Interview de Séna Alouka, Directeur Exécutif de l’ONG JVE sur le lien entre la planète et la santé
- Posted on 16/05/2022 10:45
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- By raymonddzakpata@sante-education.tg
Extrait de l'article: « Sommes-nous capables de repenser un monde dans lequel les économies privilégient la santé et le bien-être ? » C’est avec ces mots que l’OMS a choisi d’interpeller les gouvernements et les citoyens du monde entier à l’occasion de la journée...
« ..la santé de l’homme dépend de la santé de la
planète ou de l’environnement dans lequel il vit. Plus notre planète est
malade, plus nous le sommes également »
« Sommes-nous capables de repenser un
monde dans lequel les économies privilégient la santé et le bien-être ? » C’est avec ces mots
que l’OMS a choisi d’interpeller les gouvernements et les citoyens du monde
entier à l’occasion de la journée mondiale de la santé, le 7 avril 2022.
Quel lien existe-t-il entre notre planète Terre et notre santé ? Séna Alouka,
Directeur Exécutif de l’ONG Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE) veut
attirer l’attention de tous sur l’interdépendance des écosystèmes de la planète
et de la santé.
Santé-Education : « Notre planète,
notre santé » est le thème choisi cette année 2022 pour la journée mondiale de
la santé, quel est le message que véhicule ce thème ?
Séna Alouka : Ce thème veut montrer qu’il y a un lien
étroit entre la planète et la santé. En effet la santé de l’homme dépend de la
« santé » de la planète ou de l’environnement dans lequel il vit.
Plus notre planète est « malade », plus nous le sommes également. Il
est important aujourd’hui à l’ère des ODD de faire un développement qui tient
de plusieurs aspects et la santé est l’un des secteurs très important à
considérer. A cet effet l’Afrique a compris très tôt la nécessité de faire des
actions dans ce sens ; ce qui a conduit à l’élaboration de la Déclaration
de Libreville sur la santé et l’Environnement en Afrique le 29
août 2008. Cette déclaration reconnait que la santé humaine est intimement liée
à l’état de l’environnement. C’est une très grande joie que ce thème ait été
choisi cette année. Selon les estimations de l’OMS, chaque année, plus de
13 millions de décès dans le monde sont imputables à des causes
environnementales évitables. Il s’agit notamment de la crise climatique, qui
constitue la plus grande menace sanitaire à laquelle l’humanité est confrontée.
En effet, la crise climatique est aussi une crise sanitaire.
Quel est le lien entre le changement climatique
et la santé ?
Voyant les conséquences et l’ampleur du
changement climatique, il est préférable aujourd’hui de parler de crise
climatique. Cette dernière constitue la plus grande menace sanitaire à laquelle
le monde est confronté ; c’est aussi une crise sanitaire. L'Organisation
Mondiale de la Santé (OMS) rapporte que le changement climatique est
responsable d'au moins 150 000 décès par an, chiffre qui devrait doubler d'ici
à 2030. Selon le GIEC, la crise climatique aura des répercussions sur la santé
des populations vivant dans les régions tropicales. Ses conséquences sont
nombreuses. On peut citer : la malnutrition et la sous-alimentation, la
mortalité et morbidité liées aux chaleurs extrêmes, la prolifération des
maladies infectieuses vectorielles telles que la dengue, le choléra, le
paludisme, ensuite le stress mental post-traumatique lié aux événements
extrêmes et aux phénomènes migratoires qui peuvent en découler pour les
réfugiés climatiques. Comme approche de solution, nous pouvons citer l’utilisation
des lampes solaires, la pratique de l’agroécologie, promouvoir l’utilisation
des transports en commun.
La COP est une Conférence ayant pour but
de résoudre les problèmes de changement climatique. Quels sont aujourd’hui les
résultats concrets obtenus après 26 rencontres internationales ?
Les différentes COP ont permis de faire
des avancées dans les négociations, financements et plaidoyers sur le climat.
Dans cette affaire de crise climatique, l’Afrique est la plus vulnérable. Les
gros pollueurs sont les pays en développement et ils sont les premiers
décideurs. En effet, les COP ont permis de rappeler à chacun l’urgence et la
nécessité d’agir pour lutter contre la crise climatique. Par ailleurs, les
gouvernements ont été interpellés sur leur action, tant par leurs pairs que par
la société civile. Les COP attirent l’attention médiatique et, quoi qu’on en
dise, la plupart des États sont soucieux de l’image qu’ils projettent sur la
scène internationale. Ces assises ont favorisé la participation de la jeunesse
aux prises de décisions, des partages d’expériences sur la gestion du climat.
Néanmoins, ces COP ont des limites car les décisions prises ne sont pas
appliquées, les gros pollueurs sont les pays en développement et ils sont les
premiers décideurs faisant de l’Afrique le plus vulnérable, lourdeur et lenteur
du processus, diversité et complexité des questions abordées, règle du
consensus, déconnection de certaines réalités.
Propos
recueillis par Raymond DZAKPATA