Fatigue professionnelle: faire le break
- Posted on 02/12/2025 13:11
- Film
- By kolaniyendoumiesther@gmail.com
Extrait de l'article: Dans une société qui glorifie la productivité, être sans cesse occupé est devenu un symbole de réussite. Pourtant, cette course effrénée à l’activité peut bien épuiser le corps et...
Dans une société qui glorifie la productivité, être sans cesse occupé est devenu un symbole de réussite. Pourtant, cette course effrénée à l’activité peut bien épuiser le corps et déséquilibrer l’esprit. Une surcharge constante, mentale ou physique, peut mener tout droit à l’épuisement professionnel ou au burn-out.
La société glorifie et vénère l'activité et l'excès
d'activité. Se proclamer « actif» est devenu un symbole de statut social dans
la culture moderne. Les cerveaux sont bombardés de stimuli et d'informations:
smartphones, réseaux sociaux, flux d'actualité, podcasts, e-mails et données
inondent tout au long de la journée.
Selon les neuroscientifiques, le multitâche libère des
hormones de stress (adrénaline, cortisol), laissant le corps dans une tension
permanente, proche de l’état d’alerte. On passe en mode « pilote automatique »,
sautant d’une tâche à une autre, de plus en plus distraits, de moins en moins
connectés à soi-même.
Le sentiment de manquer de temps, de manquer de concentration face à des emplois du temps surchargés et de se sentir dépassés sont des symptômes fréquents.
Stress et épuisement
Le surmenage peut entraîner un niveau de stress élevé.
Être en état de combat ou de fuite a des effets négatifs sur l'organisme qui
sont entre autres l’augmentation de la tension artérielle, les troubles du
sommeil, le blocage de la libido et l’affaiblissement du système immunitaire.
Sur le plan psychologique, le stress est lié à l'anxiété, à la dépression, à la
colère et au burn-out.
Des recherches menées dans 32 pays ont révélé qu'un
adulte sur cinq, par ailleurs en bonne santé, se sentait « épuisé ». Nombre
d'entre eux décrivent un état constant de manque d'énergie qui perturbe leur
quotidien, une incapacité à se concentrer et des réveils sans se sentir
rechargés.
Les signes d'épuisement comprennent des troubles de la
mémoire, des difficultés à prendre des décisions, un sentiment de détachement,
et de l'irritabilité.
Facteurs contributifs
L’occupation constante peut être une stratégie
inconsciente pour fuir ses émotions ou éviter certains problèmes. Elle procure
un soulagement temporaire, grâce aux endorphines, mais alimente un cycle
addictif: on en fait toujours plus, jusqu’à ne plus savoir s’arrêter.
L’hyperactivité sert parfois à éviter de se confronter
à soi-même. Elle devient une manière de se sentir utile, compétent, voire digne
d’amour ou d’attention. D’autres facteurs entrent en jeu tels que le
perfectionnisme, le besoin de plaire, la peur de déléguer, une éducation basée
sur la performance ou encore un environnement familial chaotique dans
l’enfance. Maintenir ce rythme avec l'âge et les exigences croissantes de la
vie représente un défi.
On commence à avoir l'impression d'être mis à rude
épreuve et de devoir faire des concessions.
Conseils pour sortir de l’épuisement
Il est essentiel de s’interroger: que se passe-t-il
lorsqu’on n’est pas occupé? Que cherche-t-on à combler en en faisant trop?
Quels sont les effets sur soi ou sur les autres?
Ces réflexions permettent d’identifier des solutions
plus saines. Il peut être utile de ralentir progressivement, d’alléger son
emploi du temps et de laisser des espaces de respiration dans la journée.
Dire non devient un acte nécessaire, et cela peut se
faire avec douceur, par des formules simples comme: « Je te recontacterai » ou
« Ce n’est pas possible pour moi cette fois-ci. »
Apprendre à ne rien faire pendant dix minutes, puis
allonger ce moment peu à peu, permet d’apprivoiser le calme. Cela implique
aussi d’éviter les distractions, de poser son téléphone, d’éveiller ses sens et
de se concentrer sur une respiration lente, pour apaiser le système nerveux et
réduire le stress.
Il est important de vérifier si les listes de tâches
et les attentes envers soi-même sont réalistes, et de réfléchir aux rôles dans
lesquels on s’est laissé enfermer.
Prendre de l’avance sur son emploi du temps, se lever
plus tôt, cesser de se précipiter, éviter d’ajouter du drame au quotidien et
surveiller le langage qu’on utilise sont autant d’actions qui favorisent
l’équilibre. Il arrive que l’esprit exige toujours plus, comme un chef
autoritaire : mais une pensée n’est pas un ordre, et tout n’a pas à être fait
immédiatement. Une bonne qualité de sommeil se construit aussi, en instaurant
une routine paisible, sans écrans ni excitants, et en se couchant à heure régulière.
Identifier les principales sources de stress et de surcharge permet d’envisager
des ajustements, de réduire les dépenses d’énergie inutiles et de recréer de
l’espace mental.
Enfin, reconnaître ses besoins et les exprimer, y
compris dans un cadre thérapeutique, ouvre la voie à une meilleure relation à
soi. Au lieu de
rester dans l’agitation pour s’éviter, il devient possible de commencer à se
rencontrer.
Raymond DZAKPATA
Source: « National Institute for Health and Care Excellence », (Angleterre)