Le Togo lance une étude d'envergure pour en finir avec la malnutrition
- Posted on 09/07/2025 10:25
- Film
- By kolaniyendoumiesther@gmail.com
Extrait de l'article: Le ministère en charge de la Santé et celui de l'Agriculture, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), ont procédé au lancement officiel de l'étude « Fill Nutrient Gap » (FNG), ou « Combler le déficit en nutriments », ce mardi 8 ..
Le ministère en charge de la Santé et celui de l'Agriculture, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), ont procédé au lancement officiel de l'étude « Fill Nutrient Gap » (FNG), ou « Combler le déficit en nutriments », ce mardi 8 juillet 2025 à Lomé. Elle vise à décrypter les causes profondes de la malnutrition et à élaborer des solutions concrètes afin d’améliorer durablement la santé et le bien-être des populations togolaises, en particulier les plus vulnérables.
Photo de la table d'honneur
Au
Togo, 70 % des enfants de 6-59 mois et 48 % des femmes en âge de procréer
souffrent de l'anémie liée à la carence en fer. 35 % des enfants en âge
préscolaire souffrent également des carences en vitamine A.
L'Objectif de Développement Durable 2 vise à éradiquer toutes les formes
de malnutrition d'ici 2030, et cette étude est un prérequis pour atteindre cet
objectif. Selon le Dr Bouraima Mouawiyatou, chef de la division de la nutrition
au ministère de la Santé et de l'Hygiène publique et coordinateur de l'enquête, « elle
part du constat selon lequel de nombreux Togolais, notamment les ménages
modestes, souffrent de carences significatives en vitamines, sels minéraux et
protéines, des éléments essentiels à une bonne santé. » Cette
situation a des répercussions graves sur le développement des enfants et la
santé des femmes enceintes, impactant ainsi le potentiel de croissance du pays.
Les
objectifs : comprendre et agir
L'étude
« Fill Nutrient Gap » se dote d'objectifs précis et ambitieux. Elle
ne se contentera pas d'identifier les nutriments manquants, mais analysera
également les facteurs socioculturels et économiques qui entravent un accès
adéquat à une alimentation saine. « Cette étude va permettre de relever
des obstacles et, en proposant des solutions à ces obstacles, on aidera la
population à améliorer sa situation nutritionnelle. Une part importante de
l'analyse portera sur le coût d'un panier alimentaire nutritif et sa
corrélation avec les revenus des ménages, afin de déterminer la proportion des
familles togolaises qui peuvent réellement s'offrir une alimentation saine et
diversifiée », précise Amouzou Kou’santa, professeur titulaire de
biochimie et nutrition des universités publiques du Togo et président de la
Société togolaise de nutrition.
Les résultats de l'étude serviront à informer et à orienter les politiques et programmes nationaux, assurant ainsi une meilleure coordination des actions en matière de nutrition.
Image partielle des participants aux différentes communications sur l’enquête
L'enquête
sur le terrain : une méthodologie rigoureuse
Le
processus de l'enquête FNG est déjà bien engagé. Un comité technique a été mis
en place par les ministères de la Santé et de l'Économie pour valider les
outils nécessaires à la collecte des données. Dès le jeudi 10 juillet, des
enquêteurs seront formés durant 3 jours, pour se rendre directement sur les
marchés locaux du 14 au 24 juillet, soit 10 équipes de binômes, une moyenne de
6 marchés par binôme. Leur mission consistera à collecter des informations sur
la disponibilité et les prix des produits alimentaires nutritifs. Les enquêtes
seront basées sur une liste de 204 aliments à collecter dans une période du 14
au 24 juillet 2025. « Notre attente, c'est qu'à partir de jeudi, les
deux ministères forment les enquêteurs qui vont descendre dans les marchés pour
collecter les informations. Et que le reste du processus se déroule bien, la
formation, la connaissance des données se passent bien, pour qu'à la fin, les
résultats qui vont être issus de cette enquête reflètent la réalité au niveau
du Togo. Dans tout le pays qu’on ait de vraies informations. » a
insisté le Dr Bouraima Mouawiyatou.
Cette
approche directe et collaborative permettra d'obtenir des données fiables et
représentatives de la situation nutritionnelle à l'échelle nationale, jetant
ainsi les bases d'interventions efficaces et durables pour réduire les carences
en micronutriments.
Esther KOLANI