Pharmacovigilance au Togo : du matériel remis aux points focaux
- Posted on 06/08/2025 15:55
- Film
- By raymonddzakpata@sante-education.tg
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Le Laboratoire des Sciences Biomédicales, Alimentaires et de Santé Environnementale (LaSBASE) de l’Université de Lomé a procédé à la remise officielle de matériel informatique et logistique à l’endroit des points focaux de la pharmacovigilance des districts sanitaires du Togo, le 04 août 2025 à Lomé. Cette remise s’inscrit dans le cadre du projet « Saving Lives and Livelihoods by Pharmacovigilance » (SLL), en français « Sauvons des Vies et les Subsistances par la Pharmacovigilance », un projet financé par MasterCard Foundation et conduit dans le respect des normes administratives et financières de l’Institut des Maladies Infectieuses (IDI) de l’Université de Makerere en Ouganda.
Photo des matériels offerts
Le projet SLL vise à renforcer les capacités nationales de pharmacovigilance, en assurant une remontée efficace et rapide des données sur les effets indésirables liés aux médicaments et vaccins. Le Professeur Koudovo Nicolas, Responsable scientifique du projet, a fait savoir que cette action matérialise la volonté du consortium à outiller efficacement les acteurs de terrain pour une meilleure traçabilité des événements indésirables liés aux produits pharmaceutiques.
Prof Koudovo Nicolas, Responsable scientifique du projet
«
Il était prévu pour le compte du projet, au bénéfice de tous les districts du
Togo, 50 tablettes, 50 téléphones Android, 10 ordinateurs portatifs pour les
points focaux régionaux, deux ordinateurs haute performance pour la
coordination nationale, deux vidéoprojecteurs pour les équipes de
sensibilisation mobile, deux écrans de projection et une imprimante
multifonctionnelle », a indiqué le Professeur Koudovo.
Lors
de cette première phase de remise, tous les équipements ont été acquis, à
l'exception des téléphones Android et des tablettes. Les ordinateurs portatifs,
les vidéoprojecteurs, les écrans mobiles et l’imprimante multifonctionnelle ont
été remis symboliquement au Secrétariat administratif du projet par le 1er
Vice-président de l’Université de Lomé, Prof Batawila Komla.
Des
formations en amont pour une mobilisation progressive
Avant
cette remise, plusieurs étapes importantes ont jalonné la mise en œuvre du
projet dont une formation nationale à Kpalimé en mai 2025 pour les points
focaux régionaux; des formations décentralisées, entre le 16 juin et le 16
juillet 2025, ayant permis d’outiller 39 points focaux district
pharmacovigilance et 39 points focaux pour la médecine traditionnelle ; une
phase de sensibilisation et de restitution des acquis dans 8 districts pilotes
; une extension prévue aux 31 autres districts pour une couverture complète du
territoire togolais.
Ces
activités s’inscrivent dans une dynamique de collecte de données fiables,
lesquelles seront compilées par des "datamasters" et analysées par la
cellule centrale, en lien avec le ministère de la Santé et LaSBASE.
Un
projet pour la sécurité sanitaire
Pour Prof Batawila Komlan, 1er Vice-président de l’Université de Lomé et Coordonnateur national du projet, l’objectif est clair : il s’agit de collecter des données fiables sur les effets indésirables afin d’alerter sur la qualité des médicaments et vaccins utilisés au Togo.
Prof Batawila Komlan, 1er Vice-President et Coordonnateur du projet
« La
pharmacovigilance, c’est l’alerte. Lorsque vous prenez un médicament, c’est
pour guérir, mais il peut provoquer d’autres effets. Ces effets indésirables
peuvent même générer une autre maladie. Il est donc important de veiller à ce
que les produits n’amènent pas à d'autres complications », a-t-il souligné.
L’acquisition
de matériel performant permettra ainsi de combler les insuffisances constatées
sur le terrain, où des outils obsolètes limitaient la fiabilité des données
collectées.
«
Ce que nous avons fait aujourd’hui, c’est pour permettre à ces acteurs de
terrain de mieux faire leur travail. Le matériel remis ira dans les six régions
sanitaires du pays et sera utilisé par les équipes de collecte, de saisie et de
sensibilisation », a-t-il ajouté.
Une
démarche au service de la santé publique
Avec
le projet SLL, le Togo s’engage dans une démarche proactive de prévention des
risques médicamenteux, dans un contexte mondial marqué par l’augmentation des
effets secondaires signalés et la montée en puissance de la médecine
traditionnelle.
« Les
bénéfices sont clairs : renforcer les compétences, améliorer la qualité des
données, alerter sur la dangerosité ou l'efficacité des médicaments, et in
fine, sauver des vies et préserver les moyens de subsistance », a conclu Prof
Batawila.
Ce projet marque un tournant dans la gestion des risques liés aux produits pharmaceutiques au Togo. Il démontre l’importance d’un système de pharmacovigilance fort et décentralisé, capable d’alerter à temps et de contribuer à l’élaboration de politiques de santé fondées sur des données fiables.
Raymond
DZAKPATA