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RAPO 2025 à Lomé : accélérer le financement domestique pour sauver les acquis en santé reproductive

RAPO 2025 à Lomé : accélérer le financement domestique pour sauver les acquis en santé reproductive
Extrait de l'article: La 14ᵉ Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO 2025) s’est ouverte officiellement le 16 décembre 2025 à Lomé en présence des ministres, parlementaires, diplomates, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile.

La 14ᵉ Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO 2025) s’est ouverte officiellement le 16 décembre 2025 à Lomé en présence des ministres, parlementaires, diplomates, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile et jeunes leaders venus de neuf (9) pays d’Afrique de l’Ouest. Cette année, le rendez-vous régional dépasse le cadre d’une rencontre technique. Placée sous le thème « Accélérer le financement domestique des DSSR : quelles stratégies pour un engagement durable », la RAPO 2025 se présente comme un moment de vérité. Pendant trois jours, du 16 au 18 décembre 2025, Lomé devient l’épicentre des débats sur l’avenir de la santé sexuelle et reproductive (SSR) en Afrique de l’Ouest, dans un contexte mondial marqué par la raréfaction des financements extérieurs et la montée des urgences multiples. Les travaux ont été lancés par le Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique, de la Couverture Sanitaire Universelle et des Assurances, Jean-Marie Tessi. 

Vue partielle des participants lors de la cérémonie d'ouverture

Depuis plus d’une décennie, le Partenariat de Ouagadougou a permis à des millions de femmes d’accéder à des méthodes modernes de contraception, de renforcer les systèmes de santé et de faire sortir la planification familiale de l’ombre. Mais les acquis restent fragiles. « Accélérer le financement domestique n’est pas un slogan. C’est un choix de souveraineté. », a fait entendre Marie Ba, Directrice de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO).

Elle rappelle que les besoins en DSSR augmentent, portés par une démographie dynamique et les aspirations légitimes des jeunes, alors même que les ressources extérieures diminuent. « Face à cette réalité, une question s’impose : subir ou transformer ? », a-t-elle interrogé.

Pour la Directrice de l’UCPO, la réponse passe par des engagements budgétaires clairs, une meilleure efficience des dépenses, l’intégration des DSSR dans la couverture sanitaire universelle et une mobilisation élargie incluant collectivités locales, secteur privé, société civile et jeunes. « L’engagement politique ne vaut que s’il est traduit en ressources effectives, en services de qualité et en résultats mesurables. », a-t-elle ajouté.

L’Afrique est à un tournant. Les financements internationaux se contractent, les priorités mondiales se déplacent, et la compétition pour les ressources s’intensifie. Ce qui fonctionnait hier ne suffira plus demain. « Nous ne pouvons plus dépendre durablement de la générosité extérieure pour garantir les droits fondamentaux de nos populations. Si l’Afrique ne finance pas la santé de ses enfants, personne ne le fera à sa place. », a déclaré Dr Michel Sidibé, PDG de Michel Sidibé Advisory Services et ancien Ministre de la santé au Mali.

Marie Ba, Directrice de l'Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou

Le leadership togolais en action

Lors de son allocution, Jean-Marie Tessi, Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique, de la Couverture Sanitaire Universelle et des Assurances, affirme la position du Togo. « La planification familiale n’est pas un luxe, mais un pilier du développement durable. » Le ministre détaille les réformes en cours telles que l’intégration progressive de la planification familiale dans les budgets nationaux, le renforcement des partenariats multisectoriels, l’intégration des services de PF dans les soins de santé maternelle, néonatale et infantile, et le renforcement des capacités des ressources humaines.

Jean-Marie Tessi, Ministre en charge de la santé au Togo

Mais, il insiste que les efforts isolés ne suffisent pas. « Accélérer le financement domestique, ce n’est pas seulement augmenter des budgets. C’est affirmer notre souveraineté sanitaire. C'est investir dans des programmes et projets destinés à nos mères, nos femmes, nos filles, nos familles, nos communautés. », a insisté le ministre Tessi.

Dans son allocution, Dr Michel Sidibé, PDG de Michel Sidibé Advisory Services et ancien Ministre de la santé au Mali, a estimé que le Togo en accueillant cette 14e réunion ne se contente pas d’ouvrir ses portes, mais il fait un choix. Un choix politique assumé.

