Nécessité de réaliser le test de glycémie
- Posted on 13/11/2023 17:41
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- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Le test de glycémie est réalisé de manière très simple en déposant une goutte de sang recueillie au bout du doigt sur une tigette appelée bandelette réactive. Le résultat est obtenu en quelques secondes et s’affiche sur l’écran. Tandis que certaines
Le test de glycémie est
réalisé de manière très simple en déposant une goutte de sang recueillie au
bout du doigt sur une tigette appelée bandelette réactive. Le résultat est
obtenu en quelques secondes et s’affiche sur l’écran. Tandis que certaines
personnes doivent réaliser ce test plusieurs fois par jour, d’autres ne devront
le faire que quelques fois par semaine. Pourquoi faire le test de glycémie? Voici la réponse du Dr Abdou Razak Moukaila, Médecin
Interniste et Diabétologue à l’Hôpital Sainte Joséphine Bakhita à Lomé.
Le
diabète de type 2 remplit tous les critères d’une maladie qui justifie un
dépistage. C’est une maladie fréquente, longtemps asymptomatique et potentiellement
source de complications graves et coûteuses. Les facteurs de risque sont bien
connus, permettant de cibler l’intervention chez les personnes les plus
exposées, et le dépistage peut être facilement réalisé à peu de frais. Le
traitement est plus aisé et l’hyperglycémie plus facile à contrôler lorsque le
diagnostic est posé précocement. Cependant, de trop nombreux patients ne sont
diagnostiqués que lors d’une complication (oculaire, cardiovasculaire ou
rénale), témoin d’un diabète méconnu ayant évolué longtemps de façon
silencieuse et ayant fait son nid. Il ne faut pas attendre que le diabète se
manifeste. Le dépistage est un test routinier que le médecin propose régulièrement. Les
situations suivantes peuvent indiquer un dépistage : amaigrissement,
trouble de l’attention, baisse de l’acuité visuelle, fatigue inhabituelle, soif
récurrente avec envie fréquente d’uriner, malaise ou encore chez les femmes
enceintes. Néanmoins, il paraît raisonnable de proposer, dans un
premier temps, un dépistage opportuniste ciblé sur les personnes à risque. En
effet, les facteurs de risque d’un Diabète de Type 2 sont bien connus et
facilement identifiables : l’existence d’antécédents familiaux, présence
d’un surpoids ou d’une obésité, l’âge, l’existence de marqueurs d’un syndrome métabolique
(hypertension artérielle et dyslipidémie), des antécédents de diabète
gestationnel ou de toute hyperglycémie même transitoire, souvent négligée.
Enfin, certains groupes méritent une attention particulière : ethnie à risque,
population précarisée, sujets avec apnées du sommeil, etc. Face à la présence
d’un, et a fortiori de plusieurs, de ces facteurs de risque, tout soignant doit
proposer un dépistage du DT2. S'il est négatif, il devra être répété tous les 3
ans ou plus tôt si la personne a plusieurs marqueurs de risque ou si la
glycémie à jeun est limite (100-125 mg/dl). Si le test est positif, il doit
être confirmé par une seconde analyse avant de poser le diagnostic.
La façon la plus simple est
de réaliser une glycémie à jeun, glycémie la plus reproductible et la plus
facile à interpréter. L’idéal est une prise de sang avec mesure de la glycémie
au laboratoire, plus précise, même si une détermination capillaire avec un
lecteur de glycémie peut être envisagée en première intention (à confirmer par
une mesure de laboratoire si la valeur est élevée, supérieure ou égale à 125
mg/dl, ou douteuse, entre 100 et 125 mg/dl).
Plus le DT2 est dépisté
tôt, plus il est facile à traiter. Toute hyperglycémie nécessite un
renforcement des mesures hygiéno-diététiques et la réalisation d’un bilan
minimum à la recherche des complications associées au diabète.
Propos recueillis par Abel
OZIH