Diabète et MNT : Malikatou Djermakoye appelle à un partenariat durable avec le secteur privé
- Posted on 02/08/2026 16:23
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: L'économiste du développement et experte en plaidoyer stratégique pour les politiques de santé en Afrique, Malikatou Djermakoye, a formulé une série de recommandations visant à renforcer la mobilisation du secteur privé en faveur du financement durab
L'économiste
du développement et experte en plaidoyer stratégique pour les politiques de
santé en Afrique, Malikatou Djermakoye, a formulé une série de recommandations
visant à renforcer la mobilisation du secteur privé en faveur du financement
durable des programmes de prévention des maladies non transmissibles (MNT). Ces
recommandations ont été présentées le vendredi 31 juillet en visioconférence
sur la plateforme Zoom, à l'occasion de la troisième édition du Mois de
l'enseignement sur le diabète et ses complications.
Cette
rencontre, organisée par l'Association Jeunes Intellect pour la Sécurité
Alimentaire au Togo (JISA-Togo), avec l'appui de ses partenaires, était
consacrée à la mobilisation du secteur privé pour assurer un financement
durable des programmes de prévention des maladies non transmissibles.
Au
cours de sa communication, Mme Djermakoye a invité les acteurs de la santé, les
organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers
à adopter une approche plus stratégique afin de faire évoluer la contribution
du secteur privé d'un simple appui ponctuel vers un investissement structuré et
durable dans la prévention des MNT.
Des
projets mieux structurés et orientés vers les résultats
Selon
Malikatou Djermakoye, il est indispensable de repositionner le discours adressé
aux entreprises. Elle recommande de passer d'un plaidoyer fondé sur les
intentions à une communication basée sur des données chiffrées, mettant en
évidence le nombre de bénéficiaires, le coût par bénéficiaire ainsi que les
résultats obtenus. Elle préconise également de présenter systématiquement des
projets accompagnés d'indicateurs précis, de rapports transparents et d'une
gouvernance démontrée, répondant ainsi aux attentes des entreprises en matière
de visibilité et d'impact mesurable.
L'experte
recommande également de structurer l'offre de financement autour de quatre
mécanismes complémentaires. Il s'agit notamment de créer un fonds national
consacré aux maladies non transmissibles, alimenté par plusieurs secteurs
économiques tels que les banques, les compagnies d'assurances, les opérateurs
de télécommunications et les industries agroalimentaires.
Elle
préconise aussi le développement de partenariats de responsabilité sociétale
des entreprises (RSE) sur plusieurs années, alignés sur des objectifs
mesurables, plutôt que de privilégier des dons ponctuels. À cela s'ajoute la
mise en place de programmes de santé en entreprise portant sur le dépistage du
diabète, de l'hypertension artérielle, des cancers, la santé mentale et la
promotion de l'activité physique, avec des bénéfices clairement démontrés pour
les employeurs.
Mme
Djermakoye recommande en outre la mise en place de mécanismes de cofinancement
associant l'État, le secteur privé et les organisations non gouvernementales,
chaque acteur assumant un rôle bien défini en matière de réglementation, de
financement, d'innovation et de mise en œuvre des actions de proximité.
L'économiste
invite également les acteurs à capitaliser sur les expériences déjà
concluantes, notamment les initiatives « WANGARI », « Bouge pour ta vie » et
les programmes scolaires, afin de documenter ces réussites et de les utiliser
comme références crédibles auprès de nouveaux partenaires financiers.
Pour
convaincre davantage les décideurs économiques, elle recommande de recourir à
des outils d'analyse économique tels que le retour sur investissement (ROI), le
retour sur investissement social (SROI), les années de vie ajustées sur la
qualité (QALY) et le ratio coût-efficacité différentiel (ICER), permettant de
traduire les bénéfices sanitaires en données économiques compréhensibles par
les entreprises.
L'experte
insiste également sur cinq conditions essentielles pour garantir le succès des
partenariats avec le secteur privé : instaurer un climat de confiance, assurer
la transparence dans la gestion des ressources, définir des indicateurs de
performance, communiquer régulièrement sur les résultats obtenus et démontrer
l'impact réel des interventions.
Elle
met également en garde contre certaines erreurs fréquentes, notamment le fait
de solliciter uniquement des financements sans construire une relation durable
avec les entreprises, de ne pas rendre compte des résultats, de multiplier les
projets sans vision stratégique d'ensemble, d'ignorer les petites et moyennes
entreprises au profit des seules grandes sociétés et de négliger la mesure des
impacts.
Enfin,
Malikatou Djermakoye recommande d'élargir la base des partenaires en
prospectant de nouveaux secteurs, notamment les banques, les compagnies
d'assurances, les sociétés minières, les opérateurs de télécommunications, les
industries agroalimentaires, les sociétés pétrolières ainsi que les fintechs.
A
moyen terme, elle plaide pour une évolution de la relation avec le secteur
privé, en passant d'une logique de financement de projets ponctuels à une
véritable logique d'investissement structuré et durable dans la santé des
populations, où les entreprises seraient considérées comme des partenaires
stratégiques plutôt que comme de simples bailleurs occasionnels.
William
O.