4es Assises Africaines de Dermatologie : l’Afrique mise sur l’expertise et l’innovation
- Posted on 16/09/2026 11:13
- Film
- By raymonddzakpata@sante-education.tg
Extrait de l'article: Les 4es Assises Africaines de Dermatologie se tiennent les 14 et 15 septembre 2026 à Lomé. Organisées par la Fondation Pierre Fabre, en collaboration avec la Société Togolaise de Dermatologie et des Infections Sexuellement Transmissibles (SOTODERM)..
Les
4es Assises Africaines de Dermatologie se tiennent les 14 et 15 septembre 2026
à Lomé. Organisées par la Fondation Pierre Fabre, en collaboration avec la
Société Togolaise de Dermatologie et des Infections Sexuellement Transmissibles
(SOTODERM), elles réunissent des dermatologues, médecins généralistes,
chercheurs, acteurs de santé publique et partenaires autour des enjeux liés à
la santé de la peau en Afrique.
Après Bamako en 2017, Lomé en 2019 et Abidjan en 2022, cette quatrième édition entend renforcer le partage d’expériences, la formation des professionnels et la recherche, tout en favorisant des solutions adaptées aux réalités africaines.
Table des officiels
Pour
la Fondation Pierre Fabre, engagée depuis plusieurs années dans l’amélioration
de l’accès aux soins et aux médicaments de qualité dans les pays du Sud, ces
Assises vont au-delà d’un simple rendez-vous scientifique. « Nous souhaitons
favoriser le développement des compétences, permettre le partage des
expériences et rapprocher les différents acteurs, pour faire émerger ensemble
des réponses adaptées aux besoins du continent africain », a souligné le Pr
Serge Resnikoff, administrateur et président du Comité scientifique de la
Fondation Pierre Fabre.
Un
enjeu de santé publique
La
reconnaissance des maladies de la peau comme enjeu de santé publique, notamment
à travers la résolution WHA78.15 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS),
donne une portée particulière à cette rencontre.
Pour
Jean-Marie Tessi, ministre en charge de la Santé au Togo, cette reconnaissance
doit désormais se traduire dans les pratiques. « Il ne saurait y avoir de
couverture véritablement universelle si certaines pathologies, certaines
populations ou certains territoires demeurent en marge de l’accès à des soins
de qualité », a-t-il déclaré.
La
dermatologie ne concerne en effet pas uniquement la santé physique. « Une
affection cutanée peut provoquer la douleur, l’exclusion, la stigmatisation et
une profonde détresse psychologique », a rappelé le ministre, soulignant
que soigner la peau revient aussi à restaurer la confiance et la dignité des
patients.
Face
au poids des maladies dermatologiques en Afrique subsaharienne et au manque de
spécialistes, les participants plaident pour une meilleure intégration des
soins dermatologiques dans les soins de santé primaires, le renforcement des
compétences des personnels de santé et un accès plus équitable à l’expertise.
Le
défi du manque de dermatologues
Au
Togo, le déficit en spécialistes reste particulièrement marqué. Le pays compte
24 dermatologues pour environ huit millions d’habitants, soit environ un
dermatologue pour 400 000 habitants. La majorité est concentrée à Lomé : 17
dermatologues y exercent, contre deux à Tsévié, quatre à Kara et un à Dapaong.
Pour Dr Raymond Barruet, président par intérim de la SOTODERM, cette situation justifie le développement de solutions permettant de rapprocher l’expertise des populations. Depuis 2018, la SOTODERM bénéficie ainsi de l’accompagnement de la Fondation Pierre Fabre pour un projet de télédermatologie couvrant le pays, à l’exception de la région Lomé-Commune où l’offre spécialisée est disponible. En huit ans, le projet a permis de former 202 agents de santé à la prise en charge des dermatoses courantes, de fournir un avis d’expert sur 4 395 cas transmis via la plateforme de télédermatologie Bogou et de prendre en charge 52 599 cas de dermatoses courantes sur les sites de télédermatologie.
Vue partielle des participants lors de la cérémonie d'ouverture
Le
partenariat porte également sur la prise en charge des personnes atteintes
d’albinisme. Sept campagnes de consultations foraines ont permis, entre 2019 et
2023, de consulter 1 362 personnes atteintes d’albinisme. La file active compte
actuellement 135 personnes.
Télé-expertise,
intelligence artificielle et formation
Les
Assises accordent une place importante aux innovations technologiques,
notamment à la télé-expertise et à l’intelligence artificielle. Ces outils
pourraient contribuer à améliorer l’aide au diagnostic, le dépistage précoce et
l’orientation des patients, particulièrement dans les zones éloignées des
spécialistes.
«
La distance ne doit plus condamner un patient à l’errance diagnostique ni
retarder sa prise en charge », a insisté le ministre
de la Santé.
Le
programme comprend également des conférences, tables rondes et ateliers
pratiques consacrés à la dermatopathologie, la chirurgie dermatologique, la
dermoscopie et la recherche clinique. Pour le Pr Emmanuel Armand Kouotou,
président de la Société de Dermatologie d’Afrique Francophone (SODAF), ces
Assises constituent un important cadre d’information, de formation médicale
continue et de partage d’expériences. Elles permettront également de faire le
point sur les expériences de télédermatologie menées notamment au Mali, en
Mauritanie et au Togo.
Raymond DZAKPATA