Alcool et fêtes : attention aux excès
- Posted on 15/12/2023 16:07
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Les fêtes de fin d’année sont particulièrement propices à la consommation d’alcool. Champagne, cocktails, vin, à cette période il y a toujours une bonne occasion de trinquer. Mais attention aux excès ! Si la consommation d’alcool est régulièrement as
Les fêtes de fin d’année sont particulièrement propices à la consommation
d’alcool. Champagne, cocktails, vin, à cette période il y a toujours une
bonne occasion de trinquer. Mais attention aux excès ! Si la consommation
d’alcool est régulièrement associée à un moment de plaisir, de partage et de
détente avec ses proches, absorbé en trop grande quantité cela peut avoir des
conséquences fâcheuses.
Pour des milliers de personnes, la
période de fin d’année, est le moment de l’année où on se retrouve en famille
ou entre amis, une occasion de renforcer les liens d’affection. Beaucoup
d’autres estiment que c’est le moment de faire le bilan de l’année, et
d’élaborer les perspectives de la nouvelle année. Mais force est de constater
que ces périodes sont souvent marquées par un comportement tout particulier et
fréquent, la consommation excessive de boissons alcoolisées. Beaucoup de jeunes
se donnent à la consommation d’alcool et la raison évoquée est pratiquement la
même : finir l’année en beauté.
Selon Dr Bernard Johnson,
médecin diététicien, nutritionniste,
diabétologue, Directeur de la Clinique Saint Bernard à Lomé, les fêtes de fin
d’année sont synonymes d’excès en termes d’alimentation et d’alcool. « Les
jeunes ne savent pas manger, ils se remplissent le ventre et c’est très
mauvais. Nous passons tout notre temps à prier pour la santé, la paix et la
joie, pour le nouvel an. Mais le plus important c’est pouvoir accueillir
l’année étant sobre. Beaucoup passent la toute première journée de la nouvelle
année à vomir ! Seul conseil : éviter les excès, les mélanges de
boissons et d’essayer de bouger après avoir mangé : danse, marche par
exemple, afin de faciliter la digestion pour ne pas se sentir ballonné »,
a-t-il précisé.
Attention aux maladies
Cette période, avec les nombreux repas et
boissons qui y sont associés, est un moment délicat à gérer. Entre les plats
souvent peu diététiques et consommation d’alcool, la période favorise de
nombreux problèmes digestifs. Pour Annie, revendeuse de boissons, il est
important d’amorcer cette nouvelle année en gardant toute sa sobriété : « il
ne s’agit pas de se priver de boire, mais de savoir quoi boire. On constate que
les gens mélangent les boissons sans s’informer. Ce n’est pas tout qu’il faut
mélanger. C’est la période des indigestions et diverses coliques et reflux
gastro-œsophagien, diarrhée ».
Lorsqu’elle se fait ressentir, la crise
de foie touche principalement l’estomac, les intestins et se matérialise par
des nausées, des vomissements, des ballonnements ou des diarrhées. Ces
douleurs, qui peuvent être particulièrement intenses correspondent à des
réactions physiologiques de l’organisme aux excès alimentaires et d’alcool. Et
c’est en réalité la vésicule biliaire qui en est à l’origine.
La forte teneur en caféine de ces breuvages en association
avec de l'alcool ou du sport pouvant « générer des accidents
cardiaques graves chez les consommateurs porteurs de prédispositions génétiques
fréquentes et généralement non diagnostiquées. La consommation régulière
d’alcool favorise la diminution du système immunitaire, augmente
les risques de certains cancers et de cirrhose », souligne Dr
Bernard Johnson médecin diététicien, nutritionniste, diabétologue.
Des chercheurs norvégiens de l’Institute of Public Health in Oslo montrent que « les gros consommateurs d’alcool, c’est-à-dire ceux dépassant les 4 à 7 verres sont davantage exposés au risque de maladies cardiovasculaires. Et cette élévation du risque est particulièrement importante chez les personnes ayant un faible niveau de vie. Les épisodes hebdomadaires de boissons exposent aussi à un sur-risque de décès par maladie cardiovasculaire, indépendamment du niveau de vie », soulignent les chercheurs.

Cela affecte également la santé mentale puisque
l’alcool est souvent associé à des troubles de l’anxiété et à la
dépression. Surtout, une consommation régulière d’alcool favorise
l’addiction.
Réduire
l’espérance de vie
Certains
Togolais ont tendance à boire plus de dix verres lors des fêtes. Si c’est le
cas, on met l’organisme à rude épreuve, et perd même 15 minutes d’espérance de
vie à chaque verre supplémentaire consommé. C’est l’effrayant constat dressé
par des chercheurs internationaux dans une étude publiée par la revue
scientifique « The Lancet ».
Triple risque de démence
Dans les colonnes du « Lancet Public health », des chercheurs français montrent
que l’alcoolisme multiplie par 3 le risque de démences en général et par 2
celui de développer la maladie d’Alzheimer. Une consommation
excessive d’alcool provoque de nombreux cas de démences précoces et celles qui peuvent
survenir après 50 ans. « Nous pensons que l’alcool pourrait
précipiter la survenue de ces maladies et accélérer leur progression en
augmentant les dommages structurels et fonctionnels dans le cerveau. Mais
les mécanismes possibles sont nombreux et restent à clarifier. Cette étude
interpelle donc une nouvelle fois sur les dangers de l’alcool, suggérant que
des mesures préventives supplémentaires pourraient contribuer à réduire le
risque de démences et leur coût financier et sociétal », expliquent les
auteurs.
Alcool et boissons
énergisantes : cocktail très nocif
Le mélange d’alcool
et de boissons énergétiques semble aussi dangereux pour le cerveau que la
cocaïne. L’impact est tel que des séquelles cérébrales sont repérées à l’âge
adulte chez les adeptes de cette consommation à risque pendant leur jeunesse. En
mélangeant ces deux produits, des chercheurs de la Purdue University (Etats-Unis) ont donc
observé, d’éventuels effets neurochimiques de ce cocktail sur le cerveau. La revue scientifique « Plos One » précise que lorsque le mélange alcool-boisson
énergisante est consommé régulièrement, les consommateurs atteignent des
niveaux d’excitation très élevés. Cette combinaison présente le même effet sur
le cerveau que la cocaïne. Les chercheurs ont noté la présence d’une protéine
particulière (AlphaFosB) dans le cerveau. Il s’agit en fait d’un biomarqueur
des dégâts cérébraux liés à la consommation de drogues dures.
Selon Dr Bernard Johnson,
médecin diététicien, nutritionniste, la
consommation de ce liquide doit être modérée car excessivement consommé,
l’alcool altère la plupart des fonctions cérébrales, ce qui réduit
temporairement l’aptitude à réfléchir, voir, agir. « Nous savons tous
que l’abus d’alcool donne des maux de tête et provoque des vomissements. Mais,
l’alcool peut aussi endommager le cœur, le foie, les reins, le cerveau et
l’estomac. Il peut également provoquer des pertes de mémoire et même certains
types de cancers. Boire, oui mais tout en restant lucide. Rappelez-vous :
la modération a bien meilleur goût, et elle donne beaucoup moins mal à la tête
le lendemain matins ». Il faut revenir à une alimentation variée,
faible en graisses et accompagnée d’une bonne hydratation.
William O.