L'épuisement caché derrière l'hyperactivité
- Posted on 19/12/2025 18:31
- Film
- By kolaniyendoumiesther@gmail.com
Extrait de l'article: Dans une société qui glorifie la productivité, être sans cesse occupé est devenu un symbole de réussite. Pourtant, cette course effrénée à l’activité peut bien épuiser le corps et déséquilibrer l’esprit. Une surcharge constante, mentale...
Dans une société qui glorifie la productivité, être sans cesse occupé est devenu un symbole de réussite. Pourtant, cette course effrénée à l’activité peut bien épuiser le corps et déséquilibrer l’esprit. Une surcharge constante, mentale ou physique, peut mener tout droit à l’épuisement professionnel ou au burn-out.
La société glorifie et vénère
l'activité et l'excès d'activité. Se proclamer « actif » est devenu un symbole
de statut social dans la culture moderne. Les cerveaux sont bombardés de
stimuli et d'informations: smartphones, réseaux sociaux, flux d'actualité,
podcasts, e-mails et données inondent tout au long de la journée.
Selon les neuroscientifiques, le
multitâche libère des hormones de stress (adrénaline, cortisol), laissant le
corps dans une tension permanente, proche de l’état d’alerte. On passe en mode
« pilote automatique », sautant d’une tâche à une autre, de plus en plus
distraits, de moins en moins connectés à soi-même.
Le sentiment de manquer de
temps, de manquer de concentration face à des emplois du temps surchargés et de
se sentir dépassés sont des symptômes fréquents.
Stress et épuisement
Le surmenage peut entraîner un
niveau de stress élevé. Être en état de combat ou de fuite a des effets
négatifs sur l'organisme qui sont entre autres l’augmentation de la tension
artérielle, les troubles du sommeil, le blocage de la libido et
l’affaiblissement du système immunitaire. Sur le plan psychologique, le stress
est lié à l'anxiété, à la dépression, à la colère et au burn-out.
Des recherches menées dans 32
pays ont révélé qu'un adulte sur cinq, par ailleurs en bonne santé, se sentait
« épuisé ». Nombre d'entre eux décrivent un état constant de manque d'énergie
qui perturbe leur quotidien, une incapacité à se concentrer et des réveils sans
se sentir rechargés.
Les signes d'épuisement
comprennent des troubles de la mémoire, des difficultés à prendre des
décisions, un sentiment de détachement, et de l'irritabilité.
Facteurs contributifs
L’occupation constante peut être
une stratégie inconsciente pour fuir ses émotions ou éviter certains problèmes.
Elle procure un soulagement temporaire, grâce aux endorphines, mais alimente un
cycle addictif: on en fait toujours plus, jusqu’à ne plus savoir s’arrêter.
L’hyperactivité sert parfois à
éviter de se confronter à soi-même. Elle devient une manière de se sentir
utile, compétent, voire digne d’amour ou d’attention. D’autres facteurs entrent
en jeu tels que le perfectionnisme, le besoin de plaire, la peur de déléguer,
une éducation basée sur la performance ou encore un environnement familial
chaotique dans l’enfance. Maintenir ce rythme avec l'âge et les exigences
croissantes de la vie représente un défi.
On commence à avoir l'impression
d'être mis à rude épreuve et de devoir faire des concessions.
Conseils pour sortir de l’épuisement
Il est essentiel de s’interroger:
que se passe-t-il lorsqu’on n’est pas occupé? Que cherche-t-on à combler en
en faisant trop? Quels sont les effets sur soi ou sur les autres?
Ces réflexions permettent
d’identifier des solutions plus saines. Il peut être utile de ralentir
progressivement, d’alléger son emploi du temps et de laisser des espaces de
respiration dans la journée.
Dire non devient un acte
nécessaire, et cela peut se faire avec douceur, par des formules simples comme
: « Je te recontacterai » ou « Ce n’est pas possible pour moi cette fois-ci. »
Apprendre à ne rien faire
pendant dix minutes, puis allonger ce moment peu à peu, permet d’apprivoiser le
calme. Cela implique aussi d’éviter les distractions, de poser son téléphone,
d’éveiller ses sens et de se concentrer sur une respiration lente, pour apaiser
le système nerveux et réduire le stress.
Il est important de vérifier si
les listes de tâches et les attentes envers soi-même sont réalistes, et de
réfléchir aux rôles dans lesquels on s’est laissé enfermer.
Prendre de l’avance sur son
emploi du temps, se lever plus tôt, cesser de se précipiter, éviter d’ajouter
du drame au quotidien et surveiller le langage qu’on utilise sont autant
d’actions qui favorisent l’équilibre. Il arrive que l’esprit exige toujours
plus, comme un chef autoritaire : mais une pensée n’est pas un ordre, et tout
n’a pas à être fait immédiatement. Une bonne qualité de sommeil se construit
aussi, en instaurant une routine paisible, sans écrans ni excitants, et en se
couchant à heure régulière. Identifier les principales sources de stress et de
surcharge permet d’envisager des ajustements, de réduire les dépenses d’énergie
inutiles et de recréer de l’espace mental.
Enfin, reconnaître ses besoins
et les exprimer, y compris dans un cadre thérapeutique, ouvre la voie à une
meilleure relation à soi. Au
lieu de rester dans l’agitation pour s’éviter, il devient possible de commencer
à se rencontrer.
Raymond DZAKPATA (