Togo–Burkina Faso : une campagne transfrontalière pour renforcer la lutte contre le paludisme saisonnier
- Posted on 22/07/2026 13:28
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- By raymonddzakpata@sante-education.tg
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Le Togo et le Burkina Faso franchissent une nouvelle étape dans leur coopération sanitaire. Les deux pays ont procédé au lancement conjoint de la campagne transfrontalière de Chimioprévention du Paludisme Saisonnier (CPS), le 20 juillet 2026 à Cinkassé. Cette initiative est destinée à mieux protéger les jeunes enfants contre cette maladie qui demeure l'une des principales causes de morbidité et de mortalité en Afrique.
Les deux ministres ayant les calebasses en mains
Malgré
les progrès réalisés ces dernières années, le paludisme continue d'exercer une
forte pression sur les systèmes de santé, les ménages et l'économie des pays
touchés. Pour y faire face, le Gouvernement togolais poursuit une stratégie
intégrée combinant prévention, diagnostic précoce et prise en charge rapide des
cas afin de réduire durablement l'impact de la maladie.
Parmi
les interventions les plus efficaces figure la Chimioprévention du Paludisme
Saisonnier, recommandée pour les enfants âgés de 3 à 59 mois vivant dans les
zones de forte transmission saisonnière. Cette approche consiste à administrer,
pendant la saison des pluies, des médicaments antipaludiques à titre préventif
afin de réduire considérablement le risque de développer des formes graves de
la maladie.
Une
coopération sans frontières contre le paludisme
C'est
dans cette dynamique que le Togo et le Burkina Faso ont décidé d'unir leurs
efforts à travers une campagne transfrontalière. La cérémonie officielle de
lancement s'est déroulée à Cinkassé, ville frontalière entre les deux pays,
sous la présidence des ministres de la Santé du Togo et du Burkina Faso,
Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi et Robert Lucien Jean-Claude Kargougou.
L'événement
a rassemblé plusieurs autorités administratives, politiques et traditionnelles
des deux pays, notamment le ministre-député et maire de la commune Cinkassé 2,
Bouraïma Kanfitine Tchédé Issa, le gouverneur de la région des Savanes,
Atcha-Dedji Affoh, ainsi que de nombreux responsables locaux.
Prenant la parole, le ministre togolais de la Santé, de l'Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances a souligné la portée de cette initiative.
Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, Ministre en charge de la santé, Togo
« Cette
initiative commune n'est pas un simple acte protocolaire. Elle est un symbole,
un message et surtout un engagement. Un symbole, parce que le Burkina Faso et
le Togo affirment que leurs frontières ne sont pas des murs, mais des
passerelles. Un message, parce que la santé de nos populations, et plus
particulièrement celle de nos enfants, mérite une réponse collective,
coordonnée et ambitieuse. Un engagement, enfin, parce que nos deux États
mutualisent leurs efforts pour bouter hors de leurs frontières le paludisme. La
maladie, elle, ne demande pas de passeport », a déclaré Jean-Marie Koffi
Ewonoulé Tessi.
Un
engagement politique fort
Au-delà
de son caractère sanitaire, cette campagne traduit la volonté des deux
gouvernements de faire de la coopération transfrontalière un levier pour
améliorer la santé des populations.
Selon
le ministre togolais, cette initiative illustre la détermination du Togo et du
Burkina Faso à transformer leur proximité géographique en un véritable espace
d'actions concertées contre les maladies transmissibles.
« Le lancement conjoint de cette campagne constitue un acte politique fort. Il démontre que nos deux pays ont choisi de faire de leur frontière commune un espace de coopération au service de la santé de leurs populations », a-t-il affirmé.

Le
paludisme reste une priorité nationale
Au
Togo, la lutte contre le paludisme demeure une priorité de santé publique. Sous
l'impulsion des autorités, plusieurs interventions sont mises en œuvre afin de
réduire la charge de la maladie. Elles comprennent notamment la distribution de
moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action, la
chimioprévention du paludisme saisonnier, la protection des femmes enceintes,
le renforcement du diagnostic et de la prise en charge, la surveillance
épidémiologique ainsi que la mobilisation communautaire.
À
travers cette campagne conjointe avec le Burkina Faso, les deux pays
réaffirment leur volonté de renforcer la coopération régionale pour mieux
protéger les populations vivant de part et d'autre de la frontière. Une
approche qui rappelle que face au paludisme, les réponses les plus efficaces
sont celles qui dépassent les frontières administratives et placent la santé
des populations au cœur de l'action publique.
Raymond
DZAKPATA