Vaccination Covid-19 / Immunité collective : réalité ou mirage ?
- Posted on 12/01/2022 00:00
- Film
- By stephaneogou@gmail.com
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A la date du 14 décembre 2021, plus de huit milliards quatre cent soixante-dix millions (8 470 000 000) de doses de vaccins contre la Covid-19 ont été administrées dans le monde. Ceci donne trois milliard six-cent trente millions (3 630 000 000) de personnes vaccinées dans le monde soit 46,6% de la population mondiale. Plusieurs pays, surtout en Europe, sont au-delà de 70% de leur population qui ont reçu au moins les deux doses. A cette allure, est-ce que le monde tend vers une immunité collective qui sonnera la fin de la pandémie de la Covid-19 ? La question divise les experts. Avec l’apparition du variant Omicron, l’objectif de l’immunité collective parait rejeté plus loin qu’on ne le souhaite.
Il y a de
cela un an que la vaccination contre la Covid-19 a démarré. C’est en décembre
2020 que les premières doses ont été administrées. Un an après, la situation de
la vaccination dans le monde n’est pas si mauvaise. Plus de 46% de la
population mondiale est complètement vacciné. Ce n’était pas gagné d’avance quand
on sait toutes les rumeurs apocalyptiques qui ont couru sur les vaccins.
Pourtant, la campagne vaccinale a démarré et elle continue. Certes, il y a des
« anti vaccinations » qui refusent de se faire vacciner, mais tout porte à
croire que le camp des optimistes pour la vaccination gagne du terrain. Même si
on sait qu’il y a une bonne partie des vaccinés qui ont été contraints de le
faire.
Atteindre l’immunité collective
L’immunité
collective (IC), ou immunité de groupe, est, selon l’OMS, la protection
indirecte contre une maladie infectieuse qui survient lorsqu’une population est
immunisée par la vaccination ou par l’immunité développée par une infection
antérieure. L’Institut Pasteur explique qu’elle est atteinte à partir du moment
où une personne infectée va transmettre le pathogène à moins d’une personne en
moyenne, amenant de fait l’épidémie à l’extinction, car le pathogène rencontre
trop de sujets protégés. La part de la population qui doit être immunisée pour
parvenir à l’immunité collective varie en fonction de chaque maladie.
C’est le
plus percutant argument que les promoteurs des vaccins anti covid-19, ont
balancé dans la population dans tous les pays.
En Afrique,
dans certains pays comme le Togo, c’est le refrain que prononcent et chantent tout
le temps les responsables de la lutte que sont les autorités administratives et
sanitaires : «vaccinons-nous pour atteindre l’immunité collective et retrouver
une vie normale avec la relance des activités économiques…». A vrai dire, cet
argument n’a pas vraiment convaincu. Eu égard aux informations sur l’efficacité
partielle des vaccins de toutes les marques rassemblées, très peu de personnes
y portaient une crédibilité. Peut-on atteindre cette immunité collective ? Rien
n’est encore sûr selon certains experts. Mais pour d’autres, l’atteinte de
l’immunité collective risque de prendre du temps. Le professeur Andrew Pollard,
Directeur du groupe de recherche Oxford Vaccine Group, en Angleterre, a dit que « l’immunité collective pourrait être un
mirage vu les réalités qui se présentent avec l’apparition du variant Delta.
Aujourd’hui c’est le variant Omicron jugé plus contagieux qui circule».
D’après les
résultats d’une étude réalisée en Afrique du Sud le 14 décembre 2021, par
Discovery Health, un organisme d’assurance médicale privé sud-africain, la
capacité d’Omicron à contourner les défenses immunitaires érigées par le vaccin
est très inquiétante. La double dose de Pfizer perd une grande partie de sa
capacité de protection contre l’infection au SARS-CoV-2 : l’efficacité passe de
80% contre une contamination par le variant Delta et, grave, elle passe à 33%
contre une contamination par le variant Omicron. Autrement dit, avec Omicron,
un vaccin comme Pfizer n’est plus efficace. Car, à 33% seulement d’efficacité
sur le virus, il doit retourner au laboratoire pour revenir en force.
