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Diabète et MNT : Malikatou Djermakoye appelle à un partenariat durable avec le secteur privé

Diabète et MNT : Malikatou Djermakoye appelle à un partenariat durable avec le secteur privé
Extrait de l'article: L'économiste du développement et experte en plaidoyer stratégique pour les politiques de santé en Afrique, Malikatou Djermakoye, a formulé une série de recommandations visant à renforcer la mobilisation du secteur privé en faveur du financement durab

L'économiste du développement et experte en plaidoyer stratégique pour les politiques de santé en Afrique, Malikatou Djermakoye, a formulé une série de recommandations visant à renforcer la mobilisation du secteur privé en faveur du financement durable des programmes de prévention des maladies non transmissibles (MNT). Ces recommandations ont été présentées le vendredi 31 juillet en visioconférence sur la plateforme Zoom, à l'occasion de la troisième édition du Mois de l'enseignement sur le diabète et ses complications.

Cette rencontre, organisée par l'Association Jeunes Intellect pour la Sécurité Alimentaire au Togo (JISA-Togo), avec l'appui de ses partenaires, était consacrée à la mobilisation du secteur privé pour assurer un financement durable des programmes de prévention des maladies non transmissibles.

Au cours de sa communication, Mme Djermakoye a invité les acteurs de la santé, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers à adopter une approche plus stratégique afin de faire évoluer la contribution du secteur privé d'un simple appui ponctuel vers un investissement structuré et durable dans la prévention des MNT.

Des projets mieux structurés et orientés vers les résultats

Selon Malikatou Djermakoye, il est indispensable de repositionner le discours adressé aux entreprises. Elle recommande de passer d'un plaidoyer fondé sur les intentions à une communication basée sur des données chiffrées, mettant en évidence le nombre de bénéficiaires, le coût par bénéficiaire ainsi que les résultats obtenus. Elle préconise également de présenter systématiquement des projets accompagnés d'indicateurs précis, de rapports transparents et d'une gouvernance démontrée, répondant ainsi aux attentes des entreprises en matière de visibilité et d'impact mesurable.

L'experte recommande également de structurer l'offre de financement autour de quatre mécanismes complémentaires. Il s'agit notamment de créer un fonds national consacré aux maladies non transmissibles, alimenté par plusieurs secteurs économiques tels que les banques, les compagnies d'assurances, les opérateurs de télécommunications et les industries agroalimentaires.

Elle préconise aussi le développement de partenariats de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) sur plusieurs années, alignés sur des objectifs mesurables, plutôt que de privilégier des dons ponctuels. À cela s'ajoute la mise en place de programmes de santé en entreprise portant sur le dépistage du diabète, de l'hypertension artérielle, des cancers, la santé mentale et la promotion de l'activité physique, avec des bénéfices clairement démontrés pour les employeurs.

Mme Djermakoye recommande en outre la mise en place de mécanismes de cofinancement associant l'État, le secteur privé et les organisations non gouvernementales, chaque acteur assumant un rôle bien défini en matière de réglementation, de financement, d'innovation et de mise en œuvre des actions de proximité.

L'économiste invite également les acteurs à capitaliser sur les expériences déjà concluantes, notamment les initiatives « WANGARI », « Bouge pour ta vie » et les programmes scolaires, afin de documenter ces réussites et de les utiliser comme références crédibles auprès de nouveaux partenaires financiers.

Pour convaincre davantage les décideurs économiques, elle recommande de recourir à des outils d'analyse économique tels que le retour sur investissement (ROI), le retour sur investissement social (SROI), les années de vie ajustées sur la qualité (QALY) et le ratio coût-efficacité différentiel (ICER), permettant de traduire les bénéfices sanitaires en données économiques compréhensibles par les entreprises.

L'experte insiste également sur cinq conditions essentielles pour garantir le succès des partenariats avec le secteur privé : instaurer un climat de confiance, assurer la transparence dans la gestion des ressources, définir des indicateurs de performance, communiquer régulièrement sur les résultats obtenus et démontrer l'impact réel des interventions.

Elle met également en garde contre certaines erreurs fréquentes, notamment le fait de solliciter uniquement des financements sans construire une relation durable avec les entreprises, de ne pas rendre compte des résultats, de multiplier les projets sans vision stratégique d'ensemble, d'ignorer les petites et moyennes entreprises au profit des seules grandes sociétés et de négliger la mesure des impacts.

Enfin, Malikatou Djermakoye recommande d'élargir la base des partenaires en prospectant de nouveaux secteurs, notamment les banques, les compagnies d'assurances, les sociétés minières, les opérateurs de télécommunications, les industries agroalimentaires, les sociétés pétrolières ainsi que les fintechs.

A moyen terme, elle plaide pour une évolution de la relation avec le secteur privé, en passant d'une logique de financement de projets ponctuels à une véritable logique d'investissement structuré et durable dans la santé des populations, où les entreprises seraient considérées comme des partenaires stratégiques plutôt que comme de simples bailleurs occasionnels.

William O.

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Abel OZIH

L'économiste du développement et experte en plaidoyer stratégique pour les politiques de santé en Afrique, Malikatou Djermakoye, a formulé une série de recommandations visant à renforcer la mobilisation du secteur privé en faveur du financement durab

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