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Réduire le sucre pour vivre plus longtemps et en meilleure santé

Réduire le sucre pour vivre plus longtemps et en meilleure santé
Extrait de l'article: Auteur de l’ouvrage intitulé « La Brioche tue plus que le cholestérol et de Vérités sur les sucres et les édulcorants », le Dr Édouard Pélissier, Chirurgien spécialisé en cancérologie pendant plusieurs décennies, a étudié les effets néfastes du sucre

Auteur de l’ouvrage intitulé « La Brioche tue plus que le cholestérol et de Vérités sur les sucres et les édulcorants », le Dr Édouard Pélissier, Chirurgien spécialisé en cancérologie pendant plusieurs décennies, a étudié les effets néfastes du sucre, en compilant notamment des centaines d’études et de recherches. S’il rappelle qu’on ne meurt pas d’overdose de sucre, en consommer en grosse quantité a des conséquences horribles sur la santé, la durée de vie, en favorisant le diabète, le syndrome métabolique ou encore la surcharge de graisse dans le foie. Le spécialiste dresse un état des lieux des risques


Le sucre est-il aussi dangereux que certains le prétendent ?

Oui, il l’est. Nous disposons aujourd’hui de nombreuses études qui en attestent. Ce n’est pas un aliment dont on a besoin, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent. Le sucre n’est véritablement devenu un ingrédient de cuisine qu’à partir du 18è siècle. Nous avons en réalité un problème de terminologie un peu particulier dans notre langue française : nous indiquons souvent les glucides sous le nom de sucres. Or, les sucres sont une famille des glucides et ils n’ont pas le même métabolisme que la majorité de ces derniers.


On dit qu’il est indispensable pour l’organisme…

Encore ce problème de terminologie. Le glucose est notre carburant, notre fuel indispensable, pas le sucre. Il entraîne une dégradation des protéines et des lipides qui entrent dans la constitution de nos cellules. Cette réaction s’appelle la glycation. Mais si le glucose est indispensable à notre métabolisme, il peut aussi être nocif pour nos cellules et l’excès de sucre dans le sang entraîne des dégâts. C’est notamment ce qui se passe dans le diabète. C’est parce que nous en avons besoin mais aussi parce qu’il est toxique en trop grande quantité que l’organisme amis en place un système de régulation très pointu avec, notamment, la production d’insuline.


Ces glucides, que l’on appelle aussi «sucres», comment se présentent-ils?

Il en existe différents types. Les molécules les plus simples les monosaccharides sont le glucose, le fructose et le galactose. Ces molécules sont très vite absorbées. Dès qu’elles arrivent dans l’intestin, elles passent dans la circulation sanguine et le foie, où elles sont métabolisées. Les disaccharides sont quant à eux composés de deux sucres simples. C’est le cas du saccharose (le sucre de table,) qui est formé d’un glucose et d’un fructose ou de lactose, le sucre du lait, formé d’un glucose et d’un galactose. Ils sont également absorbés et transformés très rapidement. C’est ce qu’on appelle dans le langage courant les sucres rapides.

Les polysaccharides sont le dernier type de glucides. Ils sont formés d’une grande chaîne de molécules de sucre. C’est par exemple l’amidon contenu dans les farineux, les pâtes, le pain. Avant d’être absorbés, les polysaccharides doivent être scindés en de multiples petites molécules. Dans le langage courant, on les appelle les sucres lents.


Quels effets ont les sucres dits rapides ou lents sur l’organisme ?

Ils sont bien sûr différents. Lorsqu’on absorbe un sucre rapide, le taux de sucre dans le sang s’élève aussi vite qu’il redescend. Les scientifiques représentent cela sous la forme d’un « V » inversé dont la hauteur correspond à l’intensité et la largeur, à la longévité. C’est l’indice glycémique. Et plus un aliment a un indice glycémique fort, plus il doit être jugé comme toxique pour nos cellules. De ce fait, notre organisme va mettre en action un mécanisme pour ramener le sucre à un gramme par litre de sang, le taux normal pour le corps humain. Le pancréas entre alors en action et sécrète de l’insuline en plus ou moins grande quantité suivant le besoin de réduction.


Que faut-il en déduire?

Que plus nous absorbons des aliments à indice glycémique fort, en général tous les aliments au goût sucré, plus nous exposons nos cellules à une toxicité que l’organisme va devoir combattre en mettant en action son système de protection. Si, en revanche, nous consommons plutôt des sucres lents, l’agression est alors moins violente. L’apport en sucre est ainsi plus facilement amorti par l’organisme. Une bonne nutrition dépend donc en grande partie de la façon dont nous apportons les glucides nécessaires au corps humain.


On parle beaucoup de sucres cachés ou ajoutés. De quoi s’agit-il?

