Revue 2024 de la lutte contre le VIH/TB : avancées notables, défis urgents
- Posted on 12/07/2025 16:19
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- By kolaniyendoumiesther@gmail.com
Extrait de l'article: Le Conseil National de Lutte contre le SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles (CNLS-IST) a organisé, le 11 juillet 2025 à Lomé, la revue annuelle des activités de lutte contre le VIH et la tuberculose pour l’année 2024. Cette rencontre...
Le Conseil National de Lutte contre le SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles (CNLS-IST) a organisé, le 11 juillet 2025 à Lomé, la revue annuelle des activités de lutte contre le VIH et la tuberculose pour l’année 2024. Cette rencontre vise à présenter les résultats de la deuxième année de mise en œuvre du Plan Stratégique National (PSN) 2023–2026. La cérémonie d’ouverture a été présidée par Dr Kokou Wotobé, Secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, en présence de Pr Vincent Pitché, Coordonnateur national du SP/CNLS-IST, et de Dr Yaye Kanny Diallo, Directrice pays de l’ONUSIDA au Togo.
Cette
revue a permis d’évaluer les principaux services offerts aux populations
cibles, les résultats obtenus, le niveau de réalisation des indicateurs des
95-95-95 au Togo en 2024, ainsi que de formuler des recommandations en vue
d’améliorer les performances futures de la lutte contre le VIH et la tuberculose.
« La production de rapports d’avancement et la tenue de cette revue annuelle
constituent une étape essentielle pour mesurer l’efficacité de nos
interventions au regard des objectifs fixés dans nos plans stratégiques. Ces
résultats sont le fruit d’actions communes. Il est donc fondamental de les
partager avec l’ensemble des parties prenantes, afin de valider les progrès et
d’identifier ensemble les leviers d’amélioration », a déclaré Pr Vincent
Pitché, Coordonnateur national du SP/CNLS-IST.
Pour
Dr Kokou Wotobé, Secrétaire général du ministère de la Santé, dans un contexte
mondial marqué par la baisse des ressources financières et des contraintes
économiques nationales, il est impératif de repenser les approches. « Nous
devons ensemble concevoir et mettre en œuvre des stratégies innovantes et
adaptées, pour garantir l’accès universel aux soins, en particulier pour les
populations les plus vulnérables. C’est en relevant collectivement les défis
que nous pourrons pérenniser les acquis et progresser vers l’atteinte des
Objectifs de Développement Durable, notamment l’ODD 3, qui vise à mettre fin à
l’épidémie de sida en tant que problème de santé publique d’ici 2030 »,
a-t-il souligné.
Entre
acquis solides et défis persistants
La
riposte nationale contre le VIH au Togo a enregistré des avancées notables ces
dernières années. Sur le plan programmatique, les services de prévention ont
progressivement touché toutes les populations cibles, notamment les populations
clés, les jeunes, les femmes, les hommes en uniforme, les routiers et la
population générale.
« En 2024, plus de 594 000 personnes ont été dépistées et plus de 16 millions de préservatifs distribués, ce qui témoigne d’un engagement fort. En ce qui concerne la prise en charge, plus de 93 000 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) connaissent leur statut et sont sous traitement antirétroviral, avec un taux de couverture de 92 % pour les deux premiers 95. L’offre de services de charge virale s’est également étendue à l’échelle nationale, avec un taux de suppression virale estimé à 85 % en 2024 », a précisé Pr Pitché.
Malgré ces acquis, plusieurs faiblesses structurelles persistent et nécessitent une réponse urgente et coordonnée. En matière de prévention de la transmission mère-enfant (PTME), les résultats restent en deçà des objectifs. Le taux de couverture des femmes enceintes séropositives est de 87 %, tandis que le taux de transmission du VIH chez l’enfant atteint encore 13 % à 18 mois, bien au-dessus du seuil cible de 5 %. La triple élimination (VIH, syphilis, hépatite B) demeure un enjeu majeur que le nouveau plan en cours d’élaboration par le Programme National de Lutte contre le VIH/SIDA (PNLS) devra affronter avec efficacité. Concernant
la prise en charge pédiatrique, un écart préoccupant subsiste : seuls 69 % des
enfants séropositifs ont accès au traitement, contre 93 % chez les adultes. Une
mobilisation collective est nécessaire pour combler ce fossé et garantir
l'équité dans l'accès aux soins. Enfin, la dépendance persistante aux
financements internationaux représente une vulnérabilité stratégique. Ces
appuis ont permis des avancées significatives, les récentes baisses constatées
depuis le début de l’année 2025 menacent la pérennité de la réponse nationale.
Le
Togo poursuit son engagement pour mettre fin à l’épidémie de VIH d’ici 2030. Cette
revue annuelle rappelle à quel point la cohérence des efforts, l’implication
des parties prenantes et la solidité du leadership national sont essentielles.
Raymond DZAKPATA