L’autisme chez les enfants : signes d’alerte
- Posted on 19/04/2023 16:25
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Il est crucial de décrire les signes de l'autisme chez les enfants pour comprendre cette affection. Selon les critères diagnostics rappelé par Mme Adiel Lotri, ergothérapeute spécialisée en santé mentale et diplômée de l’Université Claude Bernard de
Il est
crucial de décrire les signes de l'autisme chez les enfants pour comprendre
cette affection. Selon les critères diagnostics rappelé par Mme Adiel Lotri,
ergothérapeute spécialisée en santé mentale et diplômée de l’Université Claude
Bernard de Lyon (France), étant donné l'absence d'examens complémentaires pour
établir un diagnostic, comme les tests sanguins ou d'imagerie, on doit se baser
sur les signes et symptômes.
Selon
l’Organisation Mondiale de la Santé, 1 enfant sur 160 est atteint de trouble du
spectre de l’autisme (TSA) dans le monde. A Lomé, selon l’Association Togo
Merveilles et Mystères (ATMM), environ 2000 enfants vivraient aujourd’hui avec
des troubles du spectre autistique, selon les estimations actuelles. Ce trouble
neurodéveloppemental, qui impacte principalement les garçons (quatre fois plus
que les filles) engendre des difficultés dans les domaines de la communication,
des relations sociales et du comportement.
Qu’est-ce
que l’autisme ?
Le troubles du spectre de l’autisme (TSA) est « un ensemble de troubles du développement qui présentent quelques caractéristiques communes. Les causes de ces troubles ne sont pas connues avec certitude. Des problèmes génétiques et environnementaux ont été associés dans certains cas, mais les recherches se poursuivent pour mieux déceler les causes », explique Mme Adiel Lotri, Ergothérapeute en santé mentale. Aujourd’hui, on ne peut pas non plus affirmer avec certitude qu’un facteur en particulier en est la cause, indique-t-elle.
Adiel Lotri
Interviewée lors d’une séance de
sensibilisation menée par l’association Autisme Togo merveille et mystère
(ATMM) le 06 avril 2024, Dr Rissikatou Salifou
Ouro-Sama, psychologue clinicienne au centre de santé Saint-Jean-de-Dieu
d’Agoè, à Lomé, rencherit : «
l’autisme, c’est un trouble neurodeveloppemental, c’est-à-dire que le cerveau
se développe différemment chez le fœtus ce qui donne des signes très tôt chez
l’enfant dont les premiers sont décelable à partir de 9 mois d’âge (par exemple
l’absence de réponse au sourire) . C’est un trouble du développement
caractérisé par un développement anormal ou déficient. L’autisme n’est pas une
maladie. Les facteurs génétique et environnemental sont souvent à la base ».
Comment se manifeste ce handicap chez les enfants ?
Mme Adiel Lotri précise qu’il existe trois domaines touchés par
l’autisme : le comportement social, l’intérêt restreint et la communication.
« Les symptômes de l’autisme chez
les enfants apparaissent avant 3 ans. Par conséquent, il s’agit
essentiellement d’un trouble du développement. L’autisme affecte différents
aspects du quotidien de la personne et même de son entourage.. Les troubles du
spectre de l'autisme ne se diagnostiquent pas à partir d'examens en laboratoire
», souligne-t-elle.
Une communication difficile
Les enfants souffrant du trouble du
spectre autistique présentent des problèmes de communication. « Ils ont du mal à interagir avec leur
entourage. On distingue donc les autistes verbaux et les autistes non verbaux.
Certains autistes acquièrent le langage oral tandis que le deuxième groupe émetquelques
sons propres à eux », décrit Mme Lotri.
Au cours d’une séance de sensibilisation menée par l’Association togolaise pour l’éducation et l’insertion des personnes avec déficience intellectuelle (ATEIPDI), en collaboration avec le centre « Lumière » le 2 avril 2023 sur le terrain du Lycée Moderne 2 d’Adidogomé, Mme Jémila, mère d’un enfant autiste a livré un témoignage « passionnant » : « Quand nous avons appris que notre fils, était autiste, tout un monde s’est écroulé autour de nous. Ce qui était le plus difficile, c’était l’absence de communication. J’aurais tout donné pour qu’il me dise simplement « maman » ou pour qu’il me regarde dans les yeux. Il criait parfois sans raison apparente, et je ne savais pas s’il avait faim, mal, ou peur. Mais grâce aux thérapies, nous avons appris à communiquer autrement : avec des gestes, des images, des pictogrammes ».

