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Congrès international d’épidémiologie et de Santé publique : Résultats et Recommandations/Interview du Pr Didier Koumavi Ekouevi, Président du Comité d’organisation

Congrès international d’épidémiologie et de Santé publique : Résultats et Recommandations/Interview du Pr Didier Koumavi Ekouevi, Président du Comité d’organisation
Extrait de l'article: Lomé a abrité du 15 au 16 mars 2023, un congrès international d’épidémiologie et de santé publique sous le thème « la santé publique face aux maladies émergentes et ré-émergentes ». Cette rencontre de haut niveau a favorisé les échanges entre épidémi

« La première leçon acquise de ce congrès… est que nous sommes à l’origine de la fabrique de nos pandémies… les discussions ont fourni des données probantes qui permettront aux populations d’adopter de meilleurs comportements en matière de santé »

Lomé a abrité du 15 au 16 mars 2023, un congrès international d’épidémiologie et de santé publique sous le thème « la santé publique face aux maladies émergentes et ré-émergentes ». Cette rencontre de haut niveau a favorisé les échanges entre épidémiologistes et acteurs de santé publique, à partager leurs expériences professionnelles, à contribuer au développement de la recherche en santé publique et de la formation en épidémiologie. Les objectifs assignés au congrès ont-ils été atteints ? Quels sont les résultats et leçons ? Quelles sont les recommandations formulées à l'endroit des gouvernements ? Pr Didier ekouevI, Président du Comité d’organisation répond dans cet entretien.

Santé-Education : Est-ce que les objectifs assignés au congrès ont-ils été atteints ?

Pr Didier Ekouevi : Globalement, les objectifs assignés au congrès ont été atteints. Nous avons réussi dans le cadre de ce congrès à réunir près de 300 chercheurs originaires de 21 pays du monde entier. Ces chercheurs ont pu échanger sur des thématiques diverses et ont pu discuter des approches de solutions aux grands enjeux sanitaires dans le monde en général et en Afrique subsaharienne en particulier. Cette conférence a également permis de renforcer les partenariats Sud-Sud et Nord-Sud afin de mieux financer la recherche dans nos pays. Nous avons eu de très bonnes discussions avec les acteurs de la santé publique des autres universités Ouest africaine et d’Europe. De nouveaux partenariats seront signés entre l’Université de Lomé et d’autres universités dans le cadre de la formation en santé publique et de la recherche. Nous avons eu des échanges très fructueux avec l’Agence Nationale de la recherche sur le Sida, les hépatites virales et les maladies infectieuses émergentes dont le directeur était venu assister à cette conférence. Les discussions ont porté sur le partenariat équitable et la participation à des projets de recherche innovants. Par ailleurs, la tenue de cette conférence à Lomé a permis à notre pays, de faire valoir un leadership en matière de recherche et d’organisation de manifestation scientifique de grande envergure. Nous avons donc réussi à faire de Lomé, la capitale de l’épidémiologie et de la santé publique pendant quelques jours. Le précongrès qui s’est déroulé à l’Université de Lomé était également une réussite avec plus de 215 participants qui ont été formés à la rédaction médicale et aux Biostatistiques.

Quel est l'intérêt des communications exposées lors du Congrès ?

Au cours de ce congrès de 2 jours, il est presque impossible de présenter toutes les communications. Nous avons donc fait un choix. Les conférences plénières ont été faites par des experts invités. Nous en avons eu six au total et les communications orales ont été sélectionnées parmi les 300 reçues. En clair, seules 10% des communications reçues ont été présentées en oral. Le reste sont des posters ou des communications affichées qui permettent à chaque chercheur de présenter pendant des périodes définies ses travaux de recherche. Il s’agit d’une forme de communication de plus en plus prisée dans les congrès scientifiques. Ceci permet aussi de discuter directement avec les chercheurs sans tenir compte de la limite de temps (10 mn) pour une communication orale. Au total, 199 communications ont été retenues en posters et portaient principalement sur la Covid-19, les autres maladies émergentes et surveillance épidémiologique, la tuberculose, le VIH et le paludisme, la santé materno-infantile et les maladies non transmissibles. Ces communications ont permis de tabler sur l’avancée des recherches dans ces différents domaines afin de permettre à la communauté scientifique de disposer de données actualisées concernant la lutte contre ces maladies. En outre, les chercheurs ont pu partager leurs expériences afin de capitaliser sur des projets de recherche similaires et d’obtenir de meilleurs résultats. Enfin, les discussions ont fourni des données probantes qui permettront aux populations d’adopter de meilleurs comportements en matière de santé mais également serviront aux autorités politiques dans la prise de décision pour l’amélioration de la santé des populations.

Quels sont les résultats et leçons acquis à l'issue du Congrès ?

La première leçon acquise de ce congrès portant sur les maladies émergentes est, comme le disait Serge Laurent : « Nous sommes à l’origine de la fabrique de nos pandémies ». En d’autres termes les comportements des Hommes impactent notre santé et favorisent le développement de nouvelles maladies. Ensuite, les changements climatiques qui constituent de nos jours un enjeu majeur de santé publique sont également la faute de l’être humain à travers l’utilisation abusive d’énergies fossiles, l’urbanisation galopante et la déforestation.

La résistance aux antibiotiques définie comme l’inefficacité des antibiotiques, sera à l’origine de plus de plusieurs millions de décès (elle tuera plus que le cancer d’ici 2030) est surtout due à l’automédication, à la consommation excessive de médicaments même en cas de maladies virales, et à la vente de médicaments contrefaits ou médicaments de la rue.


Nous avons également appris que la réémergence du paludisme et la résistance aux antimicrobiens sont dues à des comportements inadéquats des hommes eux-mêmes. Enfin, les maladies non transmissibles sont en constante augmentation du fait de la transition démographique, sanitaire et nutritionnelle. L’obésité chez les adolescents et les jeunes est une préoccupation majeure avec des répercussions sur les plans psychologique et sanitaire.

Quelles sont les recommandations formulées à l'endroit des gouvernements ?

Les recommandations issues de ce congrès s’adressent aux chercheurs, partenaires techniques et financiers et aux gouvernements. Pour résumer nous pouvons dire qu’il s’agit de développer des projets de recherche structurants et innovants et si possible multidisciplinaires, rechercher les financements innovants pour la recherche, renforcer les systèmes de santé à travers deux axes fondamentaux : la couverture santé universelle et l’équité en matière de santé, renforcer le partenariat public privés en matière de recherche et du renforcement du système de santé. Il est aussi nécessaire de doter nos pays de centres de recherche, la formation sur le concept « One Heath » et la recherche clinique dans son ensemble

A quand le prochain Congrès ?

Le prochain congrès aura lieu du 10 au 12 juillet 2024 à Limoges en France.

Propos recueillis par Abel OZIH

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Abel OZIH

Lomé a abrité du 15 au 16 mars 2023, un congrès international d’épidémiologie et de santé publique sous le thème « la santé publique face aux maladies émergentes et ré-émergentes ». Cette rencontre de haut niveau a favorisé les échanges entre épidémi

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