Automédication : clé pour de nouvelles maladies
- Posted on 01/12/2023 11:32
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Plusieurs ménages au Togo disposent d’une boîte à pharmacie contenant des médicaments qu’ils utilisent pour soulager des maux courants. Certains font même recours à des produits sur conseil d’un parent ou d’un proche qui en aurait fait l’expérience e
Plusieurs ménages au Togo disposent d’une boîte à
pharmacie contenant des médicaments qu’ils utilisent pour soulager des maux
courants. Certains font même recours à des produits sur conseil d’un parent ou
d’un proche qui en aurait fait l’expérience et ceci sans l’avis d’un agent de
santé. Il s’agit là de l’automédication. D’une personne à une autre, les
raisons du recours à l’automédication sont justifiées. Cependant sur le plan
sanitaire, elle n’est pas sans conséquence sur le fonctionnement de l’organisme,
selon les spécialistes.
Il ne passe pas un jour sans qu’un citoyen
quelque part ne pratique l’automédication malgré les sensibilisations. C’est un
phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur et est pratiqué même par des
personnes les plus insoupçonnées. Selon le médecin généraliste à la Clinique Floreal
à Lomé, Jean Claude Bakpatina, « l’automédication est le fait qu’un
individu recourt à un médicament de sa propre initiative ou de celle d’un
proche, dans le but de soigner une affection ou un symptôme qu’il a lui-même
identifié, sans avoir fait recours à un professionnel de santé. »
Pour quelles raisons ?
« Quand j’ai mal à la tête par exemple, je sais qu’avec deux paracétamols, je peux avoir satisfaction. Donc, je ne vois pas pourquoi aller d’abord voir un docteur pour cela », a indiqué Toundé, 34 ans, menuisier à Adidogomé. Une raison que soutient également Da Kossiwa, tenancière d’une cafétéria dans le quartier Totsi. Selon elle, on n’a pas forcément besoin d’un médecin à chaque fois qu’on ressent un mal.

De son côté, Alphonse, 40 ans, Agent commercial
d’une institution bancaire pense que « quand tu vas chez un médecin,
celui-ci va te diagnostiquer des maladies auxquelles tu ne t’attendais même pas.
Et à la fin, il te fera une liste de médicaments à acheter. Moi je n’aime pas
ça, c’est pour cela, quand je sens un malaise, je cherche de bouche à oreille à
avoir un produit qui peut me soulager». Si dans l’immédiat ces produits ont un effet réparateur, cela n’est pas le cas
à la longue. Car les personnes qui pratiquent l’automédication s’exposent à de
graves problèmes de santé.
Risques et dangers
Pour le Docteur Jean-Claude Bakpatina, les conséquences de l’automédication sont néfastes et regrettables pour la personne qui la pratique et pour son entourage. Les médicaments sont des drogues et leur mode d’emploi doit se faire avec beaucoup de précautions. « Leur utilisation se fait en fonction des caractéristiques telles que le poids, les antécédents et d’autres indications, chez le malade. Ne pas considérer ces aspects avant l’emploi, expose le malade, soit aux effets de la toxicité du médicament comme l’atteinte hépatique et ou rénale, ou à l’aggravation de la maladie par le sous-dosage du médicament », nous explique le médecin. Dans certains cas l’automédication permet de cacher les symptômes importants de la maladie. « Cela retarde le diagnostic du médecin et le traitement du malade dont la situation pourrait s’empirer avec un risque de prolongation du séjour à l’hôpital et de décès. Ce dernier constitue une charge pour son entourage qui doit laisser désormais ses activités et se préoccuper de ses soins. Le poids financier que cela implique n’est plus à démontrer », a déploré Dr Bakpatina.

Madame Holali 44 ans, Chef clientèle dans une
quincaillerie à Lomé a été victime d’automédication. La dame témoigne, « il
y a de cela quatre mois, j’avais commencé par me sentir très mal dans ma peau.
La fatigue intense et d’autres symptômes que je n’expliquais pas. Mais, au lieu
de me rendre à l’hôpital, je prenais des comprimés que m’achetaient mon époux
et mes enfants. Ceux-ci se renseignaient autour d’eux sur les médicaments à
utiliser. Mais au lieu de soulager ma peine je me suis créée d’autres problèmes
qui m’ont conduit à l’hôpital. Là, on m’a diagnostiqué malheureusement une
infection digestive. Je dépense maintenant des milliers de francs pour ma santé,
alors que j’aurais pu éviter ça en allant très tôt voir un spécialiste ».
Alors, pour éviter les situations dommageables
comme celle de dame Holali, Docteur Bakpatina invite les populations à
abandonner l’automédication et consulter un médecin lorsqu’on sent un mal dans
son organisme. Pour éviter l’automédication, il faut
toujours aller en consultation auprès d’un prescripteur autorisé qui est le
médecin, l’assistant médical, l’infirmier ou la sage-femme. « En cas de
doutes sur la posologie, il faut toujours demander conseil. Certains malades
avalent des ovules ou comprimés gynécologiques alors qu’ils sont destinés à
être introduits dans le vagin. D’autres par exemple avalent des comprimés
effervescents sans les dissoudre au préalable dans un demi-verre d’eau ou pire
encore certains hypertendus prennent des médicaments effervescents à forte
teneur en sel alors qu’ils ne devraient pas », conseille Dr
Jean-Claude Bakpatina. C’est pour toutes ces raisons qu’un accent est mis
sur le rôle du professionnel de santé.
Abel
OZIH