C’est tout simplement le sucre non naturel qui s’ajoute à la préparation des plats de l’industrie agroalimentaire. Nous aimons le sucre et les industriels, qui ne sont pas idiots, l’ont bien compris. Ils en mettent pratiquement partout, y compris dans des aliments que l’on imagine a priori non sucrés : les condiments, les préparations congelées, etc. Le sucre et le sel sont des exhausteurs de goût d’une grande efficacité pour faire vendre.


Historiquement, la consommation de sucre a explosé après la Deuxième Guerre mondiale, au même moment que l’industrialisation de l’alimentation. Biscuits, desserts sucrés, céréales, jus de fruits industriels et boissons sucrées et énergisantes, cannettes, s’empilent dans les rayons des commerces alimentaires puis des grandes surfaces. Le sucre n’est alors pas vu comme un ennemi. Les campagnes sont plutôt menées contre le gras et les calories. On va se rendre compte que c’est une grosse erreur.


Comment ?

Quelques exemples sont très intéressants à analyser. Les yaourts 0 % sont révélateurs d’une évolution de la consommation contemporaine. Les gens sont persuadés qu’il faut combattre le gras car c’est lui qui fait grossir. Mais un yaourt sans gras n’a pas de goût. Donc, la plupart du temps, on rajoute du sucre ou des parfums aux fruits plus ou moins naturels. Il n’y a pas de gras, mais on se retrouve avec un produit bourré de sucre. C’est extrêmement nocif.


Il est donc déconseillé de manger trop sucré. Y a-t-il une ration quotidienne à ne pas dépasser ?

Il faut d’abord bien se mettre dans la tête que l’on n’a pas besoin de sucre. Pendant des siècles, personne ne mangeait de bonbon, de glace, de gâteau au chocolat ni ne mettait de sucre dans son café. Cela dit, L’OMS évoque une ration calorique quotidienne de 10 % maximum, c’est-à-dire pas plus de 40 grammes par jour. Mais l’association des cardiologues américains, qui a passé en revue un nombre considérable de publications, fait une recommandation plus stricte : pas plus de 20 grammes par jour pour une femme et 36 grammes pour un homme. Que l’on comprenne bien : il est ici question du sucre ajouté.

Pas de celui que l’on trouve dans des aliments comme les fruits, naturellement riches en fructose mais dont les effets sont moins nocifs car ils contiennent aussi des fibres, des vitamines, etc. En revanche, cela implique les sucres des produits préparés, confitures, gâteaux, chocolats ainsi que les jus industriels et les canettes. La dose minimum peut être très vite dépassée.


Quels risques prend-on si le niveau de ces recommandations est dépassé ?

Les liens entre le sucre et de nombreuses pathologies : obésité, problèmes cardiaques, syndrome métabolique, cancers sont aujourd’hui établis. Grâce à des études liées aux habitudes alimentaires faites chez des centaines de milliers de personnes à travers le monde, on a pu mettre en évidence un lien clair entre la consommation de sucre et la prise de poids, l’augmentation de l’indice de masse corporelle et l’évolution du syndrome métabolique, un état prédiabétique, qui constitue à lui seul un facteur de risque cardiovasculaire. On a constaté aussi une majoration de 20 à 25 % du risque de diabète entre des personnes consommant trop de sucre et celle respectant les recommandations. C’est énorme.

Une majoration du risque de coronarite, inflammation des artères coronaires, et d’infarctus, aussi. Des scientifiques ont également constaté un lien entre une importante consommation de boissons sucrées et la goutte. C’est intéressant car pendant très longtemps les médecins n’interdisaient pas le sucre en présence de ce rhumatisme inflammatoire particulier.


Le sucre, dit-on peut rendre le foie gras...

La question est intéressante car elle ramène au rapport entre la graisse et le sucre. Le fructose contenu dans les boissons sucrées et qui arrive en grande quantité dans l’organisme est transformé en graisse par le foie. Les cellules hépatiques la stockent et deviennent comme des petites boules de graisse. Pendant longtemps, on a assimilé ce cas de figure à la consommation d’alcool.


Mais on sait aujourd’hui que cela peut être provoqué par ce trop-plein de fructose présent dans les boissons sucrées, énergisantes, sodas, canettes. Le plus inquiétant, c’est que cette pathologie appelée Non Alcoholic Fatty Liver Disease (NAFLD) ou encore foie métabolique, est devenue le premier motif de consultation en hépatologie. C’est une maladie qui n’est pas bénigne car elle peut évoluer vers la cirrhose, elle-même risque de cancer du foie.


Source : « Le Figaro »


Auteur
Rédacteur
gadieltsonyadzi@sante-education.tg

Auteur de l’ouvrage intitulé « La Brioche tue plus que le cholestérol et de Vérités sur les sucres et les édulcorants », le Dr Édouard Pélissier, Chirurgien spécialisé en cancérologie pendant plusieurs décennies, a étudié les effets néfastes du sucre

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