Burkina Faso/Université Joseph Ki-Zerbo : un étudiant en médecine sur cinq présente un burn-out
- Posted on 05/12/2025 12:54
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Une étude transversale intitulée « Évaluation du burn-out chez les étudiants de médecine au Burkina Faso », menée en 2025 par le psychiatre Dr Boubacar Bagué, enseignant chercheur à l'universite Joseph Ki-Zerbo (Burkina Faso) montre qu’un étudiant su
Une étude
transversale intitulée « Évaluation du burn-out chez les étudiants de
médecine au Burkina Faso », menée en 2025 par le psychiatre Dr
Boubacar Bagué, enseignant chercheur à l'universite Joseph Ki-Zerbo (Burkina
Faso) montre qu’un étudiant sur cinq présente un burn-out. Dans un contexte de
pression académique, de manque de soutien et de conditions de vie fragiles, la
santé mentale des futurs médecins devient un enjeu pour le système de
formation.
Un étudiant
sur cinq souffre de burn-out, avec une fatigue qui touche le moral et la
concentration, un sentiment de détachement et l’impression de ne plus avancer.
Ce constat provient d’une étude conduite par le Dr Boubacar Bagué et ses
collaborateurs auprès de quatre cent soixante-deux étudiants en médecine à
l’Université Joseph Ki-Zerbo, afin de mieux comprendre ce qu’ils vivent au
quotidien.
Le rêve
de devenir médecin s’accompagne d’un rythme exigeant, fait de longues journées,
de pression constante et de moyens limités. Selon l’étude, 26 % des
étudiants présentent une fatigue qui touche le moral et 50,2 % reconnaissent
une assiduité irrégulière aux cours. La motivation intrinsèque est présente
chez une majorité, mais seulement 21,4 % se disent satisfaits du programme de
formation. Entre une charge de travail élevée, des attentes importantes et des
difficultés matérielles, l’équilibre personnel devient difficile à préserver.
L’épuisement se manifeste par une
fatigue émotionnelle intense, un recul face aux études et l’impression de ne
pas progresser malgré l’investissement. Le travail prolongé au-delà de huit heures
par jour augmente le risque de burn-out, tandis que le travail en groupe semble
réduire ce risque. Un soutien insuffisant, l’absence d’activité physique
régulière ou un rythme de garde jugé difficile contribuent également à aggraver
la situation. Certains étudiants parviennent à tenir grâce à l’entraide, au
soutien familial ou à des habitudes de vie plus stables, mais ces ressources
restent inégales et fragiles.
Ce phénomène ne relève pas d’un
manque de volonté mais d’un cadre de formation exigeant qui laisse peu de marge
de récupération. Il affecte l’apprentissage, perturbe l’engagement et fragilise
la préparation à un métier où l’équilibre émotionnel compte autant que les
compétences cliniques. Plus largement, il interroge la manière dont la formation
médicale accompagne celles et ceux qui y consacrent plusieurs années de leur
vie.
Pour permettre aux étudiants de
traverser leur parcours sans y laisser leur santé, il devient essentiel de
renforcer l’écoute, d’adapter certaines exigences et de favoriser des espaces
où l’on peut demander de l’aide sans crainte de jugement. Il ne s’agit pas de
réduire l’ambition de la formation médicale mais de la rendre compatible avec
un cadre de vie plus supportable. Soutenir ces futurs médecins aujourd’hui,
c’est préparer des professionnels capables d’exercer demain avec lucidité,
empathie et stabilité.
Elom AKAKPO (Source : bulletin
santé)