Couple/Ne pas confondre plaisir et orgasme
- Posted on 07/01/2026 10:33
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: On parle beaucoup de sexe, mais beaucoup confondent plaisir et orgasme comme on confond « j’ai mangé » et « j’ai bien mangé ». Être bien ne veut pas forcément dire avoir joui. Et durer longtemps ne garantit rien non plus. Comme l’explique le Pr Danto
On parle beaucoup de sexe, mais
beaucoup confondent plaisir et orgasme comme on confond « j’ai mangé »
et « j’ai bien mangé ». Être bien ne veut pas forcément dire avoir
joui. Et durer longtemps ne garantit rien non plus. Comme l’explique le Pr
Dantola Paul Kain, gynécologue-obstétricien (Burkina Faso), ce n’est pas la
durée qui compte. Durer quarante minutes sans
orgasme, c’est comme rouler longtemps sans jamais arriver à destination.
Chez la
femme, le plaisir ne débarque pas sans prévenir. Il s’installe. Au début il est
là, puis le corps se détend, la respiration change, la tête se vide doucement.
Elle n’a pas besoin de parler, son corps montre que ça lui plaît. Le plaisir
monte progressivement. Elle se sent bien, parfois très bien. Elle peut soupirer
sans le vouloir, guider, dire ce qu’elle aime, ajuster le rythme. À ce stade,
certains pensent que « c’est bon », alors que madame est juste en
train de s’échauffer.
Quand l’orgasme arrive chez la femme, la respiration
s’accélère. Elle sent que quelque chose arrive, sans toujours pouvoir
l’expliquer. Puis le corps prend le dessus. Le bassin se contracte par petites
secousses, le vagin et l’utérus se resserrent, le corps peut trembler. Des sons
sortent sans contrôle. Des « ohhh… », des « ahhh… », parfois un « haaaan… »
plus fort que prévu. À ce moment-là, les mains aussi peuvent devenir
incontrôlables. Certaines s’agrippent aux draps, d’autres aux épaules, et il
arrive que les ongles sortent sans prévenir. Les griffures ne sont pas un
signal d’alarme, mais la preuve que le plaisir a débordé du cadre. Pendant une
quinzaine de secondes, elle ne contrôle plus rien. Puis tout redescend. Le
corps se détend, la respiration se calme.
Le Pr
Paul Kain insiste sur un point que beaucoup ignorent. La lubrification vaginale
est un signe d’excitation, pas un signe d’orgasme. Une femme peut être très
lubrifiée sans avoir joui.
Chez l’homme, la lecture est souvent plus simple.
Quand l’excitation arrive, le pénis devient dur et le plaisir monte petit à
petit. Il peut encore contrôler, ralentir, accélérer. Puis arrive un moment
très clair. Il sent que le sperme arrive. Son corps commence à réagir tout
seul. Ça pousse en bas, le sexe se contracte sans qu’il le décide. Il comprend
que ça y est, que c’est lancé et qu’il ne peut plus arrêter. À ce moment-là, le
corps prend totalement le relais. Le bas du corps se contracte plusieurs fois
et le sperme sort. Pendant quelques secondes, il ne contrôle plus rien. Il respire
fort, souffle beaucoup, parfois un son sort sans qu’il le veuille. Il devient
comme quelqu’un traversé par le courant. Il serre, il s’agrippe, il tire sans
réfléchir. Attention aux perruques pour celles qui en portent, parce que dans
cet élan incontrôlé, tout ce qui est mal fixé est en danger. Ce n’est pas de la
violence, c’est le plaisir qui déborde et dépasse le corps.
Chez l’homme, soutient le Pr Kain, ce moment correspond à l’éjaculation. C’est son orgasme. Une fois passé, chez beaucoup d’hommes, la motivation retombe rapidement. On dit que « le match est fini ».
Chez la femme, c’est différent. L’orgasme ne marque
pas toujours la fin. Certaines ont envie de s’arrêter, d’autres peuvent
continuer. Chez beaucoup, l’excitation ne retombe pas brutalement. Le corps
reste réceptif. Certaines peuvent même enchaîner plusieurs orgasmes ou rester
excitées après le premier.
Le plaisir et l’orgasme ne racontent pas la même
histoire. Le plaisir peut s’installer, durer, faire du bien, donner envie de
continuer. L’orgasme, lui, arrive quand le corps décide de lâcher prise,
souvent brièvement, parfois bruyamment, parfois sans prévenir. On peut aimer ce
qui se passe sans atteindre ce moment-là. Au lit, il ne s’agit pas seulement de
faire durer le plaisir, mais de comprendre ce que le corps attend pour aller
plus loin. C’est souvent là que tout se joue.
Jean ELI (Source : Bulletin Santé)