Clôture RAPO 2025 : augmenter les lignes budgétaires pour la planification familiale
- Posted on 20/12/2025 18:40
- Film
- By raymonddzakpata@sante-education.tg
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La cérémonie de clôture sobre mais hautement symbolique, a été marquée par des reconnaissances, des recommandations fortes et des appels clairs à l’action collective. Elle a été présidée par Dr Wotobé Kokou, Secrétaire général du ministère en charge de la santé.
Photo des officiels lors de la cérémonie de clôture
Les
discussions ont permis d’identifier des leviers concrets, notamment la
sécurisation des lignes budgétaires nationales, l’intégration des DSSR dans la
couverture sanitaire universelle, l’implication accrue des collectivités
territoriales, la mobilisation du secteur privé et le renforcement de la
redevabilité.
Recommandations
issues de la RAPO 2025
La
synthèse des travaux de la RAPO 2025 a mis en évidence une série de
recommandations fortes, appelées à marquer un tournant décisif vers une
véritable souveraineté sanitaire des pays du Partenariat de Ouagadougou. Les
participants ont unanimement souligné la nécessité de créer et d’augmenter
durablement des lignes budgétaires dédiées à la planification familiale au
niveau national, afin de réduire la dépendance aux financements extérieurs.
Cette dynamique doit s’accompagner d’un élargissement des sources de
financement, en accroissant la participation du secteur privé, des
collectivités territoriales et des acteurs hors du secteur de la santé, dans
une logique de partage de responsabilités et de pérennité financière.
Les travaux ont également recommandé l’adoption d’innovations financières, notamment des mécanismes tels que les obligations à impact et d’autres outils adaptés aux contextes nationaux, capables de mobiliser des ressources nouvelles et d’attirer des investissements durables. Pour soutenir ces réformes, des plaidoyers de haut niveau devront être conduits dans chaque pays afin de renforcer la mobilisation politique et sociale autour des droits et de la santé sexuelle et reproductive. Le renforcement des mécanismes de redevabilité a été identifié comme un levier essentiel pour améliorer la transparence, l’efficacité des dépenses publiques et la mobilisation accrue des ressources domestiques.
Vue partielle de l'assistance
Par
ailleurs, la RAPO 2025 a insisté sur l’importance de consolider le
positionnement des DSSR dans les priorités nationales, tout en améliorant la
performance dans l’exécution budgétaire, afin que les engagements se traduisent
en services concrets et équitables pour les populations. Les participants ont
également reconnu la jeunesse comme un atout démographique majeur, appelant au
renforcement des mécanismes existants pour mieux répondre à ses besoins
spécifiques. Enfin, l’intégration continue des besoins des minorités dans les
politiques et programmes de DSSR, ainsi que leur participation effective aux
processus décisionnels, a été réaffirmée comme une condition indispensable pour
ne laisser personne de côté et garantir des progrès durables et inclusifs.
La
voix des jeunes et des communautés religieuses
Dans sa prise de parole, Mme Dorcas Essilvi, Point Focal Jeune PO/FP2030 pour le Togo, a rappelé que la durabilité des engagements passe inévitablement par une implication réelle des jeunes, non seulement comme bénéficiaires, mais comme acteurs du changement. Elle a insisté sur la nécessité de mécanismes de financement inclusifs, sensibles aux besoins des adolescents et des jeunes, en particulier des filles.
Dorcas Essilvi, Point Focal Jeune PO/FP2030 au Togo
De
son côté, le Prof Bouraima Boukari, Président de l’Association des Confessions
Religieuses du Togo en Santé et Développement, a souligné le rôle stratégique
des leaders religieux dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive.
Il a plaidé pour un dialogue permanent entre décideurs, communautés et
confessions religieuses afin de lever les résistances socioculturelles et
favoriser une appropriation communautaire durable des programmes de
planification familiale.
Un
cap clair pour l’avenir
A l'issue des travaux de la RAPO 2025, Lomé s’impose comme un espace de vérité, de courage politique et de responsabilité partagée. Plus qu’une rencontre annuelle, cette édition aura posé les bases d’une nouvelle phase du Partenariat de Ouagadougou, celle où les engagements se mesurent à l’aune des ressources mobilisées, des résultats obtenus et de l’impact réel sur la vie des femmes, des filles et des communautés. La RAPO 2025 se ferme, mais le chantier de la souveraineté sanitaire, lui, ne fait que commencer.
Pour Marie Ba, Directrice de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou, a salué le courage collectif des participants face aux défis actuels. « Dans un contexte de contraction des financements internationaux, nous avons fait le choix de ne pas céder au découragement, mais d'ouvrir un débat lucide et ambitieux sur l'avenir des financements des DSSR dans nos pays », a-t-elle déclaré.
Marie Ba, Directrice de l'UCPO
Selon
la Directrice de l’UCPO, le message issu de Lomé est sans équivoque. « La
durabilité de nos progrès passera par une appropriation nationale renforcée et
par une accélération résolue du financement domestique. La santé reproductive
n'est pas un luxe mais un pilier de développement, de l'égalité de genre et de
la stabilité de nos sociétés », a-t-elle affirmé.
Pour Dr Wotobé Kokou, Secrétaire général représentant le Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique, de la Couverture Sanitaire Universelle et des Assurances, a souligné la portée stratégique des échanges tenus à Lomé. « Les panels ont mis en évidence une conviction partagée. La souveraineté sanitaire commence par un engagement financier endogène, fort et assumé. », a-t-il souligné.
Quelques pays non membres du Partenariat de Ouagadougou, (Madagascar, Nigéria, Zimbabwé, Burundi), ont participé à cette RAPO 2025.
Raymond DZAKPATA