22% des médicaments contrefaits en Afrique subsaharienne
- Posted on 06/09/2024 17:08
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- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: En Afrique subsaharienne, selon un rapport publié en juillet 2024 par l’éditeur britannique de revues scientifiques et académiques Taylor & Francis Group, environ 22% des médicaments vendus sont de qualité inférieure ou falsifiés. Intitulé « Prevalen
En
Afrique subsaharienne, selon un rapport publié en juillet 2024 par l’éditeur
britannique de revues scientifiques et académiques Taylor & Francis Group,
environ 22% des médicaments vendus sont de qualité inférieure ou falsifiés. Intitulé « Prevalence
of substandard, falsified, unlicensed and unregistered medicine and its
associated factors in Africa : A systematic review », ce rapport a
été élaboré par des chercheurs de l’Université de Bahir Dar qui ont analysé et
compilé 27 études menées sur ce thème à l’échelle nationale dans plusieurs pays
de la région entre avril 2014 et mars 2024.
«
L’Afrique souffre d'un niveau inférieur de santé publique et d'effets
socio-économiques en raison de la prévalence plus élevée d'antibiotiques,
d'antipaludéens, d'antihelminthiques et d'antiprototiques de qualité
inférieure, falsifiés et non homologués. Leurs travaux ont montré que sur
les 7508 échantillons de médicaments couverts, 1639 avaient échoué à au moins
un test de qualité et s'étaient avérés inférieurs aux normes ou
falsifiés. La prévalence la plus faible des médicaments de qualité inférieure
ou falsifiés a été rapportée au Gabon (0,5 %), tandis que la prévalence la
plus élevée a été rapportée au Malawi (88,4 %), suivi du Ghana et du Togo
(75%)», lit-on sur agenceecofin.
Le rapport révèle par ailleurs que les antibiotiques, les antipaludéens, les anthelminthiques et les antiprotozoaires sont les médicaments de qualité inférieure et falsifiés les plus fréquemment signalés. La forte prévalence de ce genre de médicaments au Sud du Sahara s’explique essentiellement par la faible régulation du marché de la distribution des produits médicaux, le développement du libre-échange, l'enregistrement insuffisant, la forte demande et les normes d'importation médiocres.

Responsable
de la recherche à Access to Medicine Foundation, un organisme à but non
lucratif basé à Amsterdam, Claudia Martínez, a qualifié ces résultats de
problème majeur de santé publique. « Si les patients reçoivent des
médicaments de qualité inférieure ou carrément falsifiés, cela peut entraîner
l'échec de leur traitement, voire des décès qui auraient pu être évités », a-t-elle
déclaré.
Selon
des données publiées en 2023 par l’Office des Nations Unies contre la drogue et
le crime (ONUDC), le coût humain des médicaments falsifiés et de qualité
inférieure s'élèverait à 500 000 décès par an en Afrique subsaharienne.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit les médicaments falsifiés
comme ceux dont l'identité, la composition ou la source est représentée de
façon trompeuse, que ce soit délibérément ou frauduleusement.
Les
médicaments de qualité inférieure présentent, quant à eux, des défauts comme le
sous-dosage, le surdosage ou encore l'instabilité de la substance active. La
Chine et l'Inde semblent être, en effet, les principaux pourvoyeurs des
médicaments "falsifiés" dont la proportion par rapport aux
remèdes homologués en Afrique s'élèverait par endroits à 60%. Malgré les
efforts récents, les saisies montrent que "le phénomène reste important
et implique des réseaux criminels très organisés", selon le Dr
Innocent Kpéto, ancien président de l'Ordre National des pharmaciens du Togo.
Faute de législation spécifique, le trafic de faux médicaments est souvent
considéré comme un simple délit de contrefaçon et les peines atteignent
quelques mois d'emprisonnement tout au plus.
Le
Togo fait d'ailleurs figure de pionnier après avoir endurci son code pénal
dès 2015. La peine encourue par les trafiquants y est désormais de 20 ans de
prison et de 50 millions de francs CFA d'amende (76 200 d'euros).
Jean
ELI