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Femmes togolaises : se soigner sans se ruiner, enfin possible ?

Femmes togolaises : se soigner sans se ruiner, enfin possible ?
Extrait de l'article: La Journée internationale des droits des femmes est célébrée le 8 mars de chaque année. Les droits des femmes ne se limitent ni aux discours ni aux célébrations. Parmi ces droits, il en est un qui conditionne tous les autres, c’est le droit à la...

La Journée internationale des droits des femmes est célébrée le 8 mars de chaque année. Les droits des femmes ne se limitent ni aux discours ni aux célébrations. Parmi ces droits, il en est un qui conditionne tous les autres, c’est le droit à la santé. Au Togo, ce droit est inscrit dans la loi. Le Togo réaffirme l’importance du droit à la santé pour toutes les femmes, un droit non seulement légalement garanti, mais aussi essentiel pour la dignité, l’autonomie et l’égalité des genres. Mais entre les textes et la réalité quotidienne des femmes, le chemin reste exigeant.

La Constitution togolaise en son article 34 affirme que l’État œuvre à promouvoir la santé de tous les citoyens. Les femmes, y compris dans leurs besoins spécifiques dont la santé reproductive, la maternité, la prévention des maladies, sont pleinement concernées.

Au-delà de la Constitution, plusieurs textes renforcent cette reconnaissance, la loi instituant l’Assurance Maladie Universelle (AMU) en 2021, visant à garantir une couverture santé à toute la population. La ratification par le Togo de la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des Femmes, qui engage l’État à éliminer toute discrimination dans l’accès aux soins.

Accès aux soins

Pendant longtemps, l’un des obstacles majeurs pour les femmes togolaises, surtout en milieu rural ou dans le secteur informel, a été le coût des soins.

Depuis janvier 2024, la mise en œuvre progressive de l’AMU marque un tournant. Fondée sur le principe de solidarité et de mutualisation des risques, elle propose un panier de soins incluant les consultations médicales, les médicaments essentiels, les hospitalisations, les soins maternels et infantiles

L’extension en 2025 aux travailleurs non-salariés constitue une avancée majeure. Les commerçantes, agricultrices, artisanes, nombreuses parmi elles, peuvent désormais bénéficier d’une protection sociale longtemps réservée aux salariés.

Lors du lancement officiel pour les non-salariés en octobre 2025, Ingrid Awade, Directrice générale de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, déclarait, « Aujourd’hui, plus aucun travailleur non salarié ne sera laissé pour compte face aux aléas de la vie. La solidarité devient action, la protection sociale devient réalité. »

Le dispositif repose sur une cotisation flexible, 10 000 FCFA par mois, 28 500 FCFA par trimestre, 54 000 FCFA par semestre, 102 000 FCFA par an. Il couvre six ayants droit et inclut soins préventifs, curatifs, hospitaliers, ainsi qu’une prise en charge partielle des analyses et médicaments essentiels. Une période de carence de 90 jours s’applique avant l’accès aux prestations. En cas de non-paiement pendant deux mois, les droits sont suspendus.

Impact réel pour les femmes

La directrice exécutive de l’association SEFECTO (Solidarité pour l’Épanouissement des Femmes Commerçantes du Togo), Mme Aflimba Johnson-Comlan Cataria, montre que cette réforme change la donne : « Pour nous, femmes commerçantes, cela signifie une couverture plus large des soins et une meilleure intégration des travailleuses du secteur informel dans la politique nationale de santé. »

« Grâce à cette assurance, une commerçante malade n’aura plus à choisir entre se soigner et nourrir ses enfants. (…) Mais au-delà des soins, l’assurance maladie est un levier d’émancipation. », ajouta-t-elle.

Car la santé n’est pas qu’une question médicale. Elle est économique, sociale, politique. Une femme en bonne santé travaille, investit, éduque, participe à la vie publique.

Les défis persistants

Malgré ces progrès, des défis demeurent. Le montant des cotisations de l’AMU TNS représente un véritable défi pour de nombreuses femmes commerçantes, agricultrices ou transformatrices agroalimentaires dont les revenus sont irréguliers et parfois saisonniers. Pour une vendeuse de marché dont les bénéfices fluctuent selon les périodes, dégager 10 000 FCFA chaque mois peut constituer un effort considérable, surtout dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie. À cela s’ajoute la période de carence de 90 jours, qui peut décourager certaines adhérentes potentielles, notamment celles confrontées à des besoins médicaux immédiats.

Par ailleurs, la santé des femmes ne se limite pas à la maternité. Elle inclut la santé mentale, la prévention des cancers féminins, la lutte contre les violences basées sur le genre, l’accès à l’information en santé reproductive.

Le droit existe. Mais son effectivité dépend de la continuité des réformes, du financement durable et de la sensibilisation.

Le 8 mars : au-delà des slogans

Célébrer le 8 mars au Togo, c’est reconnaître que des pas importants ont été franchis. Mais c’est aussi accepter que le combat continue. La santé des femmes n’est pas une faveur. Ce n’est pas un privilège. C’est un droit fondamental. Et un pays qui protège la santé de ses femmes protège son avenir.

Raymond DZAKPATA

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

La Journée internationale des droits des femmes est célébrée le 8 mars de chaque année. Les droits des femmes ne se limitent ni aux discours ni aux célébrations. Parmi ces droits, il en est un qui conditionne tous les autres, c’est le droit à la...

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