Caries, gingivites, abcès : agir contre les infections bucco-dentaires
- Posted on 17/03/2023 14:55
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Les deux plus fréquentes des pathologies dentaires, la carie et la maladie parodontale, résultent d’une infection bactérienne. Mais il s’agit de maladies différentes. On peut avoir des caries sans maladie parodontale, ou inversement. Mal soignées, el
Les deux plus fréquentes des pathologies dentaires, la carie et la
maladie parodontale, résultent d’une infection bactérienne. Mais il s’agit de
maladies différentes. On peut avoir des caries sans maladie parodontale, ou
inversement. Mal soignées, elles peuvent être à l’origine de complications
parfois sévères. Or la prévention de ces infections bucco-dentaires est encore
loin d’être optimale.
Savoir reconnaître ces maladies dès les premiers
signes permet de d’empêcher ou de ralentir leur progression. Leurs mécanismes
infectieux sont différents, tout comme les bactéries qui en sont responsables.
La bouche abrite plus de 700 espèces bactériennes, normalement en
équilibre, en symbiose dans l’environnement buccal, dont la salive, par son
rôle de tampon, contribue à réguler les fluctuations.
La carie
dentaire, liée à l’excès de glucides
Dans la carie, certaines bactéries, surtout des
streptocoques, dont les apports sucrés et acides favorisent la croissance,
attaquent l’émail de la dent, puis la dentine. Si l’infection progresse, elle
pénètre dans la pulpe, la partie vivante, vascularisée et innervée de la dent.
Ce qui va entrainer des douleurs atroces surtout nocturnes et qui se termine
par une nécrose de la dent et la dent meurt. Les bactéries vont progresser de la pulpe morte vers l’extrémité
de la dent, où elles peuvent provoquer un abcès dentaire qui est une
complication de la carie dentaire. D’où l’importance d’une dévitalisation, d’un
nettoyage et d’une obturation rigoureuse du canal dentaire.
Dans certains cas, l’extraction de la dent peut s’avérer
nécessaire. Mais des abcès peuvent aussi avoir pour origine une infection du
parodonte, les tissus qui entourent et soutiennent la dent, alors que la dent
est normale, ou une dent mal positionnée. L’abcès non traité peut même
s’étendre aux tissus voisins : L’infection peut gagner la joue et provoquer une
joue enflée Cette infection loco-régionale est une complication potentiellement
grave : et mal soignée, on peut mourir. Dans certains cas, l’infection peut
être à l’origine d’un abcès cérébral, d’une ostéite, l’infection attaque l’os
des mâchoires, ou d’une thrombophlébite par diffusion au niveau des veines de
la face.
La carie évoluée et l’abcès dentaire sont d’ordinaire
si douloureux qu’ils obligent le malade à aller consulter le dentiste. Dans
d’autres cas, l’infection carieuse peut avoir des répercussions à distance sur
les organes vitaux tels que le cœur, reins, système digestif, les yeux, les
articulations. C’est le cas par exemple d’un AVC d’origine dentaire.
La maladie
parodontale, silencieuse et irréversible
Contrairement à la carie, la maladie parodontale, qui survient généralement à lâge adulte, n’est pas douloureuse et peut évoluer sans bruit jusqu’à ce que les dents perdent leur appui osseux et tombent finalement. Au collet de la dent, une fine membrane attache celle-ci à la gencive. Si un brossage efficace n’élimine pas suffisamment les bactéries qui colonisent ce sillon, elles vont se multiplier, favoriser l’arrivée d’autres bactéries, et cette colonisation va détruire progressivement cette membrane. D’où le caractère irréversible de la maladie parodontale.

Ces bactéries s’organisent spontanément en un « biofilm » qui forme la plaque dentaire. La seule façon de casser suffisamment ce biofilm résistant, c’est de se brosser les dents au moins deux fois par jour pendant 2 minutes, et de nettoyer l’espace interdentaire. Le premier signe qui doit alerter, c’est l’apparition d’un saignement au brossage : c’est ce qu’on appelle la gingivite. Cette gingivite initiale est encore réversible avec un brossage correct. Le brossage régulier des dents diminue significativement et même empêche cette adhésion bactérienne. Si ce saignement persiste, il faut absolument voir un dentiste, qui va proposer un traitement approprié. Dans tous les cas, un détartrage et un polissage tous les 06 mois permettent une gencive et dents saines. Autre signe d’alerte d cette maladie, une mauvaise odeur dans la bouche, encore appelée une halitose. Mais les gens consultent souvent trop tard, quand les dents bougent. D’où l’importance d’une consultation dentaire au moins une fois par an pour contrôler l’état de la bouche.

Le
diagnostic, tant de la carie que de la maladie parodontale, repose sur l’examen
clinique et radiographique des dents et leurs tissus de soutien. Ils sont
utiles surtout dans la détection précoce des maladies de la dent, la recherche
de foyers infectieux d’origine dentaire ou la mesure précise d’une carie. Carie, abcès ou maladie parodontale, quand l’infection le justifie doivent
bénéficier d’une prise en charge rigoureuse afin d’éviter des complications
graves.
Une
influence globale sur la santé
Les relations entre santé bucco-dentaire et santé
globale sont bien identifiées. On sait également qu’il existe des corrélations
entre maladies cardio-vasculaires et maladie parodontale, avec un risque plus
élevé de maladie cardio-vasculaire chez les sujets atteints de parodontite.
Le diabète prédispose à la maladie parodontale. Les
sujets diabétiques doivent donc être suivis de près sur le plan dentaire et
parodontal pour éviter qu’ils ne perdent leurs dents précocement. C’est une
relation à double sens: le diabète favorise la maladie parodontale et la
maladie parodontale aggrave le diabète. On a démontré qu’une bonne prise en
charge de la maladie parodontale chez le diabétique favorise un meilleur
équilibre glycémique.
L’idéal serait un examen bucco-dentaire systématique
dans toute maladie chronique grave, pour remettre aussi la bouche en état.
William O.
Article validé par Dr Georges
Tokofai, Chirurgien-Dentiste, Président de l’Ordre des dentistes du Togo, Directeur du Centre Dentaire International de Lomé (CDIL) et de l’Association
Togolaise pour la Santé Bucco-Dentaire (ATSBD)