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Lutte contre la désertification/Interview du Dr Eliane Ubalijoro, Directrice exécutive de « Landscape Alliance »

Lutte contre la désertification/Interview du Dr Eliane Ubalijoro, Directrice exécutive de « Landscape Alliance »
Extrait de l'article: À quelques semaines de la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP17), prévue à Oulan-Bator, en Mongolie, du 17 au 28 août, Dr Eliane Ubalijoro, directrice exécutive de « Landscape Allia

« Des investissements considérables sont nécessaires pour restaurer les paysages dégradés en Afrique »

À quelques semaines de la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP17), prévue à Oulan-Bator, en Mongolie, du 17 au 28 août, Dr Eliane Ubalijoro, directrice exécutive de « Landscape Alliance », anciennement appelée CIFOR-ICRAF, souligne l’importance pour l’Afrique de surmonter les défis complexes et interdépendants nécessitant une approche innovante dans la lutte contre la désertification, la dégradation des sols et la sécheresse.

Comment l’Afrique peut surmonter les défis liés à la dégradation des terres, la désertification et la sécheresse ?

Eliane Ubalijoro : L’un des principaux constats, à la veille de la COP17 en Mongolie, est que les liens entre le climat, la biodiversité et le changement climatique tissent une toile complexe et indissociable pour notre planète. Pour les régions d’Afrique centrale et de l’Ouest plus particulièrement, le bassin du Congo joue un rôle crucial dans le fonctionnement de l’écosystème planétaire. L’Afrique abrite à elle seule 26 % de la biodiversité mondiale. Ce que la plupart des gens ignorent, c’est que le bassin du Congo absorbe sept fois plus de carbone que l’Amazonie. La surexploitation des ressources naturelles en Afrique centrale et de l’Ouest ne cesse d’aggraver. La sous-région reste confrontée à de graves problèmes liés à la perte de terres arables, à l’érosion des sols fertiles et à la raréfaction des ressources en eau.

Dr Eliane Ubalijoro

Nos investissements en Afrique centrale et de l’Ouest détermineront la résilience de l’humanité face au changement climatique. Il est essentiel d’agir, car un tiers des terres émergées, et notamment 65 % en Afrique, sont dégradées ; ce qui accentue la pression sur les forêts, indispensables à la séquestration du carbone.

Quelle est la tendance actuelle en matière de perte de terres ?

En Afrique centrale et de l’Ouest, la désertification progresse à un rythme alarmant, transformant des terres arables en zones arides et infertiles. Les estimations officielles montrent que 65 % des terres productives d’Afrique sont dégradées. Cette dégradation a entraîné une baisse de la productivité agricole, une insécurité alimentaire accrue, une diminution des moyens de subsistance et un affaiblissement de la résilience des communautés face aux changements climatiques.

Il existe également des zones cruciales de tourbières et nous savons que ces dernières séquestrent encore plus de carbone que les forêts naturelles. Il est donc essentiel d’étudier cette interface entre les forêts et les tourbières d’Afrique centrale et de l’Ouest, qui sont des acteurs clés pour l’humanité face aux défis actuels. Par exemple, le Sahel, une région semi-aride d’Afrique de l’Ouest, est particulièrement vulnérable à la désertification. Dans cette partie, la dégradation des terres aggrave les conditions de vie déjà précaires des agriculteurs.

Quels sont les principaux défis auxquels sont confrontés les gouvernements africains pour restaurer des terres dégradées à l’horizon 2030 ?

Je pense que l’un des défis auxquels sont confrontés les décideurs politiques africains est notamment lié au financement public, pour soutenir les initiatives de restauration des forêts, dont le montant s’élève actuellement à 5,7 milliards USD par an. Ce montant ne représente qu’une infime partie des 117 à 300 milliards USD requis d’ici à 2030 pour restaurer plus d’un milliard d’hectares de terres dégradées, et renforcer la résilience à la sécheresse, notamment en Afrique centrale et de l’Ouest.

Les financements sont importants pour atteindre les objectifs mondiaux de restauration des terres et lutter contre la désertification et la sécheresse.

Pourquoi insister sur la finance ?

Les gouvernements africains ont besoin d’engager un dialogue avec tous les acteurs du secteur financier et de l’investissement. Il est impératif que nos systèmes comptables prennent en compte le capital naturel, et analysent comment la productivité économique contribue à son accroissement ou à sa diminution.

Par ailleurs, il s’avère impératif d’accroître considérablement les financements pour atteindre les objectifs mondiaux de restauration des terres, et lutter contre la désertification et la sécheresse. Il y a également un besoin pressant de mettre en place un système de transparence, quant à l’utilisation de ces fonds. Ces zones souffrent d’un sous-financement chronique et criard, un problème non seulement pour les populations locales, mais aussi pour l’humanité entière, compte tenu de l’importance capitale de cette région d’Afrique centrale et de l’Ouest pour sa capacité de séquestration du carbone et sa biodiversité.

Sans l’implication des communautés autochtones et locales, rien de tout cela ne peut se faire. Il est donc essentiel que des institutions, comme « Landscape Alliance » jouent un rôle de catalyseur, aidant les gouvernements et les institutions financières et d’investissement à mobiliser les financements et les flux financiers nécessaires aux gouvernements et aux communautés locales.

Source : Mongabay 

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Abel OZIH

À quelques semaines de la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP17), prévue à Oulan-Bator, en Mongolie, du 17 au 28 août, Dr Eliane Ubalijoro, directrice exécutive de « Landscape Allia

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