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Dépigmentation : risque de cancer de la peau

Dépigmentation : risque de cancer de la peau
Extrait de l'article: Pratique largement répandue en Afrique, la dépigmentation volontaire de la peau, communément appelée « blanchiment », constitue un véritable problème de santé publique. Motivée par des considérations esthétiques et socioculturelles, elle expose pourt

Pratique largement répandue en Afrique, la dépigmentation volontaire de la peau, communément appelée « blanchiment », constitue un véritable problème de santé publique. Motivée par des considérations esthétiques et socioculturelles, elle expose pourtant des millions de personnes à des risques graves, dont le cancer de la peau.

Selon des données relayées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en Afrique sub-saharienne, 25 à 96% des femmes utilisent les produits de dépigmentation volontaire, avec des taux encore plus élevés dans certains pays comme le Nigéria (77 %). Au Togo l’une des études scientifiques les plus connues, publiée en 1998 dans la revue Médecine d’Afrique Noire, a porté sur 910 femmes âgées de 15 à 56 ans à Lomé. Elle a révélé que 536 femmes, soit 58,9 %, utilisaient des produits dépigmentants. Ces produits agissent en réduisant la production de mélanine, pigment naturel qui protège la peau contre les rayons ultraviolets.

Des produits dangereux pour la santé

Les substances les plus utilisées dans les produits dépigmentants sont l’hydroquinone, les corticoïdes et les dérivés mercuriels. Bien qu’efficaces pour éclaircir la peau, ces composants sont associés à de nombreux effets secondaires.

Parmi les conséquences les plus fréquentes, on observe l’amincissement de la peau, les infections cutanées, les vergetures irréversibles, les troubles hormonaux et métaboliques. Parmi les femmes utilisatrices à Lomé, 69,2 % présentaient des effets secondaires dermatologiques : acné sévère, vergetures, infections cutanées, taches noires et retard de cicatrisation. L’utilisation prolongée peut également entraîner une destruction des mélanocytes, cellules responsables de la pigmentation.

Dépigmentation et cancer de la peau

La mélanine joue un rôle indispensable de barrière naturelle contre les rayons UV. Sa diminution rend la peau beaucoup plus vulnérable aux agressions extérieures.

Plusieurs études et observations cliniques en Afrique montrent que la dépigmentation augmente significativement le risque de cancer cutané et favorise l’apparition de carcinomes, notamment épidermoïdes.

Chez les peaux noires, 38% des cancers de la peau ont été favorisés par la dépigmentation artificielle. Cette dernière ayant occasionné une destruction des défenses immunitaires expose doublement la peau aux attaques climatiques et au développement des cellules cancéreuses. D’après l’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (AIIDA), sept types de carcinomes épidermoïdes ont déjà été identifiées comme résultant de la dépigmentation artificielle par utilisation de l’hydroquinone et des corticoïdes.

En fragilisant la peau, ces produits facilitent aussi les lésions chroniques, qui peuvent évoluer vers des formes cancéreuses.

Conséquences psychologiques et sociales

Au-delà des effets physiques, la dépigmentation peut entraîner une dépendance aux produits, une altération de l’image de soi, des troubles psychologiques, voire une dépression. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte de pression sociale valorisant les peaux claires.

Un enjeu urgent de santé publique

Face à l’augmentation des cas de complications, les experts appellent à renforcer la sensibilisation des populations, mieux réglementer les produits cosmétiques. Il faut encourager l’acceptation de la diversité des teints

La dépigmentation, loin d’être un simple choix esthétique, constitue un facteur de risque évitable de cancer de la peau en Afrique. Informer et prévenir restent les meilleures armes pour protéger la santé des populations.

Raymond DZAKPATA (Source : « Association Internationale d’Information sur la Dépigmentation Artificielle (AIIDA) »

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Abel OZIH

Pratique largement répandue en Afrique, la dépigmentation volontaire de la peau, communément appelée « blanchiment », constitue un véritable problème de santé publique. Motivée par des considérations esthétiques et socioculturelles, elle expose pourt

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