La psychologue Dr Bêkeyi Agathe Sogoyou, experte
dans l’accompagnement des élèves en difficultés scolaires/en situation de
déficience intellectuelle et/ou avec le TSA souligne que l’expression du visage
est également caractéristique, plutôt neutre et sans grande gestuelle qui
l’accompagne. « Il devient alors
difficile pour les parents d’interpréter ce qu’ils ressentent. Certains enfants
connaissent parfaitement leur prénom, mais ne répondent pas quand on les
appelle. Parfois, les adultes pensent que cela est lié à une problématique
auditive et consultent alors un
oto-rhino-laryngologiste ».
D’autres fois, les enfants
prennent l’habitude de répéter constamment un mot ou la fin d’une phrase qu’ils
viennent d’entendre, même s’ils ont reçu une réponse satisfaisante ou obtenu
l’objet désiré, fait remarquer Mme Lotri. « En
réalité, ils ne le font pas pour recevoir une réponse, mais parce que cela fait
partie de leurs conduites répétitives », indique l’ergothérapeute.
Le manque d’interaction sociale
Les troubles du spectre autistique
présentent comme principal symptôme le manque d’interaction sociale. La spécialiste
Adiel Lotri montre que l’enfant semble effectivement déconnecté de la réalité
qui l’entoure et ne s’intéresse pas à son environnement ou juste à un seul et
même objet.
Par ailleurs, le regard est assez « caractéristique ». L’un
des symptômes de l’autisme réside dans « le
fait de ne pas partager son attention avec une autre personne sur un même objet
ou une même situation, en plus de dévier le regard sur les côtés pour certains
dans des situations qui impliqueraient un contact direct. Certains de ces
enfants n’apprécient pas les gestes d’affection, tels que les câlins. Ils rejettent ces rapprochements, y compris
avec des gestes violents s’ils le jugent nécessaire », montre l’ergothérapeute.
Le
jeu des enfants atteints de troubles du spectre autistique est solitaire. « Il leur est très difficile d’établir
des routines de jeu avec les autres enfants. En outre, le jeu personnel est
répétitif, toujours de la même manière et toujours avec les mêmes jouets qu’ils
ont choisis dès le début », fait savoir Mme Essénam Laboé, assistante
d’enfant en situation de handicap (AESH) au Cours Lumière (Lomé). .
Un comportement anormal
Les comportements des enfants autistes sont étranges pour leur entourage. « En effet, ils effectuent des
activités que les autres ne feraient pas et attribuent des fonctions
à des choses qui sont hors de la norme conventionnelle. Les jouets qu’ils
choisissent sont dotés d’une fonction différentielle, et ils peuvent jouer avec
une seule partie du jouet sans utiliser l’ensemble. Bien évidemment, le jeu est
répétitif et monotone », réitère Mme Essénam Laboé, AESH.
Le balancement est un autre signe qu’on
retrouve chez certains autistes. « Les
enfants réalisent des mouvements d’avant en arrière, sur place et parfois
pendant des heures. Ce comportement peut s’accompagner d’une vision
perdue dans l’infini, toujours dans la même direction. D’autre part, le
changement des routines constitue un véritable problème », précise Mme
Lotri.
Par ailleurs, Dr Bêkeyi Agathe Sogoyou, la
vie de l’enfant autiste s’organise autour de rituels et de répétitions qui se
transforment en crises au moindre changement. L’enfant peut même avoir des
accès de violence.
Être attentifs aux signes
Si
les parents sont attentifs à la détection des symptômes de l’autisme, et que
les professionnels de santé sont capables d’orienter le diagnostic, il sera
plus facile d’aborder le traitement. En
outre, Dr Koffi Yaboué, président de l’Association togolaise pour l'éducation
inclusive des personnes déficientes intellectuelles (ATEIPDI) recommande qu’il
faut donner aux enseignants des outils leur permettant d'identifier les cas
suspects pour une éventuelle prise en charge précoce. « Les enseignants doivent être attentifs aux comportements des enfants
et attirer l'attention des parents sur les cas suspects et les inciter à
consulter les spécialistes pour un diagnostic. Nous pensons que c'est au niveau
des écoles, qu'on peut détecter tôt ces enfants. Le message important c'est
l'acceptation de la différence et dire non à la stigmatisation de ces enfants
autistes », a-t-il souligné, lors d’une séance de sensibilisation à
l’endroit des enseignants de l’Ecole primaire publique (EPP) de Sagbado, le 02
avril 2025, autour du thème : « je suis autiste et j’ai aussi droit à
l’éducation. Non à la stigmatisation et à la discrimination ».
Plus tôt on reconnaît les signes
de l’autisme, mieux on peut soutenir l’enfant. Chaque
enfant autiste peut apprendre, progresser, communiquer et s’intégrer, si on
l’accompagne. Le plus important est de créer un
environnement compréhensif, inclusif, patient et bienveillant, en famille comme
à l’école.
William O.