L’immunité
collective est le grand espoir pour sortir de cette pandémie. Il y a des cas
d’espoir comme celui de l’Espagne. Ce pays qui a été horriblement frappé par le
Coronavirus en 2020 avec une moyenne de 4 923 nouveaux cas quotidiens en début
du mois d’août 2020, soit plus que la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et
l’Italie réunis. En août 2020, ce pays comptait déjà plus de 20 millions de cas
de contaminations et plus de 700 000 décès enregistrés. Cette situation a amené
les populations a adhéré facilement au programme de vaccination. En septembre
2021, le taux d’incidence s’est stabilisé autour de 25 cas de Covid pour
100.000 habitants, soit deux fois moins qu’en France. Ceci est dû au fait que
80% de la population espagnole soit complètement vaccinée. En ce moment,
plusieurs pays en Europe durcissaient les mesures barrières contre la Covid-19.
Contrairement, la vie en Espagne est plus détendue. Pas de pass vaccinal en
Espagne, car la population a massivement adhéré à la campagne vaccinale. C’est
le journal scientifique très connu « The Lancet» qui a déclaré que l’Espagne
était rentrée dans l’immunité collective.
Mais aujourd’hui, avec le variant Omicron est-ce que cet idéal espagnol
va tenir le coup voire perdurer ? C’est une incertitude. Pour certains experts
comme Frédéric Altare, Immunologiste et directeur de recherche à l’Institut
National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM en France), il faut
relativiser l’atteinte de l’immunité collective parmi les objectifs affichés
dans la lutte contre la Covid-19. « Le vaccin est d’abord là pour l’immunité
individuelle, pour protéger la personne qui le reçoit », a-t-il affirmé.
Les variants Delta et Omicron neutralisent
l’atteinte de l’immunité collective
Dès
l’apparition du variant Delta, qui est plus contagieuse que la souche
d’origine, les experts étaient unanimes que ce variant sera un élément
perturbateur de l’atteinte de l’immunité collective. Avant le Delta, les estimations
disaient que déjà entre 60 et 70% de personnes complètement vaccinées dans un
pays, on pourrait commencer par renverser la pandémie. Mais, avec le variant Delta, la donne a
changé, il faut vacciner 85% des populations pour prétendre atteindre l’immunité
collective. Le variant Omicron selon les études parait plus contagieux car «
Omicron s’accroche mieux aux récepteurs cellulaires ACE2 », détaille Hervé
Fleury, Virologue et professeur au CHU de Bordeaux en France.
Plus de vaccination, plus d’impact sur
Covid-19
Les experts
pensent que la vaccination va aider à vaincre la Covid-19, à condition qu’on
vaccine plus de personnes et qu’on envisage aller au-delà des 2 doses
réglementaires. Une 3e dose pour les personnes plus vulnérables dont le niveau
d’efficacité du vaccin a baissé. La tendance serait favorable à la vaccination
de tout le monde. Cependant, les directives sont claires, vacciner uniquement
les personnes ayant plus de 12 ans.
D’après une
étude menée par l’Institut Pasteur en France, même si on augmente la couverture
vaccinale à 70% chez les adolescents, à 90% chez les 18-59 ans et 95% chez les
plus de 60 ans, cela ne permettra toujours pas un relâchement total des mesures
barrières. C’est pourquoi Frédéric Altare, Immunologiste pense que si même on
ajoutait aux personnes vaccinées, celles qui ont une immunité naturelle contre
le virus, l’atteinte de l’immunité collective reste dubitative. « On pourra
peut-être atteindre 90% de personnes immunisées dans la population, mais sans
doute au bout d’un long moment », a-t-il déclaré.
Gamé KOKO
Sources : Europe1, Ouest France & Le
Monde