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Interview de Séna Alouka, Directeur Exécutif de l’ONG JVE sur le lien entre la planète et la santé

Interview de Séna Alouka, Directeur Exécutif de l’ONG JVE sur le lien entre la planète et la santé
Extrait de l'article: « Sommes-nous capables de repenser un monde dans lequel les économies privilégient la santé et le bien-être ? » C’est avec ces mots que l’OMS a choisi d’interpeller les gouvernements et les citoyens du monde entier à l’occasion de la journée...


« ..la santé de l’homme dépend de la santé de la planète ou de l’environnement dans lequel il vit. Plus notre planète est malade, plus nous le sommes également »

« Sommes-nous capables de repenser un monde dans lequel les économies privilégient la santé et le bien-être ? » C’est avec ces mots que l’OMS a choisi d’interpeller les gouvernements et les citoyens du monde entier à l’occasion de la journée mondiale de la santé, le 7 avril 2022. Quel lien existe-t-il entre notre planète Terre et notre santé ? Séna Alouka, Directeur Exécutif de l’ONG Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE) veut attirer l’attention de tous sur l’interdépendance des écosystèmes de la planète et de la santé.

Santé-Education : « Notre planète, notre santé » est le thème choisi cette année 2022 pour la journée mondiale de la santé, quel est le message que véhicule ce thème ?

Séna Alouka : Ce thème veut montrer qu’il y a un lien étroit entre la planète et la santé. En effet la santé de l’homme dépend de la « santé » de la planète ou de l’environnement dans lequel il vit. Plus notre planète est « malade », plus nous le sommes également. Il est important aujourd’hui à l’ère des ODD de faire un développement qui tient de plusieurs aspects et la santé est l’un des secteurs très important à considérer. A cet effet l’Afrique a compris très tôt la nécessité de faire des actions dans ce sens ; ce qui a conduit à l’élaboration de la Déclaration de Libreville sur la santé et l’Environnement en Afrique le 29 août 2008. Cette déclaration reconnait que la santé humaine est intimement liée à l’état de l’environnement. C’est une très grande joie que ce thème ait été choisi cette année. Selon les estimations de l’OMS, chaque année, plus de 13 millions de décès dans le monde sont imputables à des causes environnementales évitables. Il s’agit notamment de la crise climatique, qui constitue la plus grande menace sanitaire à laquelle l’humanité est confrontée. En effet, la crise climatique est aussi une crise sanitaire.

Quel est le lien entre le changement climatique et la santé ?

Voyant les conséquences et l’ampleur du changement climatique, il est préférable aujourd’hui de parler de crise climatique. Cette dernière constitue la plus grande menace sanitaire à laquelle le monde est confronté ; c’est aussi une crise sanitaire. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rapporte que le changement climatique est responsable d'au moins 150 000 décès par an, chiffre qui devrait doubler d'ici à 2030. Selon le GIEC, la crise climatique aura des répercussions sur la santé des populations vivant dans les régions tropicales. Ses conséquences sont nombreuses. On peut citer : la malnutrition et la sous-alimentation, la mortalité et morbidité liées aux chaleurs extrêmes, la prolifération des maladies infectieuses vectorielles telles que la dengue, le choléra, le paludisme, ensuite le stress mental post-traumatique lié aux événements extrêmes et aux phénomènes migratoires qui peuvent en découler pour les réfugiés climatiques. Comme approche de solution, nous pouvons citer l’utilisation des lampes solaires, la pratique de l’agroécologie, promouvoir l’utilisation des transports en commun.

La COP est une Conférence ayant pour but de résoudre les problèmes de changement climatique. Quels sont aujourd’hui les résultats concrets obtenus après 26 rencontres internationales ?

Les différentes COP ont permis de faire des avancées dans les négociations, financements et plaidoyers sur le climat. Dans cette affaire de crise climatique, l’Afrique est la plus vulnérable. Les gros pollueurs sont les pays en développement et ils sont les premiers décideurs. En effet, les COP ont permis de rappeler à chacun l’urgence et la nécessité d’agir pour lutter contre la crise climatique. Par ailleurs, les gouvernements ont été interpellés sur leur action, tant par leurs pairs que par la société civile. Les COP attirent l’attention médiatique et, quoi qu’on en dise, la plupart des États sont soucieux de l’image qu’ils projettent sur la scène internationale. Ces assises ont favorisé la participation de la jeunesse aux prises de décisions, des partages d’expériences sur la gestion du climat. Néanmoins, ces COP ont des limites car les décisions prises ne sont pas appliquées, les gros pollueurs sont les pays en développement et ils sont les premiers décideurs faisant de l’Afrique le plus vulnérable, lourdeur et lenteur du processus, diversité et complexité des questions abordées, règle du consensus, déconnection de certaines réalités.

Propos recueillis par Raymond DZAKPATA

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

« Sommes-nous capables de repenser un monde dans lequel les économies privilégient la santé et le bien-être ? » C’est avec ces mots que l’OMS a choisi d’interpeller les gouvernements et les citoyens du monde entier à l’occasion de la journée...

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