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Situation sanitaire dans le district d’Agoè-Nyivé : Interview du Dr Lakté-Adassou Pni-pè, Directrice Préfectorale de la Santé d’Agoè-Nyivé

Situation sanitaire dans le district d’Agoè-Nyivé : Interview du Dr Lakté-Adassou Pni-pè, Directrice Préfectorale de la Santé d’Agoè-Nyivé
Extrait de l'article: « Le district sanitaire d’Agoè-Nyivé affiche des indicateurs encourageants en matière d’accessibilité aux soins, avec un taux estimé à 82 % lorsqu’on intègre l’ensemble des acteurs du système de santé. » La directrice préfectorale du district...

« Le district sanitaire d’Agoè-Nyivé affiche des indicateurs encourageants en matière d’accessibilité aux soins, avec un taux estimé à 82 % lorsqu’on intègre l’ensemble des acteurs du système de santé. »

 

La directrice préfectorale du district sanitaire d’Agoè-Nyivé, Dr Lakté-Adassou Pni-pè dresse un état des lieux détaillé de l’accès aux soins, des priorités sanitaires, des pathologies les plus fréquentes et des réformes engagées pour améliorer la prise en charge des populations dans le district d’Agoè-Nyivé.

Santé-Education : Les populations d’Agoè-Nyivé ont-elles un accès réel et facile aux soins de santé ?

Dr Lakté-Adassou Pni-pè : Oui, nous pouvons affirmer que les populations d’Agoè-Nyivé ont un accès relativement facile aux services de santé.

Pendant longtemps, le taux d’accessibilité était calculé uniquement sur la base des formations sanitaires publiques. Or, cette méthode ne reflétait pas toute la réalité du terrain. En effet, les structures sanitaires du secteur privé, les structures sanitaires confessionnelles et celles des ONGs et associations ainsi que les cabinets d’infirmiers jouent un rôle extrêmement important dans l’offre de soins.

Aujourd’hui, lorsque nous prenons en compte l’ensemble des structures sanitaires du district, nous recensons 90 formations sanitaires. Sur ces 90 structures, seulement 9 sont publiques, auxquelles s’ajoute l’hôpital de référence Dogta-Lafiè. Cela signifie qu’environ 80 formations sanitaires relèvent du secteur privé, confessionnel ou associatif.

Ces structures participent activement à la prise en charge sanitaire des populations. En les intégrant dans le calcul de l’accessibilité géographique, nous estimons que le taux d’accès aux soins est passé de 40 à 82%. On peut donc dire que, globalement, la population bénéficie d’un accès relativement satisfaisant aux services de santé.

Quels sont les besoins prioritaires pour une bonne gestion de la santé publique dans votre district ?

Les priorités sont claires. Le renforcement des ressources humaines, car le personnel qualifié reste insuffisant dans plusieurs formations sanitaires. Il y a aussi la prévention des maladies, notamment à travers la vaccination et le développement de la santé communautaire, qui permet de rapprocher les soins des populations. La disponibilité des médicaments et l’accès aux soins de qualité sont également des priorités.

Ces axes constituent les piliers d’une gestion efficace et durable de la santé publique au niveau du district.

Quelles sont les pathologies les plus fréquentes dans le district ?

Le paludisme, première cause de consultation et d’hospitalisation, occupe la première place des pathologies diagnostiquées et traitées dans le district, qu’il s’agisse de paludisme simple ou grave car nous sommes en zone endémique.

Les infections respiratoires aiguës arrivent en deuxième position et touchent particulièrement les enfants de moins de cinq ans. Chez ces derniers, ces infections peuvent évoluer vers des formes graves et parfois mortelles, d’où la nécessité d’une prise en charge rapide.

Les maladies diarrhéiques sont souvent liées aux défis en matière d’hygiène et d’assainissement de base. Certaines communes du district sont plus exposées à ces problèmes. Ce qui favorise la survenue d’épisodes diarrhéiques surtout le choléra.

Les anémies et autres infections, souvent associées au paludisme ou à des carences nutritionnelles, figurent également parmi les pathologies récurrentes.

Quel est l’état de la santé maternelle et infantile dans votre district ?

Nous pouvons dire que la santé de la mère et de l’enfant se porte globalement bien, grâce aux programmes mis en place par l’État.

Le programme d’accompagnement de la femme enceinte « Wezou » : Un programme spécifique accompagne la femme enceinte depuis la grossesse jusqu’à l’accouchement. Ce dispositif soulage considérablement les charges financières des femmes enceintes.

Dans ce cadre, les consultations prénatales sont prises en charge. Les échographies sont couvertes et l’accouchement est subventionné. Plusieurs analyses médicales sont gratuites.

Il reste une contribution modique à la charge de la patiente, puisque l’essentiel des frais est supporté par l’État.

La vaccination et la prévention : Le programme élargi de vaccination protège les enfants dès la naissance ainsi que les femmes enceintes. En 2025, de nouveaux vaccins, dont le vaccin antipaludique, ont été introduits.

La prise en charge du paludisme simple est gratuite pour les femmes enceintes, pour les enfants de moins de cinq ans et est élargie à l’ensemble de la population, du diagnostic au traitement.

Des moustiquaires imprégnées sont également distribuées gratuitement aux femmes enceintes et aux nouveau-nés lors de leur première vaccination, en plus des campagnes de distribution de masse organisées périodiquement.

Malgré ces avancées, un défi majeur persiste : beaucoup de femmes ignorent encore l’existence de ces programmes.

La fréquentation des centres augmente, mais il reste un travail important de sensibilisation afin que toutes les femmes sachent qu’elles peuvent bénéficier d’une prise en charge largement subventionnée.

Le district a connu des difficultés liées au manque de personnel. La situation s’est-elle améliorée ?

Oui, même si l’évolution n’est pas aussi rapide que souhaitée. Le district a bénéficié  du personnel affecté du Ministère.

Plusieurs problèmes ont été partiellement résolus, notamment la réduction des perdus de vue en vaccination et en consultation prénatale, l’amélioration du suivi des maladies transmissibles.

Pour pallier au reste du déficit en ressources humaines, le district a recours aux volontaires nationaux de l’ANVT, aux stagiaires qualifiés, à des conventions de prestations temporaires.

Ces mesures ont permis d’améliorer la prise en charge des patients, mais le renforcement durable en personnel reste une priorité.

Comment se déroule la mise en œuvre de l’Assurance Maladie Universelle (AMU) ?

La dynamique a commencé il y a plusieurs années avec l’INAM. Les agents de santé maîtrisent donc déjà les circuits administratifs et les procédures de prise en charge.

L’AMU-CNSS, introduite il y a plus de deux ans, fonctionne pleinement dans le district.

Elle a permis d’augmenter la fréquentation des centres de santé, d’améliorer la qualité de la prise en charge et l’orientation des patients vers les formations sanitaires agréées disposant de personnel qualifié.

En effet, les patients assurés ne sont remboursés que s’ils consultent dans des structures agréées. Cela contribue à lutter contre les formations sanitaires non autorisées.

Aujourd’hui, l’enjeu principal reste l’enrôlement des populations vulnérables, un processus déjà entamé et appelé à s’intensifier.

Propos recueillis par Raymond DZAKPATA

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

« Le district sanitaire d’Agoè-Nyivé affiche des indicateurs encourageants en matière d’accessibilité aux soins, avec un taux estimé à 82 % lorsqu’on intègre l’ensemble des acteurs du système de santé. » La directrice préfectorale du district...

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