CHU-SO : bébé volé, résultat d’un système de sécurité défaillant
- Posted on 25/09/2026 20:36
- Film
- By raymonddzakpata@sante-education.tg
Extrait de l'article: Un nouveau-né est enlevé dans la maternité du CHU Sylvanus Olympio ce 17 septembre 2026. Une personne voilée serait à l’origine de cet enlèvement. Quelques jours plus tard, la réponse de l’hôpital tombe, entre autres mesures : l’interdiction du...
Un
nouveau-né est enlevé dans la maternité du CHU Sylvanus Olympio ce 17 septembre
2026. Une personne voilée serait à l’origine de cet enlèvement. Quelques jours
plus tard, la réponse de l’hôpital tombe, entre autres mesures : l’interdiction
du niqab et de la burqa. Mais derrière cette décision se cache une question
autrement plus importante : comment une personne étrangère a-t-elle pu entrer dans
une maternité, accéder à un nouveau-né et ressortir avec lui dans l’un des
établissements hospitaliers les plus importants du Togo ?
Le
nouveau-né enlevé est une fillette. Selon les premières explications de la
direction du CHU-SO, une femme aurait profité de la sortie momentanée de la
personne chargée de surveiller le bébé pour s’en emparer. La gendarmerie
enquête et les images de vidéosurveillance sont exploitées.
Mais
en réalité, cette affaire révèle surtout une grosse faille dans le système de
sécurité au CHU SO. Dans une maternité, particulièrement dans un grand hôpital
de référence, l’accès aux nouveau-nés devrait être strictement contrôlé. Qui
entre ? Qui sort ? Qui accompagne une mère ? Qui peut prendre un bébé ? Où sont
les contrôles aux accès des services sensibles ? La réponse ne peut donc pas
être uniquement vestimentaire.
Niqab
et burqa interdits
A
titre de réaction et parmi les mesures prises, le CHU-SO interdit désormais le
niqab et la burqa, au motif qu’ils compliquent l’identification des personnes.
L’objectif de sécurité peut se comprendre. Mais la mesure soulève une question
très sensible, car on connaît la tranche de la population qui porte ce genre de
tenues. Cette mesure peut être perçue comme stigmatisante et, dans certaines
circonstances, dissuader des personnes concernées d’accéder aux soins.
Dès
lors, plutôt que d’instaurer une interdiction générale dans tout l’hôpital,
pourquoi ne pas prévoir, dans les zones sensibles comme la maternité, une
procédure d’identification contrôlée par des agents habilités, tout en
respectant la dignité et les convictions socioreligieuses ?
Une
mesure de sécurité doit viser le risque réel, sans transformer une tenue ou une
catégorie de la population en suspect permanent.
Le
problème est plus profond
Le
CHU-SO est une formation sanitaire confrontée à de multiples problèmes. Cette
affaire d’enlèvement de bébé remet au cœur du débat la question, maintes fois
soulevée, des grandes réformes nécessaires pour relever les performances de cet
établissement. Le vol de bébé n’est certainement pas le premier incident de ce
genre dans cet hôpital.
C’est
pourquoi l’enlèvement actuel doit être un électrochoc. Il ne suffit pas de
poser des panneaux interdisant certaines tenues. Le CHU-SO est, a priori,
l’hôpital national de référence. La disparition d’un bébé dans ses murs ne peut
être traitée qu’avec la plus grande gravité.
Il
faut auditer la sécurité, contrôler réellement les accès, identifier les
accompagnants, sécuriser les maternités et vérifier les dispositifs de vidéosurveillance.
Il est également indispensable d’établir les responsabilités : qui est recruté
et payé pour assurer la sécurité de la maternité ? Qui est responsable de la
sécurité dans cet hôpital ?
L’émotion
suscitée par cette affaire dans la population est grande. Selon certaines
sources, cette enfant serait née par césarienne. En plus de la peine liée à
cette opération, sa maman n’aura peut-être jamais la chance de revoir son
enfant.
Que
toutes les mesures légales et professionnelles soient prises pour qu’une telle
situation ne se reproduise plus jamais.
Gamé KOKO