Education thérapeutique : mieux gérer le stress pour mieux vivre avec le diabète
- Posted on 31/07/2026 19:24
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Vivre avec le diabète ne se limite pas seulement à contrôler le taux de sucre dans le sang. Cette maladie chronique impose également des défis psychologiques, émotionnels et sociaux qui peuvent influencer la qualité de vie des patients et leur capaci
Vivre
avec le diabète ne se limite pas seulement à contrôler le taux de sucre dans le
sang. Cette maladie chronique impose également des défis psychologiques,
émotionnels et sociaux qui peuvent influencer la qualité de vie des patients et
leur capacité à suivre correctement leur traitement. C’est dans cette
perspective que Dr Sedo Yaovi, psychologue clinicien et de la santé, a animé
une communication sur le thème : « Vivre avec le diabète : gérer le stress, les
émotions et les ressources pour mieux adhérer au traitement ». C’était à
l’occasion de l’ouverture de la troisième édition du Mois de l’enseignement sur
le diabète et ses complications, organisée le 29 juillet par l’Association Jeunes
Intellect pour la Sécurité Alimentaire au Togo (JISA-Togo) avec l’appui de ses
partenaires.
Au
cours de son intervention, Dr Sedo Yaovi a expliqué que le diabète est une
affection qui touche plusieurs dimensions de la vie du patient. Au-delà des
manifestations physiques liées à l’augmentation de la glycémie, cette maladie
peut avoir des répercussions sur le bien-être psychologique, les relations
familiales, la vie sociale et les conditions économiques. Il a fait savoir que
l’annonce du diagnostic, les restrictions alimentaires, la prise régulière des
médicaments, l’autosurveillance glycémique, la crainte des complications ou
encore les difficultés financières liées aux soins peuvent générer différentes
réactions émotionnelles, notamment le stress, l’anxiété, le découragement ou
une détresse particulière appelée « détresse liée au diabète ».
Le
psychologue a souligné que le stress constitue une réaction naturelle de
l’organisme face à une situation perçue comme difficile ou menaçante.
Toutefois, lorsqu’il devient permanent et difficile à contrôler, il peut
affecter le sommeil, l’humeur, les relations avec l’entourage et surtout la
capacité du patient à prendre soin de sa santé.
Stress
et équilibre glycémique : un lien à surveiller
Le
Dr Sedo Yaovi a également mis en lumière le lien entre le stress et l’équilibre
du diabète. Sur le plan biologique, les situations stressantes entraînent la
libération d’hormones telles que le cortisol et l’adrénaline. Ces substances
favorisent la disponibilité du glucose dans le sang, ce qui peut provoquer une
augmentation ou une instabilité de la glycémie.
Cette
situation peut conduire à un cercle difficile pour le patient : le stress
perturbe l’équilibre glycémique, l’élévation du taux de sucre augmente
l’inquiétude, et cette inquiétude renforce davantage le stress. Pour sortir de
ce mécanisme, le spécialiste recommande une meilleure compréhension de la
maladie et un accompagnement adapté.
Abordant
la question de l’adhésion au traitement, Dr Sedo a indiqué que les difficultés
rencontrées par certains patients ne doivent pas être considérées comme un
simple manque de volonté. Elles peuvent être liées à plusieurs facteurs comme
les oublis, les effets secondaires des médicaments, le coût des soins, une
mauvaise compréhension des recommandations médicales, le manque de soutien ou
encore la peur face à l’évolution de la maladie.
Mobiliser
ses ressources pour mieux contrôler la maladie
Pour
favoriser une meilleure adhésion thérapeutique, le psychologue a recommandé
plusieurs stratégies. Il s’agit notamment d’une information claire et
accessible sur la maladie, d’une organisation efficace de la prise des
médicaments, de l’utilisation de rappels, du soutien familial, de
l’accompagnement par des personnes partageant la même expérience ainsi que
d’une relation de confiance entre le patient et les professionnels de santé. Il
a également encouragé la pratique d’une activité physique adaptée, les
exercices de respiration, les techniques de relaxation et une résolution
progressive des difficultés quotidiennes.
Le
Dr Sedo a insisté sur l’importance d’une prise en charge globale du patient,
intégrant aussi bien les aspects physiques que psychologiques et sociaux. «
Le patient doit être considéré dans son ensemble, avec son histoire, son
environnement, ses ressources et les réalités auxquelles il fait face »,
a-t-il fait comprendre.
Il
a enfin rappelé que certains signes comme une tristesse persistante, une
anxiété importante, des troubles du sommeil, un sentiment d’impuissance ou un
découragement durable nécessitent l’intervention d’un professionnel de santé
mentale.
La
communication a livré un message essentiel : le diabète peut être mieux
contrôlé lorsque le patient est informé, accompagné et impliqué dans ses
propres soins. Vivre avec cette maladie ne signifie pas renoncer à une vie
normale, mais apprendre progressivement à prendre soin de son corps, de ses
émotions et de son avenir.
William
O.