Il s’agit de la déclaration d’un pays qui affirme que la santé des femmes et des filles n’est pas une question technique, mais une priorité stratégique et politique.

Le message porté par Mme Élise Kakam, Représentante Résidente de l’UNFPA au Togo, confirme l’urgence du virage. Elle annonce sans détour une réalité qui reconfigure le paysage : à partir de 2026, les donations externes de produits de planification familiale vont diminuer progressivement, avec une baisse plus marquée dès 2027 pour certains pays jugés économiquement capables de mobiliser davantage de ressources internes.

Elise Kakam, Représentante Résidente de l'UNFPA au Togo

« Notre défi n’est plus seulement de compter les nouvelles utilisatrices, mais de garantir la pérennité de leur accès aux services. », a-t-elle souligné.

L’UNFPA met désormais l’accent sur la souveraineté financière, l’optimisation des investissements domestiques et les mécanismes innovants comme le match-fund, où chaque dollar national investi permet d’en mobiliser un autre.

Le Togo est cité en exemple. En 2025, le pays a bénéficié de 326 000 dollars de match-fund, fruit de son engagement budgétaire.

Femmes et jeunes au cœur de la résilience

Au-delà des chiffres et des mécanismes financiers, un fil rouge traverse l’ensemble des interventions : les femmes et les jeunes.

Pour Mme Ba, la femme africaine incarne la résilience. Mais cette résilience ne peut plus être exploitée sans reconnaissance ni investissement. « Comment espérer contribuer pleinement au développement lorsque nos droits reproductifs sont relégués au second plan ? ».

Au cœur des débats, la planification familiale change de statut. Longtemps perçue comme une simple intervention sanitaire, elle est désormais présentée comme un outil de souveraineté démographique et de développement économique.

Dr Michel Sidibé, PDG de Michel Sidibé Advisory Services

« La planification familiale n’est pas une politique de restriction. C’est une politique d’investissement humain. Choisir le moment et l’espacement des naissances, c’est donner à chaque enfant une chance réelle de réussir. Pour les États, c’est investir intelligemment dans l’éducation, la santé, l’emploi et la stabilité sociale. », a martelé Dr Sidibé.

La RAPO 2025 se veut ainsi un espace de vérité, de courage et d’engagement, où les États sont appelés à faire des choix qui seront jugés par l’histoire.

De l’élan à la souveraineté

A Lomé, en ce mois de décembre 2025, et au sortir de ces trois jours de travaux, un consensus doit émerger : l’avenir de la santé sexuelle et reproductive en Afrique de l’Ouest ne se jouera pas uniquement dans les salles de négociation internationales, mais dans les budgets nationaux, les collectivités locales, les politiques publiques courageuses et l’appropriation citoyenne.

« Le vrai pouvoir n’est pas dans la dépendance, mais dans la capacité de décider par soi-même. », a insisté Dr Michel Sidibé.

La RAPO 2025 s’ouvre donc sous le signe d’un basculement. Celui d’une région qui ne veut plus seulement gérer l’urgence, mais bâtir une souveraineté sanitaire durable, au service de la dignité, de l’égalité et de l’avenir de ses populations.

Le Partenariat de Ouagadougou

Le Partenariat de Ouagadougou (PO) a été lancé en février 2011 lors de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou (Burkina Faso). Son principal objectif est d’accélérer les progrès en santé sexuelle et reproductive, en particulier la planification familiale, dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest, afin de réduire les besoins non satisfaits en méthodes contraceptives et d’augmenter l’accès aux services. Le PO se donne pour mission dès lors de : renforcer la coopération régionale entre les pays membres autour des DSSR et PF ; coordonner les efforts des gouvernements, de la société civile, des partenaires techniques et financiers (PTF) et des bailleurs pour maximiser l’impact des programmes de DSSR/PF ; soutenir l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des politiques nationales et régionales de PF en s’appuyant sur des données probantes.

Raymond DZAKPATA

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

La 14ᵉ Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO 2025) s’est ouverte officiellement le 16 décembre 2025 à Lomé en présence des ministres, parlementaires, diplomates, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile.

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