au Togo. Sur 3700 nouveaux cas de cancer par an, on dénombre 1200 décès chez les hommes et 1500 décès chez les femmes. D’après les chiffres du Programme National de lutte contre les maladies non transmissibles, 40% des décès au Togo sont imputables aux cancers. Les cancers les plus récurrents sont entre autres : le cancer de la prostate, du sein, du col de l’utérus, du foie, de l’estomac.  La Journée Mondiale contre le Cancer, célébrée le 04 février, est l’occasion de rappeler le rôle essentiel de la prévention. L’édition 2021 appelle à une synergie d’action à travers le thème : « Ensemble, toutes nos actions sont importantes ».

L’année 2021, dernière année de la campagne « Je suis et je vais », montre à quel point les actions ont un impact tout autour de nous, dans les quartiers, les communautés et les villes. Lorsqu’on travaille ensemble, on est capable d’atteindre ce qu’on souhaite tous : un monde plus sain et plus heureux sans cancer.

Le cancer : qu’est-ce que c’est ?

Le terme « cancer » englobe un groupe de maladies se caractérisant par la multiplication et la propagation anarchiques de cellules anormales. Si les cellules cancéreuses ne sont pas éliminées, l'évolution de la maladie va mener plus ou moins rapidement au décès de la personne touchée. Selon Dr Solange Ablavi Adani-Ifè, médecin oncologue, Directrice de l’Institut national de cancérologie (INC), « le cancer est une maladie caractérisée par la prolifération ou la multiplication incontrôlée de cellules. Cette multiplication incontrôlée est due à un dérèglement dans le mécanisme de régulation des cellules qui assure le développement harmonieux de l’organisme. En se multipliant sans contrôle, les cellules cancéreuses donnent naissance à des tumeurs ou enflures de plus en plus grosses qui se développent en envahissant puis détruisant les organes. En substance le cancer se développe sur les cellules ».  

Causes et comportements à risque

La pollution : « le développement industriel, du parc automobile dans les villes, conduisent à la pollution. S’exposer à la pollution de l’air est un risque de développer des maladies cardio-vasculaires et respiratoires, ainsi que des cancers. La pollution de l’air, de l’eau et des sols est impliquée dans le développement d’environ 1 à 4 % de tous les cancers », souligne Dr Solange Ablavi Adani-Ifè, médecin oncologue. Elle se caractérise par des particules fines qui, selon une étude japonaise parue en 2016, augmentent de 36 % le risque de développer un cancer du poumon chez les hommes, et de 80 % le risque de développer un cancer du sein chez les femmes.

Les virus et bactéries : Dans le monde, 18 % des cas de cancers seraient imputables à des infections. Cette proportion est la plus importante chez les femmes d’Afrique centrale, de l’Est et de l’Ouest, où 40 % des cancers sont associés à des infections chroniques. « Le papillomavirus, responsable du cancer du col de l’utérus, ou les virus de l’hépatite B et C, pour le cancer du foie, la bactérie Helicobacter pylori pour le cancer de l’estomac. Il est aussi détecté qu’environ 30 à 40 % des patients infectés par le VIH sont susceptibles de développer des affections malignes », explique Dr Solange Ablavi Adani-Ifè.

La prédisposition génétique : D’après Dr Solange Adani-Ifè, « il existe des gènes de prédisposition au cancer, transmis dans une même famille d’une génération à l’autre. Cela peut être le cas pour les cancers du sein, de l’ovaire et du côlon. Les syndromes de cancers héréditaires représentent jusqu’à 4 % de l’ensemble des cancers ». Attention quand un parent meurt de cancer, toute sa génération doit prendre de dispositions, vivre dans la prévention par rapport aux risques.

Symptômes qui doivent alerter

Taches ou boutons sur le corps : Grain de beauté, boutons, acnés, dartres sont entre autres des taches récurrentes sur la peau. La plupart ne sont pas dangereux. « Mais s’ils surviennent brusquement et refusent de partir avec usage de médicaments, il est plus prudent de faire une consultation chez un dermatologue. Cela peut être un cancer », indique Dr Solange Ablavi Adani-Ifè, Directrice de l’Institut National de Cancérologie (INC).

