Transmission de l’hépatite B par la salive : vrai ou faux ?
- Posted on 23/09/2025 11:07
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- By kolaniyendoumiesther@gmail.com
Extrait de l'article: Dans les pays en développement, les hépatites, notamment les hépatites B et C, constituent un véritable enjeu de santé publique, entraînant de nombreux décès chaque année. S'il est bien connu que l'hépatite B se transmet par voie sexuelle, sanguine..
Dans les pays en développement, les hépatites, notamment les hépatites B et C, constituent un véritable enjeu de santé publique, entraînant de nombreux décès chaque année. S'il est bien connu que l'hépatite B se transmet par voie sexuelle, sanguine et périnatale, la salive est parfois mentionnée comme un moyen de contamination. Mythe ou réalité ? Réponses avec Kponou Tobossi, Spécialiste en Diéto-phyto-hépathologie (Lomé).
Les infections, telles que les
hépatites, sont parmi les principales causes de mortalité à l'échelle mondiale,
après la tuberculose. Elles représentent un défi majeur pour la santé publique,
en particulier dans les pays en développement.
L'Organisation mondiale de la santé
(OMS) estime que 70 % des cas d'hépatite B se produisent en Afrique, où plus de
91 millions de personnes sont infectées par les formes les plus graves du virus
: l'hépatite B et l'hépatite C. Selon les données du
ministère de la Santé togolaise, la prévalence des hépatites atteint 16 % pour
le virus B et 10% pour le virus C chez les personnes âgées de 18 à 35 ans, une
statistique alarmante pour les professionnels de santé.
Voies de transmission
L’hépatite B se transmet
principalement par trois voies : « sexuelle,
sanguine, (d'une personne à une autre en dehors de la naissance :
transmission type horizontal) et périnatale (de la mère à l’enfant :
transmission type vertical) ; à tout âge, par contact avec des fluides
infectés» indique Kponou Tobossi, Spécialiste en Diéto-phyto-hépatologie
(Lomé).
Cependant, la salive est parfois
évoquée comme une voie de transmission possible. Bien que théoriquement la
salive soit parfois mentionnée comme une voie de transmission, cela reste moins
probable dans la pratique.
« Le virus de l’hépatite B est
détectable dans plusieurs liquides biologiques : sperme, sécrétions vaginales,
salive. Bien que le virus de l’Hépatite B (VHB) soit détectable dans la salive,
sa concentration virale y est bien plus faible que dans le sang mais le risque
n’est pas nul. Voici les mécanismes de survenance du risque : contact de salive
avec une muqueuse lésée ou une plaie, échange de brosses à dents contaminées
(risque reconnu chez les enfants vivant ensemble), morsures humaines (rare,
mais documenté), baisers profonds (si lésions buccales ou gencives
saignantes) », souligne Kponou Tobossi. Dans des cas
particuliers tels que les suivants, c’est aussi possible : partage d’objets :
cuillères, brosses à dents, jouets, petites morsures ou griffures.
Le
spécialiste en diéto-phyto-hépatologie réitère que « pour contracter le virus via la salive, il faut consommer une
quantité énorme de salive infectée. Cette voie de transmission n’est donc pas
une préoccupation majeure en comparaison des autres voies de contamination mais
le risque est plausible ».
Dans les six mois qui suivent une contamination
initiale, souligne le spécialiste, l'hépatite B aiguë peut être asymptomatique
ou avoir des symptômes tels que des douleurs abdominales, des vomissements et
des éruptions cutanées. Dans quelques situations, l'hépatite aiguë peut se
transformer en une forme fulminante, fréquemment fatale. De son côté,
l'hépatite B chronique persiste plus de six mois. Les patients n'ont aucun
symptôme dans la plupart des cas (80 à 90 %), mais dans 10 à 20 % des cas, des
signes tels que la fatigue, la jaunisse, des troubles digestifs et des douleurs
articulaires peuvent survenir. Soulignons que ces symptômes ne sont pas propres
à l'hépatite B.
« La maladie peut progresser vers la cirrhose et le cancer du foie
en l'absence de traitement, ce qui entraîne des douleurs abdominales intenses,
une augmentation du volume du foie et parfois un œdème des membres inférieurs », évoque Kponou Tobossi.
Que faut-il
faire ?
Pour
prévenir les hépatites, plusieurs mesures sont efficaces, notamment « la vaccination universelle (dès la
naissance) ou dès qu’on fait le dépistage à l’âge adulte, l’hygiène stricte (ne
pas partager brosse à dents, rasoirs, couverts...). Il faut éviter les contacts
bucco-sanguins chez les porteurs », recommande -t-il.
Les spécialistes
insistent sur l’importance du dépistage précoce et de l’éducation à la santé,
afin de freiner la progression silencieuse de ces maladies virales dans la population.
William O.