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Journées Togolaises de Dermatologie : l’IA, les innovations thérapeutiques et la dépigmentation au cœur des échanges

Journées Togolaises de Dermatologie : l’IA, les innovations thérapeutiques et la dépigmentation au cœur des échanges
Extrait de l'article: Les spécialistes de la santé cutanée se sont retrouvés, à l’occasion des Journées Togolaises de Dermatologie, mercredi 16 septembre 2026 à Lomé. Cette rencontre scientifique met l’accent sur les évolutions de la pratique dermatologique, les...

Les spécialistes de la santé cutanée se sont retrouvés, à l’occasion des Journées Togolaises de Dermatologie, mercredi 16 septembre 2026 à Lomé. Cette rencontre scientifique met l’accent sur les évolutions de la pratique dermatologique, les nouvelles technologies et les défis liés à la prise en charge des maladies de la peau.

Dermatologues, chercheurs, médecins et autres professionnels de santé venus de différents horizons participent à ces journées consacrées au partage d’expériences et à la formation continue. Au programme figurent l’intelligence artificielle (IA) appliquée à la dermatologie, les dermatoses infectieuses, le psoriasis ainsi que les conséquences sanitaires de la dépigmentation artificielle.

L’intelligence artificielle entre dans la pratique dermatologique

Les travaux ont débuté par une communication du Professeur Faye consacrée à l’utilisation de l’intelligence artificielle en dermatologie. L’analyse des images médicales, l’aide au diagnostic précoce et le suivi personnalisé des patients font partie des applications qui suscitent un intérêt croissant dans la discipline.

Les participants ont également été entretenus sur les actualités et les protocoles de prise en charge des dermatoses infectieuses en 2026 par le Maître de Conférences Agrégé Mouhari-Toure. Le Professeur Degboé a, pour sa part, présenté les nouveautés dans la prise en charge du psoriasis en plaques, une maladie chronique dont le traitement connaît également des évolutions.

Dr Raymond Kossi Barruet, Drematologue et Président de SOTODERM

Pour le Dr Raymond Kossi Barruet, dermatologue et président de la Société Togolaise de Dermatologie et des Infections Sexuellement Transmissibles (SOTODERM), ces rencontres sont essentielles dans un contexte où les connaissances médicales évoluent rapidement.

« La formation post-universitaire permet d'éviter l'isolement des praticiens et le risque de sclérose professionnelle », explique-t-il. En dehors de ces journées, la SOTODERM organise des rencontres trimestrielles réunissant spécialistes et médecins généralistes autour de thématiques spécifiques et travaille avec les formations de Diplôme d’études spécialisées (DES) pour accompagner les jeunes dermatologues.

Une spécialité encore victime d’idées reçues

Le Dr Barruet souhaite également voir évoluer la perception de la dermatologie auprès du grand public. La spécialité est parfois considérée, à tort, comme une médecine réservée à une catégorie privilégiée de la population.

« Avant toute chose, le dermatologue est un médecin », rappelle-t-il, soulignant que les maladies cutanées, parce qu’elles sont visibles, peuvent avoir de lourdes conséquences psychologiques et sociales. Anxiété, stigmatisation et dépression peuvent affecter les personnes confrontées à certaines affections dermatologiques.

Dépigmentation : les dermatologues donnent l’alerte

La dépigmentation artificielle a occupé une place importante dans les échanges. Injections, comprimés, pommades et autres produits éclaircissants sont utilisés dans différents contextes, avec des conséquences parfois importantes pour la santé, ont rappelé les spécialistes.

Selon le Dr Kalogo Mamadou, dermatologue au CHU de Treichville à Abidjan, les complications peuvent être à la fois cutanées et systémiques. Il cite des infections, des troubles de la pigmentation, l’ochronose, ainsi que des altérations structurelles telles que certaines vergetures profondes et des problèmes vasculaires.

Le spécialiste souligne également que certaines substances utilisées dans les produits éclaircissants peuvent traverser la barrière cutanée et passer dans la circulation sanguine, exposant, selon les produits et les conditions d’utilisation, à des complications générales. La diminution de la mélanine réduit par ailleurs la protection naturelle de la peau contre les rayonnements ultraviolets.

Certaines séquelles peuvent être difficiles, voire impossibles, à corriger une fois installées. D’où, pour les dermatologues, la nécessité d’agir davantage sur la prévention.

Une exposition de produits de dermatologie

Pour une réglementation plus stricte

Le Dr Kalogo Mamadou appelle ainsi à renforcer la réglementation et le contrôle sanitaire des produits vendus sur les marchés.

« Il faut qu'il y ait une réglementation et un contrôle sanitaire des produits qui sont vendus », plaide-t-il, invitant les gouvernements à prendre des mesures pour limiter la circulation des produits dangereux. Pour le praticien, l’intervention des pouvoirs publics est d’autant plus importante que les complications sont souvent difficiles à traiter lorsqu’elles sont installées.

Au-delà de la réglementation, les spécialistes appellent à déconstruire les normes sociales de beauté qui favorisent le recours à la dépigmentation. « La peau noire est belle », insiste le dermatologue ivoirien, invitant les femmes à ne pas mettre leur santé en danger pour répondre à une norme esthétique.

Le partage d’expériences au cœur des Journées

Pour le Dr Kalogo Mamadou, la participation à ces rencontres répond également à un besoin de partage entre professionnels africains.

« C'est un moment d'échange et de partage de connaissances. En changeant d'air, on peut apprendre, savoir ce que les autres font dans leur pays », souligne-t-il.

À travers ces Journées Togolaises de Dermatologie, la communauté dermatologique entend ainsi renforcer la formation continue, favoriser la collaboration entre praticiens et mieux répondre aux réalités sanitaires des populations. Entre innovations technologiques, nouvelles stratégies thérapeutiques et prévention, l’enjeu reste le même : améliorer la qualité de la prise en charge et replacer la santé de la peau au cœur des préoccupations de santé publique.

Eméline DJESSOU (Stagiaire)

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

Les spécialistes de la santé cutanée se sont retrouvés, à l’occasion des Journées Togolaises de Dermatologie, mercredi 16 septembre 2026 à Lomé. Cette rencontre scientifique met l’accent sur les évolutions de la pratique dermatologique, les...

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