M. Essohanam K. Biyao : « Nous voulons assurer une pratique de classe sécurisée en techniques de pédagogie active dans ce contexte de la Covid-19 »
- Posted on 16/09/2020 00:00
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- By stephaneogou@gmail.com
Extrait de l'article: Cette année, la Covid-19 met a rude épreuve la pratique de classe en pédagogie active dans les écoles au Togo. Le directeur des Formations du MEPS se prononce sur la problématique.
La 4ème rencontre annuelle
des pools de formateurs en pédagogie active s’est déroulée du 31 Août au 05 septembre
2020 à l’Ecole Nationale des Instituteurs (ENI) de Notsè. Objectif :
adapter la pratique de classe en pédagogie active en situation de pandémie de la
Covid-19. Quelles techniques de pédagogie active (TPA) privilégier en situation
de classe dans le contexte de la pandémie de la Covid-19 ? Quelles
directives donner aux enseignants dans la mise en œuvre des TPA dans leurs
classes en situation de la pandémie de la Covid-19 ? Voici en substance
les interrogations auxquelles répond M. Essohanam K. BIYAO, Directeur des
formations du Ministère des enseignements primaire et secondaire.
Santé-Education : C’est quoi la pédagogie active ?
M. Essohanam K. BIYAO :
Dans la recherche des moyens pour l’amélioration de la qualité de
l’enseignement/apprentissage, le ministère des enseignements primaire et
secondaire a trouvé entres autres la pédagogie active. C’est l’ensemble des méthodes pédagogiques ou
méthodes d’enseignement centrées sur l’enfant qui ont toutes en commun la volonté
de rendre l’élève acteur de la construction de son propre savoir.
Santé-Education : Quelles sont les objectifs qui sous-tendent
la rencontre de Notsè ?
M. Essohanam K. BIYAO :
La rencontre de Notsè est la quatrième depuis l’installation des pools de
formateurs en 2015.
Plusieurs objectifs sont visés par cette rencontre : D’abord, un module expliquant les techniques de pédagogie active (TPA) et leurs rapports avec les leçons et les disciplines à enseigner dans nos écoles a été élaboré et il faut le partager avec les formateurs pour sa généralisation.
Deuxièmement
nous voulons faire le point, par rapport à la situation de la pandémie de la
Covid-19 et les pratiques de classes en pédagogie active. Est-ce que la Covid-19
n’aura pas d’impact dans les pratiques de classe ? En d’autres termes
l’enseignant qui utilise les TPA peut il faire comme avant malgré la persistance
de la pandémie à Covid-19 ?
C’est
aussi un aspect à creuser et, si nous trouvons qu’il y a des problèmes, on essayera
de trouver des solutions ou des alternatives puis élaborer des directives pour
que les enseignants puissent faire une pratique de classe sécurisée tout en
utilisant les TPA.
Troisième
point, les enfants n’ont pas pu terminer tout le programme de l’année scolaire
2019-2020. Nous avons à peu près 20% du programme qui n’a pas été délivré aux enfants. Par exemple pour
les enfants de CP1, en lecture, ils n’ont pas pu étudier tous les sons alors
qu’au CP2, ils doivent aborder des sons beaucoup plus complexes notamment les
diphtongues. Donc nous voulons voir si les techniques de pédagogie active
peuvent contribuer à l’achèvement des 20% du programme restant.
Enfin
le dernier objectif : se préparer pour la formation de 647 enseignants en
pédagogie active pendant ces vacances 2020 alors que la crise sanitaire est
encore à son plus haut niveau.
Santé-Education : Quand commence la mise en œuvre des
résultats de votre rencontre?
M. Essohanam K. BIYAO :
La mise en œuvre commencera dès la rentrée scolaire prochaine. La
pratique de classe ne se devra pas se faire comme avant. Par exemple
l’utilisation du matériel commun dans la classe peut être une source de
contamination. Dans nos pays tous les enfants ne peuvent pas non plus avoir du
matériel individuel. Et c’est ça qui nous a amené à réfléchir sur comment
adapter les gestes pédagogiques que nous faisons y compris les actes que les
élèves posent en classe à cette pandémie de la Covid-19.
Santé-Education : Comment comptez-vous adapter les TPA en
classe ?
M. Essohanam K. BIYAO :
Au terme de cette rencontre, nous avons analysé toutes les TPA, trouvé des
solutions concertées sur chacun des problèmes rencontrés dans la pratique de
classe en période de pandémie. Une directive va être signée par le directeur
des enseignements préscolaire et primaire et sera envoyée dans les écoles qui
appliquent déjà les techniques de pédagogie active.
Nous
pouvons également insérer ces directives dans la circulaire de rentrée que nous
allons élaborer pour rappeler aux enseignants que la pratique de classe doit nécessairement
tenir compte de la nouvelle donne.
Nous
allons attirer leur attention sur l’utilisation du matériel commun, sur
certaines activités qui mettent les enfants ensemble pour leur dire si vous
devez mettre les enfants ensemble, veuillez à la distanciation sociale.
Bref
nous sommes donc dans les préparatifs pour que tout se passe en minimisant
vraiment les risques dans les classes à la prochaine rentrée.
Santé-Education : Avez-vous les moyens d’y parvenir ?
M. Essohanam K. BIYAO :
Ce travail a été commandité par le ministère des enseignements primaire et
secondaire. La preuve c’est le ministre lui-même qui a signé les lettres
d’invitation des participants même si notre partenaire l’UNICEF a financé
l’atelier. C’est donc le gouvernement qui cherche les voies et moyens pour
minimiser les risques dans les classes lorsque tous les élèves reviendront à
l’école. Nous avons vu toutes les précautions avec lesquelles le gouvernement a
rouvert les écoles avec les classes d’examen. Tout s’est bien passé et nous
avons eu des résultats qui n’ont rien à envier aux années précédentes par
exemple au CEPD. Le gouvernement a mis à la disposition des élèves et des
enseignants des bavettes et des désinfectants. Nous pensons également que ces
mêmes mesures reviendront. Maintenant il nous revient d’exhorter les
enseignants à utiliser le matériel que le gouvernement va mettre à disposition.
Pratiquement tous les inspecteurs ont participé à cette formation et ce que
nous avons pu élaborer comme directive va être diffusé entre les inspecteurs du
Togo pour que cela puisse aller dans les classes.
Propos
recueillis par David Sani