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Alimentation et diabète : privilégier la qualité plutôt que les interdits

Alimentation et diabète : privilégier la qualité plutôt que les interdits
Extrait de l'article: « Je suis diabétique, est-ce que je peux encore manger normalement ? » C’est autour de cette question que s’est articulée une communication consacrée à l’alimentation de la personne diabétique et à l’impact des aliments ultratransformés sur l’équilib

« Je suis diabétique, est-ce que je peux encore manger normalement ? » C’est autour de cette question que s’est articulée une communication consacrée à l’alimentation de la personne diabétique et à l’impact des aliments ultratransformés sur l’équilibre glycémique. Présentée le lundi 24 août en visioconférence sur la plateforme Zoom par Jacques Aimé Yibor, Master en Sciences de la Nutrition et Nutrigénomique, cette communication s’inscrit dans le cadre du mois d’enseignement consacré à l’éducation thérapeutique des patients diabétiques, une initiative organisée par l’Association Jeunes Intellect pour la Sécurité Alimentaire au Togo (JISA-Togo), avec l’appui de ses partenaires.

La prise en charge du diabète repose sur trois piliers : le traitement médicamenteux, l’alimentation et l’activité physique. Selon Jacques Aimé Yibor, l’objectif n’est toutefois pas d’imposer une longue liste d’aliments interdits, mais d’apprendre à faire les bons choix et à maîtriser les quantités.

Des aliments à consommer avec équilibre

La présentation rappelle notamment que les féculents, notamment le riz, le maïs, le mil, le sorgho, le blé, le manioc, l’igname ou la patate douce, constituent des sources importantes de glucides et d’énergie. Ils peuvent augmenter la glycémie, mais leur consommation n’est pas interdite chez la personne diabétique. Pour le spécialiste, la quantité consommée constitue un élément déterminant dans l’équilibre alimentaire.

Les fruits et légumes occupent également une place importante dans l’alimentation. Riches en fibres, vitamines, minéraux et composés bioactifs, ils participent à une alimentation de qualité. Contrairement à certaines idées reçues, le fruit n’est pas interdit aux personnes diabétiques. M. Yibor insiste plutôt sur la maîtrise des portions, la préférence pour le fruit entier et la prise en compte de la quantité totale de glucides.

Concernant les aliments d’origine animale, la viande, le poisson et les œufs constituent principalement des sources de protéines et de micronutriments et ont généralement peu d’impact direct sur la glycémie. La présentation recommande notamment de privilégier les viandes maigres et de limiter les viandes transformées. Les poissons gras sont également présentés comme des sources d’oméga-3 EPA et DHA.

Jacques Aimé Yibor

Le même principe s’applique aux matières grasses. Le diabète ne signifie pas qu’il faut supprimer toutes les graisses. « Il convient plutôt de privilégier les sources d’acides gras insaturés », rappelle le spécialiste, citant notamment certaines huiles végétales, les arachides, les noix, l’avocat et les poissons gras, tout en limitant les graisses saturées et en évitant autant que possible les acides gras trans.

Une attention particulière est accordée aux boissons et aux produits sucrés. L’eau est présentée comme la principale boisson à privilégier, tandis que les boissons alcoolisées et sucrées doivent faire l’objet d’une vigilance particulière.

Attention aux aliments ultratransformés

L’un des principaux messages de la présentation concerne la progression des aliments ultratransformés dans l’alimentation moderne. Ces produits sont décrits comme issus de transformations industrielles importantes, avec notamment l’utilisation d’additifs et d’arômes, et sont souvent conçus pour être pratiques, savoureux et se conserver longtemps.

Le spécialiste relève que ces produits présentent fréquemment une faible teneur en fibres, une densité énergétique élevée et des quantités importantes de sucres ou de certaines graisses. Leur consommation excessive est ainsi présentée comme susceptible de contribuer à un environnement alimentaire défavorable à la santé métabolique.

Dans le contexte du diabète de type 2, la présentation met en avant plusieurs mécanismes potentiels : charge glycémique élevée, appauvrissement nutritionnel, digestion et absorption rapides, hyperglycémie postprandiale, insulinorésistance, inflammation chronique de bas grade et dysbiose intestinale. Elle évoque également le rôle potentiel de certains additifs et contaminants néoformés.

Pour Jacques Yibor, cette évolution des habitudes alimentaires appelle donc une plus grande vigilance, notamment chez les personnes vivant avec le diabète, pour lesquelles la qualité globale de l’alimentation demeure un élément important de la prise en charge.

Privilégier la qualité plutôt que les interdits

La présentation défend finalement une approche fondée davantage sur l’équilibre alimentaire que sur l’interdiction. Une personne diabétique peut conserver une alimentation variée, à condition de savoir équilibrer ses choix, contrôler les portions et privilégier des aliments de bonne qualité nutritionnelle.

« Il ne s’agit pas seulement de supprimer certains aliments, mais surtout de construire une alimentation équilibrée et diversifiée », souligne-t-il, en mettant l’accent sur la qualité des aliments et la maîtrise des quantités.

Les recommandations finales sont simples : privilégier une alimentation variée et peu transformée, favoriser les aliments riches en fibres et les produits locaux, limiter les sucres ajoutés et les boissons sucrées, réduire les aliments ultratransformés et associer l’alimentation à une activité physique régulière.

En définitive, le message de la présentation est clair : chez la personne diabétique, il ne s’agit pas seulement de supprimer certains aliments, mais surtout de construire une alimentation équilibrée, diversifiée et majoritairement composée d’aliments peu transformés. Une approche qui, selon M. Yibor, permet de privilégier la qualité plutôt que les interdits et de faire de l’alimentation un véritable outil dans la prise en charge du diabète.

William O.

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Abel OZIH

« Je suis diabétique, est-ce que je peux encore manger normalement ? » C’est autour de cette question que s’est articulée une communication consacrée à l’alimentation de la personne diabétique et à l’impact des aliments ultratransformés sur l’équilib

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