Cancer du col de l’utérus : une maladie silencieuse mais évitable
- Posted on 26/03/2026 14:47
- Film
- By raymonddzakpata@sante-education.tg
Extrait de l'article: Chaque année, des milliers de femmes sont touchées par le cancer du col de l’utérus, une maladie pourtant évitable et guérissable lorsqu’elle est détectée à temps. Longtemps silencieux, ce cancer se développe progressivement, souvent à la suite d’...
Chaque
année, des milliers de femmes sont touchées par le cancer du col de l’utérus,
une maladie pourtant évitable et guérissable lorsqu’elle est détectée à temps.
Longtemps silencieux, ce cancer se développe progressivement, souvent à la
suite d’une infection persistante par le papillomavirus humain (HPV), un virus
sexuellement transmissible. Malgré les avancées médicales, le dépistage reste
encore insuffisant, notamment en Afrique, où de nombreuses femmes consultent
tardivement.
Dans
un organisme normal, les cellules se multiplient et meurent selon un cycle bien
organisé. Mais dans le cas du cancer, elles échappent à ce contrôle et se
multiplient de façon désordonnée et excessive. Ces cellules anormales
s’accumulent alors pour former une masse appelée tumeur. Avec le temps, la
maladie peut évoluer et se propager à d’autres parties du corps, rendant la
prise en charge plus complexe.
Le
rôle du papillomavirus humain (HPV)
Le
cancer du col de l’utérus se développe au niveau de la partie basse de l’utérus
appelée le col. Il est principalement causé par une infection persistante au
papillomavirus humain.
« Le
virus est généralement transmis lors des rapports sexuels et peut rester dans
l’organisme pendant des années sans provoquer de symptômes », précise Dr
Adjoavi Rose Adjenou-Atanley, gynécologue-obstétricien. Dans certains cas, le
système immunitaire parvient à éliminer le virus. Mais lorsqu’il persiste, il
peut entraîner des transformations des cellules du col de l’utérus, évoluant
progressivement vers des lésions précancéreuses, puis vers un cancer.
Une
maladie longtemps silencieuse
L’un
des grands dangers du cancer du col de l’utérus est son caractère silencieux. «
Pendant 10 à 16 ans, une femme peut ne présenter aucun signe », souligne
la gynécologue. C’est pourquoi le dépistage joue un rôle important.
Le
frottis cervico-vaginal permet de détecter les anomalies cellulaires avant même
l’apparition du cancer. « Le frottis ne dit pas forcément qu’il y a un
cancer, mais il permet de voir si les cellules commencent à se transformer
», explique-t-elle.
Le
dépistage est recommandé chez toutes les femmes sexuellement actives,
généralement à partir de 25 ans, et doit être réalisé régulièrement.
Signes
d’alerte à ne pas négliger
En
l’absence de dépistage, la maladie finit par se manifester à travers certains
signes. Dr Adjenou-Atanley insiste sur l’importance d’y prêter attention,
notamment sur les saignements pendant ou après les rapports sexuels, les saignements
en dehors des règles, les douleurs lors des rapports sexuels.
« Dès
qu’une femme constate un saignement anormal, elle doit consulter. Ce n’est
jamais un signe à banaliser », alerte la spécialiste.
À
un stade avancé, d’autres symptômes plus graves peuvent apparaître, notamment
des troubles urinaires, des douleurs pelviennes ou des saignements importants.
Dans ces cas, le cancer a souvent déjà atteint des organes voisins comme la
vessie ou le rectum.
Une
évolution progressive par stades
Le
cancer du col de l’utérus évolue lentement et passe par plusieurs étapes.
D’abord, des lésions précancéreuses apparaissent. « Ce sont des anomalies
qui ne sont pas encore un cancer, mais qui peuvent évoluer si rien n’est fait
», explique la gynécologue.
Si
la maladie progresse, elle peut s’étendre au-delà du col de l’utérus, atteindre
le vagin, puis d’autres organes. À un stade avancé, des métastases peuvent
apparaître dans les poumons, le foie ou les os.
Des
traitements efficaces, surtout précoces
La
prise en charge dépend du stade de la maladie. Lorsqu’elle est détectée tôt, le
traitement est simple et efficace. « À un stade précoce, on peut enlever
uniquement la partie du col atteinte. La femme peut rentrer chez elle
rapidement et mener une vie normale », rassure Dr Adjenou-Atanley.
En
revanche, lorsque le cancer est avancé, les traitements deviennent plus lourds,
notamment la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie. « À ces
stades, le traitement est plus coûteux et plus difficile, et parfois on ne peut
plus opérer », regrette-t-elle.
Le
défi de l’accès aux soins
Au-delà
des aspects médicaux, l’accès aux soins reste un défi majeur. De nombreuses
femmes n’effectuent pas de dépistage, souvent par manque d’information ou de
moyens financiers.
«
Nous voyons encore trop de cas à des stades avancés, où les traitements sont
lourds et parfois inefficaces », déplore la spécialiste.
Elle
lance également un appel à la solidarité pour soutenir les patientes : « Beaucoup
abandonnent les traitements faute de moyens. Il est important que des
initiatives soient mises en place pour les accompagner ».
La
prévention, meilleure arme contre le cancer
Face
à cette maladie, la prévention reste la solution la plus efficace. Elle repose
sur trois piliers qui sont entre autres, le dépistage régulier par frottis, la
vaccination contre le HPV, et l’information et la sensibilisation.
« Le
cancer du col de l’utérus est l’un des rares cancers que l’on peut prévenir et
guérir à 100 % s’il est détecté tôt », insiste Dr Adjoavi Rose
Adjenou-Atanley, gynécologue-obstétricien.
Dans un contexte où le cancer continue de faire des victimes évitables, le dépistage et la sensibilisation doivent devenir une priorité. Agir tôt, c’est sauver des vies, face au cancer du col de l’utérus.
Raymond DZAKPATA