« Zanguera Gbé » : antibiotique, antipalu et vermifuge
- Posted on 07/02/2023 17:34
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Le bois perdrix ou le casse du Siam appelé communément en Ewé « Zanguera tsi », est une plante tropicale ou un petit arbre à feuilles persistantes qui pousse très rapidement. Les feuilles sont vertes jaunâtres, la floraison se situe à la saison chaud
Le bois perdrix ou le casse du Siam appelé communément en Ewé « Zanguera
tsi », est une plante tropicale ou un petit arbre à feuilles persistantes qui
pousse très rapidement. Les feuilles sont vertes jaunâtres, la floraison se
situe à la saison chaude et fournit des fleurs jaunes. C'est une
plante médicinale traditionnelle qui a des vertus antibactériennes, anti-inflammatoires, vermifuges et analgésiques.
Feuilles,
écorce de tronc et de racines, racines et fleurs de Zanguera tsi ou cassiia siamea sont
les parties utilisées en médecine traditionnelle. Au terme des travaux de l’ « Etude
de la phytochimie et des activités biologiques des feuilles de Cassia siamea
Linn&Bar (Caesalpiniaceae) utilisées dans le traitement traditionnel du
paludisme au Togo », thèse présentée et soutenue publiquement le 28
Juillet 2011 par Mlle Ama Yesunyo Ahonsou, il
ressort que les feuilles de Cassia siamea possèdent de véritables atouts : « la
poudre de feuilles de Cassia siamea est bien conservable ; beaucoup de ses
constituants passent dans l’eau, c’est ce qui justifie l’efficacité des formes
de préparation traditionnelles (décocté, infusé) ; ses extraits sont riches en
composés polyphénoliques (flavonoïdes, tanins, stérols et triterpènes) qui sont
connus pour leur propriété antalgique, anti-inflammatoire et anti-oxydante. »
L’activité laxative et purgative est due à la présence des anthraquinones. Les alcaloïdes aromatiques seraient à l’origine de l’activité antiplasmodiale de même que le lupéol, certaines anthraquinones comme bi anthraquinones. D’autres alcaloïdes sont des antipyrétiques et des anti-vertiges Les propriétés anti-inflammatoires et analgésiques de la plante sont liées à la présence des tri-terpènes, des flavonoïdes, des anthraquinones et des phytostérols. L’activité hypotensive anxiolytique et sédative sont attribuées au barakol. Ce même barakol interviendrait dans la laxation.
Excellent tranquillisant naturel
En médecine traditionnelle thaïlandaise, cette plante médicinale est utilisée avec succès depuis des milliers d'années pour traiter les troubles anxieux, les crises de panique bénignes, le stress et les troubles du sommeil.

Mais la plus importante propriété du Cassia siamea est le traitement de la dépression du système nerveux central. Grâce à ses effets inducteurs de sommeil, il est soporifique et est d'une grande utilité contre l'insomnie. Il a une action relaxante sur les muscles. Les convulsions musculaires sont soulagées permettant à la fibre musculaire ou muscle lisse de se fermer. Au Laos les jeunes et fraîches feuilles et les fleurs sont consommées comme légume. Après 3 ébullitions successives (pour éliminer l’amertume), les feuilles sont écrasées et mélangées avec le lait de noix de coco jusqu’à obtention de purée. Ce plat nommé « On Khi-Lek » est légèrement laxative et aide à s’endormir. L’Anhydrobarakol contenu dans ses jeunes feuilles favorise en effet l’induction du sommeil et procure une sensation de relaxation, voire d’apaisement.
Vertus
purgatives et diurétiques
L’infusion de feuilles
sucrée avec du miel se prend contre les maux d’estomac, les ulcères, la
diarrhée, les vomissements, les désordres gastro-intestinaux ou malabsorption,
et les problèmes de côlon. Les racines, bouillies dans l’eau, servent à traiter
les hémorroïdes, la bilharziose, l’hydropisie et la dysenterie sanguine. La
décoction se prend pour traiter les vers intestinaux, ténia compris.
Un remède
contre le paludisme
Cette plante
est exploitée pour traiter les fièvres périodiques et le paludisme. En Afrique
occidentale elle est largement utilisée comme remède antipaludique. Les
préparations sont administrées par voie orale, ou l’on prescrit un bain de vapeur de rameaux feuillés bouillis dans l’eau pour traiter la malaria, les vertiges, les crises de paludisme et la fièvre ; il faut également boire le
liquide. Il ressort des résultats de l’étude présentée par Mlle Ama Yesunyo
Ahonsou que « des tests pharmacologiques ont confirmé les activités
antiplasmodiales, antioxydante, de blocage de la transmission du paludisme et
anti vectorielle. Le décocté aqueux des feuilles de Cassia siamea n’est
pas toxique ; il possède des propriétés anti-radicalaires, antipyrétiques
et antalgiques, ce qui est bénéfique pour la prise en charge du paludisme
simple en médecine traditionnelle ».
Recette 1 : Feuilles+ fleurs de Cassia siamea associés aux
feuilles de citronnelle « Tigbé » ou Cymbopogon citratus en infusion
à boire à volonté durant une journée.
Recette 2 : Racines de Cassia siamea+ fruits de Xylopica
aethiopica « poivre de guinée ou Atikanli » + feuilles de citronnelle
(Tigbé) Cymbopogon citratus en décoction à boire à volonté pendant 4 jours.
Ecorces de tronc administré en décoction et infusion aqueuses à la
posologie d’un demi-verre per os 3 fois par jour. Feuilles administrées par
voie orale en décoction et infusion aqueuses, même posologie comme précédemment.
Autres
vertus
Les feuilles
et écorces du tronc sont efficaces contre le diabète, l’hypertension, l’asthme,
la constipation et la diurèse. Utile pour traiter le
diabète, les inflammations de la lymphe, les calculs urinaires, le Beri-Beri
(déficience ou un manque de vitamine B1 ou thiamine). L’écorce des racines soigne
l’angine, l’ictère, rhinite qui est l'inflammation des muqueuses de la cavité
nasale.
Il serait
utilisé pour reboiser les zones sèches ou il peut se naturaliser. La plante est
à ce titre considéré comme arbre d’ombrage ou brise-vent. Son bois serait exploité
en ébénisterie à cause de sa dureté et de sa durabilité. Les feuilles sont
broutées par les ruminants mais très toxiques pour les cochons.
Attention
Quelques
composés de la plante seraient cytotoxiques. Il s’agit du barakol contenu dans
les jeunes et fraiches feuilles et fleurs de la plante mais qui disparait après
plusieurs ébullitions et de dérivés du stilbène contenus 10 fois plus dans les
écorces que dans les feuilles.
Raymond
DZAKPATA
Article
validé par M. Sénam Kokou Bédi-Djinékou, Phytothérapeute