Fatigue et perte de poids : La fatigue et l’amaigrissement constituent des signes d’appel du cancer.  Si la fatigue est permanente, et l’amaigrissement est continu sans raison apparente, il faut consulter. « En effet, en cas de tumeur, la perte de poids présente certaines caractéristiques : elle est inexpliquée, elle se traduit par une maigreur extrême avec une perte de muscles et de graisse, voire de masse osseuse, une perte d’appétit ou l’anorexie et une importante fatigue ou asthénie. Par ailleurs, cette perte de poids va se poursuivre même si le patient fait des efforts pour s’alimenter », explique Dr Solange Ablavi Adani-Ifè, médecin oncologue.

Sueurs nocturnes : Les sueurs nocturnes ne sont pas systématiques en cas de cancer. « Néanmoins, ces épisodes de bouffées de chaleur ne doivent pas être négligés, car il arrive que certains cancers aient pour symptômes précoces des sueurs nocturnes. C’est notamment le cas des lymphomes et des leucémies ou cancer du sang, mais aussi parfois d’autres cancers tels que le cancer de la prostate », avertit la spécialiste. Les sueurs nocturnes s’accompagnent toujours d’autres signes généraux tels que la fatigue, la perte de poids et parfois d’une fièvre.

Promouvoir les soins palliatifs pour les patients atteints de cancer

Aux côtés des institutions publiques, les organisations de la société civile sont appelées à jouer leur partition dans la lutte contre le cancer. C’est ce que dit le thème de l’édition 2021, de la journée mondiale contre le cancer : « Ensemble, toutes nos actions sont importantes ».  Au Togo, certaines associations se distinguent par leur engagement et actions communautaires. C’est le cas de l’Organisation Jeunesse pour le Développement Communautaire (ORJEDEC), une association pionnière en soins palliatifs au Togo. ORJEDEC reste aux côtés des patients atteints de cancer afin de leur administrer des soins holistiques de qualité à la maison comme à l’hôpital. Cette association est constituée d’une équipe pluridisciplinaire composée des Experts en soins palliatifs. Selon M. Koffi Anoumou Tengue, Directeur Exécutif de l'ONG ORJEDEC, ces soins sont interdisciplinaires et s'adressent au malade en tant que personne, à sa famille et à ses proches, aussi bien à domicile qu’en institution. Les soins palliatifs ne traitent pas le cancer, mais ils soulagent les douleurs physiques, morales et les autres symptômes de la maladie. Ils visent à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage en vue de lui préserver une meilleure qualité de vie possible jusqu'à la mort. « Notre leitmotiv est : traite les autres comme tu voudrais être traité. Nos experts en soins palliatifs ont pour rôle et responsabilité de libérer les patients des douleurs. Il s’agit de : maîtriser les douleurs modérées et sévères, gérer des plaies, des infections, des escarres, suivre psychologiquement et diététiquement des patients, pourvoir en médicaments, vivres et autres, éviter l’acharnement thérapeutique, participer aux deuils », souligne M. Tengue.  Ces malades sont nombreux à croupir dans les maisons et les établissements de soins. Actuellement, ORJEDEC accompagne 34 patients souffrant des cancers de seins, du col de l’utérus, du cerveau, gorge, du foie et du côlon. « Les patients que nous rencontrons sont souvent en fin de vie. Ce qui nécessite l’utilisation des opioïdes. C’est une tragédie que des milliers des compatriotes soient condamnés à souffrir chaque année parce qu’ils ne peuvent accéder légalement à l’extrait d’une plante abondante (morphine). Partant de ce constat, nous exhortons les autorités compétentes à établir des plans clairs pour éliminer des obstacles qui empêchent l’accès aux médicaments sous contrôle », implore M. Tengué.

Human Rights Watch rappelait en 2011 que 60% des personnes qui meurent chaque année dans les pays à revenu faible ont besoin de soins palliatifs. Au Togo, bien que la notion de soins palliatifs ne soit pas jusque-là bien rentrée dans les habitudes, les études montrent que 33,58% des patients en ont besoin.

Abel OZIH

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

En 2018, plus d’un million de nouveaux cas de cancer ont été déclarés en Afrique. Ce nombre est probablement sous-estimé, car de nombreux cas ne sont pas détectés ou rapportés. La transformation d'une cellule normale en une cellule cancéreuse peut

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