Surveillance génomique : Lomé forme une nouvelle génération d’experts africains
- Posted on 09/09/2026 17:58
- Film
- By raymonddzakpata@sante-education.tg
Extrait de l'article: Face à la menace persistante des épidémies, l’Université de Lomé accueille, une session de formation de 14 jours consacrée à la surveillance génomique et à l’approche « Une seule santé » (One Health), depuis le 9 septembre 2026 à Lomé. L’initiative..
Face
à la menace persistante des épidémies, l’Université de Lomé accueille, une
session de formation de 14 jours consacrée à la surveillance génomique et à
l’approche « Une seule santé » (One Health), depuis le 9 septembre 2026 à Lomé.
L’initiative AFROSCREEN FEF réunit des experts et professionnels de santé issus
de dix pays africains autour d’un même objectif qui est de renforcer les
capacités du continent à anticiper et à mieux répondre aux urgences sanitaires.
Plusieurs experts dont les médecins, les biologistes, les vétérinaires, les pharmaciens,
les chercheurs et autres spécialistes de la santé participent à cette session.
Le
réseau AFROSCREEN a été mis en place dans le contexte de la crise de la
Covid-19 afin de contribuer à combler les insuffisances de l’Afrique en matière
de surveillance génomique. Cette technologie permet notamment d’identifier et
de caractériser les variants des agents infectieux à partir d’échantillons
biologiques.
La
formation repose sur trois principaux modules. Le premier est consacré à
l’approche « Une seule santé », qui reconnaît les liens étroits entre la santé
humaine, la santé animale et l’environnement. Les participants sont invités à
comparer leurs expériences et les mécanismes mis en place dans leurs différents
pays. L’objectif est de favoriser l’apprentissage mutuel et la collaboration
entre les systèmes nationaux.
Le
deuxième module porte sur la modélisation des risques. À partir des données
recueillies en laboratoire, les outils de modélisation permettent d’aller
au-delà de l’analyse de cas individuels pour mieux évaluer les risques auxquels
peuvent être exposées des populations entières et orienter les mesures de prévention.
Enfin,
le troisième module, qui s’étend sur une semaine, est consacré à la génomique
et à la bio-informatique. Ces disciplines permettent d’analyser les données
issues du séquençage afin de mieux identifier les agents pathogènes
responsables des maladies et de comprendre leur évolution.
Former
des « ambassadeurs AFROSCREEN »
Au-delà
de l’acquisition de connaissances techniques, AFROSCREEN FEF ambitionne de
créer un réseau de professionnels capables de transmettre ces compétences dans
leurs pays respectifs.
Les
participants sont ainsi appelés à devenir de véritables « ambassadeurs
AFROSCREEN », au sein de leurs laboratoires mais aussi à l’échelle nationale.
Ils pourront contribuer à rapprocher les acteurs de la santé humaine, animale
et environnementale et à favoriser de nouvelles collaborations scientifiques.
Cette
coopération est d’autant plus importante que les agents infectieux ne
connaissent pas les frontières. Pour les organisateurs, le partage des
compétences, des données et des expériences constitue donc un levier essentiel
pour améliorer la préparation du continent face aux futures épidémies.
Vers
une souveraineté sanitaire africaine
Soutenu
financièrement par l’Agence française de développement (AFD) et un consortium
scientifique comprenant notamment l’ANRS MIE, l’IRD et l’Institut Pasteur, le
projet initial AFROSCREEN a contribué pendant quatre ans à soutenir la décision
de santé publique dans plusieurs pays africains.
Avec
AFROSCREEN FEF, soutenu par le Fonds Équipe France, cette dynamique se
poursuit. À Lomé, l’enjeu dépasse ainsi les deux semaines de formation : il
s’agit de consolider durablement un réseau africain de compétences capable
d’anticiper les menaces sanitaires et de construire une Afrique plus résiliente
face aux épidémies de demain.